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 Operation : Save the Day

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Sawyer T. Davis



Messages : 113
Date d'inscription : 18/05/2015

MessageSujet: Operation : Save the Day   Mer 8 Fév - 16:11

Trois semaines ont passées depuis ton retour auprès de tes amis et surtout, de la personne à qui tu t’es finalement silencieusement confessé. Vous avez tous été très occupés, et avez remarqué que les choses semblent être plus calmes depuis. Mais comme on le dirait, vous savez tous qu’il s’agit du calme avant la tempête. Tu te doutes que suite à ta disparition, l’armée a ralentis ses opérations, ne possédant plus l’élément clé qui leur permettait de trouver les mutants rapidement. À cause de tes capacités, ils n’hésitaient pas à organiser des opérations rapidement et à user de force, mais tu sais qu’ils doivent maintenant être plus prudents.

Durant les dernières semaines, plusieurs autres personnes vous ont rejoint et ont aidé à fortifier votre base d’opération. Chaque jour, la mission était bien simple : Sortir dans les environs, éviter les secteurs problématiques et favoris de l’armée, et ramasser tout ce que vous pouviez. Grâce à cela, votre base est maintenant plus accueillante, offrant même des lits superposés confortables, gracieuseté de Kegan. La nourriture se fait plus rare et vous n’avez pas le choix de tout rationner mais jusqu’à présent, vous n’avez pas eu à faire face à des situations problématiques comme des voleurs ou des gens ne voulant pas partager. Tu sais cependant que beaucoup d’entre vous diminuent leur ration pour s’assurer que la petite puisse toujours manger à sa faim.

Le blessé, de son côté, a pris des couleurs et a accepté de vous parler, particulièrement à toi. Depuis qu’il t’a reconnu, il sait qu’il peut te faire confiance. Comme tu te doutais, sa version des faits ressemble à la tienne. Tu sais maintenant qu’il se nomme Randy et qu’il n’est pas vraiment plus vieux que toi. De son côté, il était toujours au front et était donc en première ligne pour voir ce qui se passait. N’étant pas d’accord, il avait tenté de raisonner avec ses comparses, pour finalement les voir se tourner contre lui et le laisser pour mort. Selon lui, toute cette guerre est inutile et tout le monde devrait vivre en paix en acceptant les différences des autres, idée que tu partages. Vous discutez régulièrement, et il vous partage des plans d’attaque et de défense.

C’est d’ailleurs lui qui vous a mentionné qu’avant ton départ soudain, les chefs préparaient une opération dans un secteur ayant beaucoup d’activités. Personne ne sait si les mutants présents à cet endroit sont hostiles ou pas mais tu sais que vous devez faire quelque chose pour éviter que plus de sang ne soit versé. C’est donc avec cette idée en tête que tu rejoins la rouquine un matin, ainsi que les autres membres de l’organisation.

- Bon matin. Sérieux Sawyer en regardant ta tête, j’aimerais avoir le pouvoir de changer les coupes de cheveux aussi parce que t’aurais vraiment besoin d’un coup de ciseau…

Tu souris en passant devant Kegan, installé dans un fauteuil. C’est lui qui fabrique à peu près tout ce que vous possédez, des vêtements aux munitions. Malgré le manque de luxe, il semble s’être habitué à vivre en communauté en ne possédant pas grand-chose. Tu traverses la pièce et glisse une main sur la taille de Siobhán, avec qui tu es beaucoup plus à l’aise malgré la gêne toujours palpable. Après tout, vous n’avez pas fait grand-chose de plus depuis votre premier baiser, et n’avez même pas redéfinis votre relation.

- Bonjour à tous. J’ai discuté avec Randy dernièrement, qui a mentionné que l’armée préparait une opération majeure... Heureusement, il sait dans quel endroit ça se trouve et je crains que la période de calme soit en fait une période de préparation pour eux. Nous sommes mieux préparés et plus nombreux, donc nous devrions probablement prévoir un plan pour s’y rendre avant eux et éviter le plus de pertes…
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Siobhán A. O'Cahir
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MessageSujet: Re: Operation : Save the Day   Mer 8 Fév - 16:46


-Bon matin. Sérieux Sawyer en regardant ta tête, j’aimerais avoir le pouvoir de changer les coupes de cheveux aussi parce que t’aurais vraiment besoin d’un coup de ciseau… [/b]


La voix de Kegan qui s'adressait à Sawyer attira l'attention de la rouquine. La journée venait à peine de commencer pour elle, ça ne faisait pas longtemps qu'elle s'était réveillée et ça se voyait sûrement sur sa figure. Pourtant, elle tentait de suivre depuis plusieurs une minutes une discussion animée sur la meilleure manière de faire son lit, remise au goût du jour par les améliorations récentes apportées par le designer. Afin d'éviter de se rendormir, elle restait même debout, et sa première réponse au sourire affiché par Sawyer fut un baillement assez incroyable, qu'elle masqua difficilement derrière sa main. Sio n'était pas du genre à manquer d'énergie, mais elle n'avait pas passé d'aussi bonnes nuits depuis un moment, grâce aux nouveaux lits, et ça rendait le réveil beaucoup plus difficile. Et le lit plus attractif.
Finalement, lorsque Sawyer passa à côté d'elle en glissant sa main autour de sa taille, elle pencha sa tête vers lui, pour la poser contre son épaule quelques secondes. Mais ce n'était pas si confortable qu'elle l'aurait cru finalement, et elle se redressa bien vite.

- Bonjour à tous. J’ai discuté avec Randy dernièrement, qui a mentionné que l’armée préparait une opération majeure... Heureusement, il sait dans quel endroit ça se trouve et je crains que la période de calme soit en fait une période de préparation pour eux. Nous sommes mieux préparés et plus nombreux, donc nous devrions probablement prévoir un plan pour s’y rendre avant eux et éviter le plus de pertes…

Isabelle, principale actrice du débat précédent, hocha la tête en entendant Sawyer présenter cette possibilité, mais prit la parole d'un air soucieux. La rigolade et les paroles futiles, c'était terminé pour aujourd'hui, il fallait se pencher sur les vrais problèmes à présent.

- Nous sommes plus nombreux mais pas forcément plus préparés. Nous ne sommes pas tous prêts à aller sur le terrain, et notre vocation première n'était pas de concurrencer l'armée. Nous devons faire quelque chose évidemment, on ne peut pas laisser faire ça mais... Je pense qu'il ne faut pas se surestimer.

- Randy a une idée du nombre de soldats qui seront là bas ?
Demanda Siobhán, pour qui c'étaient là les premières paroles de la journée ou presque, et qui sentit donc les regards presque surpris des autres se tourner vers elle.

- Et puis c'est où? On sait s'il y aura beaucoup de monde côté civil?

La plupart des gens semblaient se poser les mêmes questions qu'elle puisqu'ils paraissaient attendre la possible réponse de Sawyer. Sauf une personne. La petite tête d'Emily apparut dans le cercle de la discussion adulte, elle se frayait difficilement un chemin vers une place où elle pourrait être écoutée.

- Et moi je pourrai venir vous aider cette fois ?


Sio chercha Joe du regard, sachant déjà qu'évidemment il était contre cette idée mais cherchant une manière de décliner la demande de la petite sans simplement lui dire non. Sinon elle ne comprendrait pas et serait juste déçue, frustrée ou en colère. Voilà qui n'était pas facile.

-Tu nous aideras beaucoup mieux d'ici, tu sais ? T'es l'assistante officielle du médecin, il a besoin de toi !

Emilie parut touchée, comme si elle comprenait tout à coup qu'elle ne pouvait pas abandonner une fonction aussi importante que ça, et n'insista pas. Joe lança un regard reconnaissant à Siobhán. Elle avait toujours su parler aux enfants, parce qu'elle ne leur mentait jamais vraiment.
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Sawyer T. Davis



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MessageSujet: Re: Operation : Save the Day   Ven 10 Fév - 17:05

Tu te retiens pour ne pas pousser un soupir agacé et pour avoir l’air le plus neutre possible. Depuis les dernières semaines, tu as constaté qu’Isabelle est le genre de personne qui aime bien partir des débats et tout remettre en question, ou changer le sens des phrases pour ensuite en rajouter. Tu t’efforces de faire un sourire même si tu n’as franchement pas trop de patience. Tu as certes pris l’habitude de te lever tôt, et de dormir avec plusieurs personnes dans la même pièce, mais ça ne veut pas dire que tu arrives à bien te reposer pour autant.

- Premièrement, il ne s’agit pas de ‘’concurrencer’’ l’armée ou de l’attaquer d’abord, mais tout simplement de se rendre sur les lieux avant les soldats pour tenter de raisonner les gens présents et en ramener avec nous. J’ai bien dis que le but est d’éviter le plus de pertes, ce qui veut normalement dire d’éviter des affrontements.

Tu la vois te lancer un regard noir en ayant l’intention de répondre pour tenter de te contredire, mais Siobhán la devance en posant des questions qui, pour une fois, sont utiles et qui feront avancer votre plan. Tu concentres donc ton attention sur elle, alors que tu sens presque les yeux d’Isabelle faire un trou au centre de ton front. Si elle semblait sympathique au départ, tu t’es bien rendu compte qu’elle aimait questionner les paroles et décisions de tous et chacun, en plus d’aimer être à la tête du groupe. Malheureusement, suite à ton arrivée, c’est maintenant toi qui possède le plus d’informations sur le fonctionnement de l’armée, et c’est donc toi que l’on écoute la majorité du temps. Tu n’as pas mis beaucoup de temps à réaliser que ça lui déplaisait fortement de ne plus avoir le dernier mot.

Alors que la rouquine échange avec la petite qui, évidemment, ne mettra pas un pied à l’extérieur, tu fais signe à Randy de se joindre à la conversation. Toujours un peu lent pour se déplacer, il y arrive toutefois mieux, et tu tires une chaise pour qu’il puisse s’y installer sans trop s’épuiser. Tu répètes les questions puisque tu ne connais personnellement pas les réponses.

- Je ne peux pas dire avec certitude combien de soldats ils vont envoyer… Je sais par contre que comme ils n’ont aucune idée de combien de personnes se trouvent sur place, ils risquent de mettre le paquet pour avoir le dessus. Quand j’étais là, j’ai entendu des rumeurs que c’était une grosse planque pour mutants alors si leur but c’est de les détruire, ils risquent de traîner pas mal de gens. Et l’endroit, c’est plus à l’est de la ville, le gros hôpital avec un bâtiment psychiatrique.

Il pointe un endroit sur la carte de la ville bien étalée sur la table et tu penches la tête pour mieux voir. Lorsqu’il confirme finalement la position, tu deviens blême. Bien que tu n’y sois pas allé très souvent, tu reconnais très bien l’endroit : c’est là où ta mère a été internée, il y a de cela plusieurs années déjà. Pour la première fois depuis, tu te demandes si elle est en sécurité, mais tu te doutes que la réponse est oui. Après tout, les hôpitaux ont rapidement été évacués lorsque la guerre a débuté.

- Je pense que la meilleure idée, ce serais d’envoyer des groupes le plus rapidement possible pour essayer de rallier les autres ou au moins les avertir. Parce qu’après tout, personne n’est certain de qui se trouve là, et nous ne connaissons pas leurs intentions.

- Bien moi je dis que c’est du suicide.

Tu fermes les yeux en entendant la voix d’Isabelle. Évidemment, elle se doit de contredire toutes tes paroles et même celles-des autres lorsqu’ils approuvent tes dires.

- Justement, on ne connait même pas leurs intentions! Déjà que nous ne sommes pas si nombreux, est-ce que ça vaut vraiment la peine de risquer d’y laisser notre peau alors que nous ne savons même pas comment les choses vont se dérouler?

Cette fois, tu n’arrives plus à retenir la rage qui bouillonne en toi. Tu n’as pas de temps à perdre avec des stupidités, et encore moins avec une personne qui ne fait que s’obstiner pour la simple raison qu’elle n’arrive pas à accepter que les autres trouvent que tu fais plus de sens qu’elle. Tu ouvres finalement les yeux en te redressant et en plaquant les mains sur la table, faisant sursauter les autres qui n’ont pas l’habitude de te voir être très expressif.

- Excuse-moi si la question te choque Isabelle, mais qu’est-ce que tu fais ici exactement? As-tu conscience de ce que ce groupe tente de faire? Tous les gens présents ici ont décidé de sacrifier quelque chose pour tenter de mettre un terme à cette guerre stupide, et cela inclus d’aider les autres qui sont coincés dans ce conflit. Si tu préfères rester cachée ici en attendant que l’armée décime tout le monde avant de se rendre jusqu’à toi, c’est ton choix, mais je te demanderais donc de prendre un peu de recul et de ne plus participer aux conversations si tu n’es pas intéressée à te joindre à nous. Tes commentaires sont loin d’éclairer nos lanternes et d’apporter une contribution à notre plan. Non mais je rêve, même la petite veut participer!

Tu prends un instant pour respirer, réalisant que l’endroit est maintenant silencieux après ton éclat de colère. Pourtant, personne ne prend la parole pour te dire que tu as exagéré et en regardant autours de toi, tu vois que certains baissent les yeux pour éviter le malaise, mais que d’autres ont un regard approbateur. Isabelle, de son côté, semble un peu bouche-bée, mais finie par croiser les bras et ne plus rien ajouter. Tu te tournes vers Randy pour la suite du plan.

-------

Plusieurs jours suite à votre discussion enflammée, les groupes ont enfin été divisés, et le plan travaillé. Votre but est de vous rendre à l’hôpital en douce en évitant toute confrontation pour ne pas attirer l’attention, afin de prendre contact avec ceux s’étant réfugiés dans le bâtiment et de les prévenir. En cas de confrontation, l’ordre est de battre en retraite et de brouiller les pistes avant de revenir à votre base d’opération. Debout depuis un moment, tu portes déjà tout ton équipement. Kegan, grâce à du matériel trouvé, a même réussit à vous fabriquer des masques qui aideront à bloquer toute la poussière et les débris transportés par le vent. Vous avez toutefois délaissé les vêtements cargo, pour ne pas être confondus par l’armée. Tes armes accrochées un peu partout sur ton corps, tu attends que les autres soient enfin prêts à partir.
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Siobhán A. O'Cahir
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MessageSujet: Re: Operation : Save the Day   Dim 12 Fév - 11:04

Siobhán était presque prête. Ils étaient pour la plupart sur le point de partir, suivant le plan que Sawyer avait plus ou moins proposé. Disons que les informations venaient de Randy et lui, ce qui les rendait plus aptes à aiguiller le petit groupe que représentaient les Rebelles. Il n'y avait qu'une seule personne qui semblait contrariée par cette situation, c'était Isabelle, mais Sio n'avait pas vraiment fait attention à elle. Elle se montrait toujours trop prudente, quasiment peureuse, et plusieurs rumeurs courraient, selon lesquelles son rôle de gestion de stocks ne seraient qu'une occasion de participer le moins possible aux opérations extérieures. La rouquine n'avait pas été particulièrement étonnée par les objections qu'elle avait formulées au sujet de l'opération qu'ils projetaient. En revanche, elle avait été plus surprise par Sawyer.
Elle l'avait rarement vu énervé, ce n'était pas trop son genre, mais il fallait dire qu'il avait de quoi inspirer le respect dans ce genre de situations.
Sio vérifia du regard que tout son matériel était prêt. Elle emmenait sensiblement la même chose que d'habitude, il n'y avait que le style de leurs tenues qui avait été revu pour éviter d'être confondu avec l'armée. Merci Kegan, qui avait très bien su mettre son talent au service de la communauté. Grâce à lui, leurs tenues avaient pris un coup de neuf et surtout Siobhán redécouvrait le plaisir d'avoir des vêtements à sa taille. Ce n'était pas toujours facile avant la guerre, parce qu'elle était grande pour une femme, et aussi plutôt maigre. Mais depuis le début du conflit, tout était devenu encore plus grand, et rajouter des trous à sa ceinture n'avait pas suffit à lui donner un air convenable. Il était beaucoup plus agréable d'avoir une tenue qui lui correspondait, et pour ça elle ne pouvait que remercier encore Kegan. Elle avait toutefois hésité à se prêter de bonne grâce à ce changement de couleur et de taille : elle n'avait pas vraiment envie que son ami s'inquiète de la voir maigrir à vue d'oeil alors qu'elle n'était déjà pas très épaisse avant. Seulement la stratégie militaire a ses besoins que l'intimité ignore, et Sio n'avait pas eu d'autre choix que celui de faire retoucher ses vêtements.

- Siobhán ? Je peux te parler une minute ?

Elle n'eut pas besoin de se retourner pour savoir qu'il s'agissait d'Isabelle, déjà parce qu'elle reconnaissait sa voix mais surtout parce qu'elle reconnaissait la manière absolument insupportable qu'elle avait d'écorcher son prénom à chaque fois qu'elle le prononçait. C'était à se demander si elle le faisait exprès tellement l'écart avec la prononciation normale était énorme. La rouquine n'avait pas trouvé grand monde capable de prononcer son nom correctement depuis son arrivée aux États-Unis, mais il y avait tout de même un minimum atteint généralement assez facilement par ceux qui prenaient la peine de faire un effort. Isabelle n'en faisait apparemment pas partie.

- J'arrive!

Ça n'empêchait pas Sio de répondre d'une voix enjouée. À part son côté un peu autoritaire, peureux, et sa mauvaise prononciation de son prénom, elle n'avait pas grand chose à reprocher à cette femme. Laissant ses affaires plutôt en plan au milieu de la grande pièce, elle suivit Isabelle qui s'éloigna jusqu'à entrer dans l'espèce de cave où elle avait retrouvé Sawyer quelques semaines plus tôt. Alors que son esprit s'égarait naturellement sur le souvenir de ce baiser, Isabelle ne tarda pas à la rappeler à la réalité.

- Tu m'écoutes ? Bon. J'avais besoin de te parler. Je vais être franche avec toi, je trouve que Sawyer devrait faire attention à ce qu'il dit. Les gens comme moi, ça va, on est gentils, on accepte le débat, mais il y en a d'autres qui sont venus me trouver et qui sont apparemment dérangés par ses directives...
- Qui ?


Sa question sembla surprendre Isabelle, comme si elle s'était simplement attendue à ce que Siobhán hoche la tête gentiment et reparte d'où elle était venue. Seulement ça ne marchait pas du tout comme ça.

- Pourquoi tu veux savoir ça? Ce qui compte c'est le résultat, tu devrais dire à Sawyer de calmer des ambitions, c'est tout. Il vient d'arriver, tu dois bien pouvoir comprendre que ça dérange un peu qu'il se comporte comme un chef, alors qu'il a si peu d'expérience parmi nous.
- Pourquoi tu me dis ça à moi, et pas à lui ?

Sio ne comprenait vraiment pas la tournure que prenait la discussion. Pourquoi Isabelle venait-elle lui parler de Sawyer? Pourquoi lui dire ce genre de choses ?

- J'ai bien vu que vous semblez proches tous les deux, et je m'inquiète pour toi Siobhán. Tu es une fille bien, je ne voudrais pas que quelqu'un comme lui se serve de toi pour atteindre un statut nouveau. Il part de l'armée, très certainement parce que la hiérarchie y est trop stricte, il vient ici et se sert de toi et de la confiance qu'on t'accorde pour parvenir à ses fins, et prendre une place d'importance. Méfie toi.

En entendant de telles calomnies sur Sawyer, Sio eut du mal à s'empêcher de clouer Isabelle au mur et de lui coller une gifle ou deux. La rouquine ne s'était pas douté une seule seconde que la gestionnaire des stocks pouvait penser ce genre de choses à propos de son... Ami ? Le mot était mal choisi mais ils n'avaient pas vraiment discuté.

- Je suis bien assez grande pour fréquenter qui je veux. Lui au moins il se démène pour les autres, il reste pas planqué dans son trou à attendre que les autres fassent tout le travail ! Comment tu veux te faire écouter? Tu donnes des ordres sans savoir comment c'est dehors !

- Ne dis pas ça Siobhán, et surtout calme toi, je ne veux que ton bien vraiment, ce serait dommage de ne pas m'écouter tu sais ?
- Tais toi !
Hurla-t-elle si fort qu'on devait sûrement l'avoir très bien entendue à l'extérieur.[b] Redis encore un truc du genre, et je t'en colle une, t'es prévenue.


Essayant de se contenir pour ne pas mettre sa menace à exécution dès maintenant, la rouquine se précipita vers la porte pour regagner la salle commune du QG. Les gens, qui s'étaient probablement arrêté un instant dans leurs occupations après le cri de Sio, semblaient à la fois la regarder et faire semblant de ne pas s'intéresser à ce qui se passait. Il était cependant très visible qu'elle était passablement en colère, et ça ne pouvait échapper à personne.

- Ça va Siobhán ?
Demanda Joe lorsqu'elle passait à côté de lui pour aller récupérer son barda.

L'Irlandaise ne répondit pas. Isabelle en revanche, lui accorda un sourire doucereux et prit la parole alors qu'on ne lui avait rien demandé.

- J'avais une mauvais nouvelle à lui annoncer, elle en est très touchée tu devrais la laisser tranquille...


Personne ne posa d'autre question, mais il semblait évidemment que la plupart des mauvaises nouvelles rendaient triste et non pas colérique.
Heureusement, Joe lança le départ de l'opération rapidement, et le groupe s'éloigna vite d'Isabelle et de ses conseils ridicules. Il faudrait qu'elle raconte cette discussion à Sawyer, et peut-être à Kegan mais pas pour les mêmes raisons. Il fallait effectivement se méfier de quelqu'un dans cette histoire, mais pas de celui qu'on croit. Alors qu'ils progressaient doucement, en route vers l'hôpital, et par groupes, Sio était soulagée de faire équipe Sawyer. Elle avait besoin de parler, et personne ne pouvait savoir pour le moment si Isabelle n'avait pas de sbires parmi les Rebelles. Il suffisait d'atteindre qu'ils se séparent de l'ensemble du groupe pour pouvoir avoir cette conversation tranquillement. Le trajet lui sembla extrêmement long, parce que personne ne disait rien. Chacun portait le masque contre la poussière qui faisait partie de leur tout nouvel équipement, ce qui leur donnait des têtes un peu bizarres, mais était très utile. Chacun suivait Joe, effectuait les vérifications d'usages lorsqu'on s'éloignait un peu trop du QG pour considérer la zone comme sans danger. Chacun suivait le plan à la lettre.
Ils arrivèrent sans problème jusque la zone de l'hôpital, où Joe rappela les dernières consignes dont la plus importante : battre en retraite en cas de danger trop important. Le groupe pouvait tenter des actions d'envergure mais il ne s'agissait pas de finir décimé pour rien. Sio n'écoutait que d'une oreille, elle avait du mal à se concentrer. Son regard ne quittait pas Sawyer, auquel elle mourrait d'envie de parler, si bien qu'elle aurait pu manquer le top départ si tout le monde ne s'était pas mis en mouvement brusquement. Ils cherchaient à délivrer des civils et à leur dire de se méfier de l'armée. Elle, elle cherchait à dire à Sawyer de se méfier d'Isabelle. Cette vieille peau avait réussi une chose : ébranler l'esprit de Sio. Mais pas forcément dans le sens où elle l'aurait voulu.
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Sawyer T. Davis



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MessageSujet: Re: Operation : Save the Day   Lun 13 Fév - 16:58

Le temps commence à être long. Personne ne sait vraiment ce que vous allez trouver là-bas, mais tu aimerais éviter de perdre trop de temps avant d’avoir la réponse. Tu vois Isabelle passer devant toi et te lancer un regard haineux, mais tu l’ignores complètement. Depuis le moment où tu l’as un peu humiliée devant tout le monde, elle n’a pas arrêté de te suivre d’un regard noir, cherchant la première occasion pour te contredire. Le seul problème, c’est qu’elle n’en a pas vraiment eue jusqu’à présent. Tu ne connais pas son âge exact, mais tu sais qu’elle est plus âgée que toi. Un comportement comme le siens en tant de guerre est extrêmement inadéquat et inutile, selon toi.

Tu l’observes alors qu’elle attire l’attention de la rouquine pour lui demander un entretien privé. Ton arme en main, tu les regardes travers la pièce d’un air sérieux, faisant toutefois semblant de ne pas te préoccuper de leur présence. C’est à leur tour de s’enfermer dans la pièce où vous avez partagé un premier moment romantique plus officiel, mais tu te doutes qu’Isabelle ne l’a pas traînée jusque-là pour lui faire une déclaration enflammée. Au bout de quelques minutes, la voix de Siobhán résonne dans toute votre tanière, et toutes les personnes présentes arrêtent leurs occupations pour se tourner en direction de la voix, incluant toi. Tu connais bien ton amie, et pour qu’elle s’énerve autant, il doit certainement y avoir une raison.

Elle réapparut finalement dans la pièce en ayant l’air plus en colère que jamais. Tu l’as rarement vue dans un état pareil et à bien y réfléchir, tu doutes même que ce soit déjà arrivé depuis que tu la connais. Isabelle, de son côté, semble étrangement calme vu les circonstances, et tu la vois déjà essayer de donner des excuses aux autres qui se demandent ce qu’il vient de se passer. Tu l’entends baratiner aux autres et une expression de dégoût se dessine sur ton visage. La réaction de l’archère est loin de ressembler à celle d’une personne touchée ou triste, mais elle semble trop stupide pour réaliser que personne n’achète vraiment ses paroles.

Tu souhaites aller lui parler, mais voilà qu’on signale le départ. Tu n’as donc pas le choix de suivre les autres en silence. Le chemin se fit lentement mais sans encombre, la majorité des gens ayant déjà quitté depuis longtemps. Une fois arrivés, Joe vous donna les dernières indications avant de séparer les groupes. Tu te retrouvas enfin auprès de Siobhán et tu posas furtivement une main sur son épaule pour lui donner un peu de réconfort. C’est tout ce que tu pouvais faire dans une situation pareille, où le temps n’était pas alloué à la discussion. Au bout de quelques minutes, ton équipe, composée de Siobhán, Mark et toi, entrent finalement à l’intérieur de l’hôpital. Il n’y a plus d’électricité depuis longtemps, et vous n’avez donc pas le choix de vous équiper de lampes torches. Heureusement, vous avez réussis à en trouver dans ce qu’il restait des magasins, en plus d’une multitude de piles. L’endroit semble être désert et assez sans-dessus dessous, mais tu te souviens tout de même d’avoir visité ces couloirs plusieurs fois.

- On devrais se diriger vers les étages inférieurs, propose alors Mark. Tu approuves d’un signe de tête alors qu’il ouvre la marche. Au fil des semaines, tu as pu constater que ce grand gaillard était quelqu’un de fiable et responsable, et qu’il possédait le pouvoir de lire dans les pensées. Il était tout de même respectueux et ne le faisais pas sauf si obligé. Je doute que, s’il y en a, les gens se soient cachés dans les étages du dessus, c’est plus dangereux.

Vos bottes font craquer toute sorte de débris sur le sol, et les bruits de pas résonnent. Tu te sens presque comme si tu étais un personnage dans un jeu vidéo d’apocalypse de zombie, et ça te donne un peu froid dans le dos. Heureusement, tu n’es pas seul, et tu fais de ton mieux pour rester composé. Au bout de quelques minutes, vous arrivez finalement à une cage d’escalier, et entendez du bruit, puis un coup de feu. Vous n’étiez effectivement pas seul, mais il ne s’agit pas de l’armée. Tu lèves ton arme, sans toutefois chercher à tirer. Tu préfères tenter une autre approche d’abord.

- Ne tirez pas! Nous ne sommes pas là en ennemi, nous sommes venus vous avertir que l’armée risque de vous encercler prochainement!

Le silence tombe, et aucun d’entre vous ne bouge, fixant chacun une direction. Finalement, une jeune femme sort de la pénombre, son pistolet levé dans votre direction. Elle ne semble toutefois pas avoir l’intention de tirer, mais tu commences à sentir un bouillonnement. Elle n’est définitivement pas humaine. Elle semble être plus jeune que toi, et nerveuse.

- Vous êtes qui? J’vous ai jamais vus par ici! Pourquoi faire le chemin pour venir nous le dire? Je parie que c’est une embuscade !!

- [color=darkred]Calmez-vous Cynthia. Je sais que vous craignez que ce soit une possibilité, mais nous ne voulons aucun mal à qui que ce soit. Pour le moment, nous avons un ennemi commun, et il s’agit de l’armée. Je suis certain que vous savez de quoi je parle.

- Comment tu sais mon nom? Cette fois, ce fût ton tour de faire un pas devant en baissant ton arme.

- Nous sommes tous des mutants. D’un sens, nous sommes du même côté. Nous avons eu vent que l’armée préparait un coup contre l’hôpital. Ils savent que beaucoup de gens se cachent ici et leur but est tout simplement de tout raser. Si vous acceptez de quitter avec nous, vous pourriez les éviter.

Elle ne semble pas avaler tout ce que tu dis, mais ses bras descendent tranquillement. À trois contre une, vous auriez pu lui faire son compte depuis longtemps si ça avait été votre but. Elle range finalement son pistolet, et le bouillonnement s’éloigne. Tu suspectes qu’en plus d’arriver à contrôler les liquides, elle arrive probablement à les faire chauffer à une température assez haute pour faire fondre quiconque y touche. Elle vous fait signe de la suivre dans la cage d’escalier, pour descendre au sous-sol. Mark avait donc vu juste.

- J’vais vous emmener voir notre chef. On a une grande pièce qui servait d’entrepôt en dessous, c’est notre base maintenant. Le seul problème c’est que même si c’est protégé, bah y’a pas vraiment de sortie, on doit remonter en haut.

Un bruit capte ton attention et tu t’arrêtes subitement, éclairant le couloir complètement noir derrière toi. Mais la lumière est vite engouffrée par l’obscurité, et tu ne vois rien. Tu n’as jamais vraiment apprécié te trouver dans une pénombre aussi enveloppante. Une chose est certaine, c’est que tu as bel et bien entendu quelque chose – ou quelqu’un? Tu rattrapes tes compagnons pour marcher près de Siobhán, en essayant de ne pas parler trop fort.

- Je pense qu’il y a quelque chose qui se cache plus loin dans le couloir mais il fait trop noir, la lumière ne se rend pas…

Tu es coupé par le même son, mais les autres ne semblent pas y porter attention, trop occupés à marmonner devant vous par rapport à l’armée et à ses plans. Tu as l’impression que c’est quelque chose qui traîne sur le sol. Des pieds, peut-être?

- Tu vois, je t’avais dis..! Je crois qu’on devrais aller voir avant de se faire prendre par surprise…
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Siobhán A. O'Cahir
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MessageSujet: Re: Operation : Save the Day   Mer 15 Fév - 12:18

La main de Sawyer était une bien maigre consolation. Le pauvre ne se doutait sûrement pas de ce qui se passait en réalité, ni de l'immensité de la jalousie qu'Isabelle lui portait. Mais ce n'était pas le moment de lui en faire part. La situation requérait toute leur attention, pas question de se disperser maintenant. Mark l'avait bien compris. Il marchait en tête de leur petit groupe, même si ça ne lui conférait pas une avance considérable sur eux, et faisait office de chef pour le moment. Siobhán l'aimait bien. De prime abord elle n'était pas toujours d'accord avec lui, mais il fallait admettre que ses décisions et ses idées se montraient généralement justes. Le principal problème était plutôt sa capacité à lire dans les pensées d'autrui. Évidemment il ne s'en vantait pas trop car ce n'était pas le genre de capacités qui attiraient particulièrement la sympathie des autres. Qui voudrait être en face de quelqu'un qui pourrait savoir ce que l'on pense à n'importe quel moment ? D'une manière encore plus évidente il disait qu'il se montrait assez respectueux pour ne pas le faire n'importe quand ou sur n'importe qui, mais tout de même. Qui définissait les critères d'utilisation, à part lui ? Personne. Et Sio n'avait pas tellement envie de savoir à partir de quand il trouvait ça justifié, elle craignait trop de se rendre compte qu'il avait utilisé sa mutation sur elle à un moment ou un autre. Elle n'avait pas tant de choses à cacher mais ça la mettait quand même profondément mal à l'aise.
L'hôpital était sombre, à cause de l'absence d'électricité et des fenêtres minuscule, parmi lesquelles certaines était obstruées par des débris. La rouquine repensa instantanément à plusieurs films d'horreur qu'elle avait vus. Dans ces films la lumière aurait clignoté avant de s'éteindre alors qu'ils passaient en dessous, probablement. Là, ils plongeaient directement dans la gueule du loup, avec des lampes torches pour éclairer un peu leur chemin. Le plus effrayant était peut-être le calme, dans un endroit normalement assez bruyant ou au moins animé. L'odeur d'antiseptique qui semblait naturellement présente dans ces édifices avait presque disparu, mais elle se mélangeait maintenant à d'autres, ce qui rendait l'atmosphère encore plus étrange. Siobhán avait toujours détesté les hôpitaux. Il fallait bien dire qu'elle avait été virée de deux d'entre eux parce qu'ils refusaient de soigner une mutante, quand elle était plus jeune en Irlande, et que ça ne lui avait pas laissé une bonne impression. Et puis, il y avait sûrement deux ou trois cadavres dans le coin. Après tout, certains avaient sûrement fini coincés là, et sans soins, l'effectif avait dû se réduire naturellement petit à petit.

- On devrais se diriger vers les étages inférieurs. Je doute que, s’il y en a, les gens se soient cachés dans les étages du dessus, c’est plus dangereux.


Mark avait raison sur un plan stratégique : c'était l'endroit le moins risqué. Seulement, la seule chose qu'un sous sol d'hôpital évoquait à Sio c'était une morgue et ça ne l'enchantait pas vraiment. Sawyer avait déjà hoché la tête en signe d'assentiment, et l'Irlandaise se contenta d'un signe de main vers l'avant. Qu'ils avancent, elle les suivrait.
L'endroit semblait presque plus délabré à l'intérieur qu'à l'extérieur. Vu les piles de débris qu'ils faisaient bouger avec leurs bottes, ils faisaient un bruit monstre. Ça ne semblait pas inquiéter ses camarades mais l'idée d'un piège germait dans l'esprit de Siobhán : empiler des débris, ou les disperser au sol, pour forcer les éventuels visiteurs à faire du bruit et les surprendre. Elle ne dit rien, de peur de passer pour une paranoïaque, mais lorsqu'un coup de feu retentit elle sut que son idée, si elle n'était pas forcément vraie, n'était pas si absurde que cela.

- Ne tirez pas! Nous ne sommes pas là en ennemi, nous sommes venus vous avertir que l’armée risque de vous encercler prochainement!

Ils tenaient tous leurs armes en main, prêts à tirer, mais évidemment personne n'en avait véritablement l'intention. Il s'agissait surtout de ne pas passer pour des proies, et de se montrer assez persuasifs pour être entendus. Sinon ils risquaient de finir à la merci des occupants du lieu et ça ne faisait pas vraiment partie du plan.
Au bout de quelques minutes de silence après la déclaration de Sawyer, quelqu'un finit par apparaître en sortant de l'ombre. Une demoiselle, qui s'approcha doucement mais en tenant dans ses mains une arme. Elle avait l'air bien jeune pour tenir le poste de guet, et surtout très nerveuse. Sûrement avait-elle besoin de faire ses preuves vis à vis des autres membres de son équipe. Sio espérait juste que ce ne serait pas en les ramenant comme trophées.

- Vous êtes qui? J’vous ai jamais vus par ici! Pourquoi faire le chemin pour venir nous le dire? Je parie que c’est une embuscade !!


Mark gérait très bien ce genre de situations, et la rouquine préférait de loin le laisser faire. Elle n'avait pas un grand talent de négociation quand son interlocuteur avait plus de dix ans, chacun sa spécialité.

-Calmez-vous Cynthia. Je sais que vous craignez que ce soit une possibilité, mais nous ne voulons aucun mal à qui que ce soit. Pour le moment, nous avons un ennemi commun, et il s’agit de l’armée. Je suis certain que vous savez de quoi je parle.

- Comment tu sais mon nom?

Sawyer fit un pas vers elle, baissant son arme à son tour. L'archère lui aurait bien dit de ne pas le faire, que c'était une mauvaise idée, mais elle n'avait aucun moyen de le faire discrètement. La dénommée Cynthia, comprenant le stratagème de Mark, pourrait se montrer excessivement énervée contre eux.

- Nous sommes tous des mutants. D’un sens, nous sommes du même côté. Nous avons eu vent que l’armée préparait un coup contre l’hôpital. Ils savent que beaucoup de gens se cachent ici et leur but est tout simplement de tout raser. Si vous acceptez de quitter avec nous, vous pourriez les éviter.

«Nous sommes tous des mutants.[...] Nous sommes du même côté ». Cynthia était donc, d'après ce que Sio comprenait du discours de Sawyer, une mutante. Voilà une information à garder dans un coin de son crâne jusqu'à ce que toute la lumière soit faite sur les occupants de l'hôpital. Sio n'abaissa son arme que lorsqu'elle vit Cynthia faire de même, l'imitant sans la précéder ni la suivre, mais en prenant soin de le faire au même rythme pour ne pas l'inquiéter ni prendre de risque. Elle devait certainement se dire qu'ils lui auraient déjà réglé son compte si ça avait été leur but, et si elle se disait effectivement ça elle avait raison. Seulement ils avaient un but beaucoup plus altruiste que cela, pour le meilleur et pour le pire.
La jeune fille, toujours aussi nerveuse, sembla avoir du mal à prendre une décision. Elle finit néanmoins par choisir de leur faire un signe, leur indiquant d'avancer dans la voie qu'ils comptaient suivre avant cette rencontre.

- J’vais vous emmener voir notre chef. On a une grande pièce qui servait d’entrepôt en dessous, c’est notre base maintenant. Le seul problème c’est que même si c’est protégé, bah y’a pas vraiment de sortie, on doit remonter en haut.

Siobhán était rassurée de savoir qu'elle n'allait pas mettre les pieds dans une morgue, mais simplement dans un entrepôt. Voilà une information qui ne pouvait pas lui faire plus plaisir ! Elle avait bien conscience que ça pouvait paraître un peu ridicule, mais elle ne pouvait pas s'empêcher de penser ce genre de choses. Elle eut peur un instant que Mark ne s'en rende compte.
Sawyer s'arrêta brusquement au milieu du couloir Sio, qui marchait derrière, le dépassa sans trop s'inquiéter jusqu'à ce qu'il avance pour la rejoindre. Il avait l'air de prendre garde à ce qu'on ne l'entende pas, et Siobhán avança donc doucement en tendant l'oreille pour ne pas montrer aux autres qu'ils discutaient. Seulement Mark commençait déjà à parler de l'armée avec leur guide, et ça couvrait facilement leurs voix.

- Je pense qu’il y a quelque chose qui se cache plus loin dans le couloir mais il fait trop noir, la lumière ne se rend pas…

Sawyer avait l'air d'avoir entendu à nouveau le bruit.

 -Tu vois, je t’avais dis..! Je crois qu’on devrais aller voir avant de se faire prendre par surprise…


Sio n'avait rien entendu. Elle tendait l'oreille pourtant ! Il lui vint à l'esprit qu'il n'y avait peut-être rien, et que Sawyer croyait entendre quelque chose à cause de l'atmosphère du lieu qui était loin d'être rassurante. Seulement elle ne pouvait pas mettre en doute sa parole, surtout quand ça pouvait être un risque pour le groupe. Et puis, même s'il n'y avait rien, il ne serait certainement pas rassuré tant qu'ils n'auraient pas été vérifier. Et maintenant qu'il en parlait à Sio, elle ne se sentait pas si rassurée non plus.

-Ok, je vais voir. Attends là, Cynthia va croire qu'on lui fait un piège si on disparaît tous les deux.

Elle ignorait tout à fait volontairement le « on » dont avait parlé Sawyer. Il avait l'air nerveux, pas question de l'inquiéter encore plus en le faisant venir dans les recoins les plus obscurs de l'hôpital. Elle ne se disait pas une seconde qu'il pourrait être plus inquiet en la sachant toute seule. Elle ne pensait pas à ce genre de choses.
Pour être sûre qu'il ne lui viendrait pas à l'idée de la suivre, elle avait couru jusqu'au croisement des couloirs à l'aide de sa mutation et disparut donc du champ visuel du groupe à cause de l'obscurité. Ils devaient vaguement voir la lumière de sa torche éclairant ses pieds, jusqu'à ce qu'elle commence à s'avancer à la recherche du bruit.
Les premiers mètres elle n'entendit rien. Et puis un bruit, comme des pas dans les débris. Il devait sans doute y avoir quelqu'un d'autre. Quelqu'un en poste avec Cynthia, qui leur serait tombé dessus par derrière d'ici quelques minutes ? Possible, et dangereux. S'il arrivait derrière Sawyer et Mark, et les voyait descendre vers le chef de leur groupe sans voir Cynthia il croirait à une attaque. Et ce serait dangereux. Enfin, encore plus que maintenant.
Les bruits de pas s'étaient arrêtés. Il n'y avait plus que le bruit de Sio qui avançait, jusqu'à ce qu'elle entende une voix, sans comprendre ce qu'elle disait parce que le volume était trop faible. Génial, ça commençait vraiment à ressembler à un film d'horreur et ça lui plaisait moyennement. Heureusement elle en localisa bientôt la source, sa lumière éclaira une silhouette plus loin. De dos.
La personne remarqua évidemment l'éclairage, et tourna la tête. Une femme à l'allure bizarre, mais qui souriait d'un air sympathique. La main sur son pistolet Sio, s'approcha lentement.

-Bonjour,
commença la femme étrange.
-Euh, bonjour.

-Chuuut, chuuut

Siobhán s'approcha encore un peu, arrivant à la hauteur de la femme, qui lui faisait des signes étranges qu'elle ne comprenait pas.

-Baisse la lumière, le tigre mange !
-Quoi ?


Persuadée qu'il s'agissait d'une blague, ou au moins de quelque chose d'impossible, Sio s'approcha sans tenir compte de l'avertissement. Mais la lumière aveugla brusquement un animal qui bondit sur la rouquine. Évidemment celle-ci tomba sur le dos, coincée sous le poids d'un félin imposant. La femme étrange criait, d'une manière très étrange aussi. Et toute la scène faisait un boucan incroyable, elle allait ameuter tout le quartier si ça continuait.
La gueule de l'animal se trouvait bien trop proche de son visage à son goût, et elle ne réussit à s'extirper de cette douloureuse position qu'après de nombreux coups de genoux dans le ventre de l'animal, et un coup donné plus ou moins exprès avec son arc dans l'oeil du félin. Sio se redressa aussi vite qu'elle put, en pleine panique, totalement essoufflée par le poids de l'animal.
Les cris de la femme devinrent finalement compréhensibles.

Georges ! Georges ! On ne mange pas les gens vivants ! Seulement les morts on a dit !


Et soudain, l'animal devint un homme. Un métamorphe. Totalement nu. Allongé par terre, et qui avait lui-même du mal à respirer. Ainsi qu'un œil en mauvais état. Oups.
Heureusement que la femme avait été là, Sio n'était pas persuadée que le type aurait arrêté de la considérer comme son dîner sans cette intervention. Mais lorsqu'elle se retourna pour la remercier, la femme semblait être ailleurs. Elle regardait par terre, répétant qu'elle avait perdu ses clefs de voitures, et commentant tour à tour cette déclaration avec des intonations différentes. L'homme s'était roulé en boule, et semblait... Miauler. Génial. Elle avait dû atterrir dans la partie « psychiatrique » de l'établissement sans faire attention. Et ça ne lui plaisait pas vraiment. Heureusement, elle entendait des bruits de pas qui semblaient accourir dans sa direction. Ce devait être ses amis. Elle l'espérait. Elle s'appuya contre le mur pour reprendre sa respiration. Pitié, que ce soit ses amis. Elle n'aurait pas le courage de supporter encore une seule minute cette situation toute seule.

-Sawyer ? Sawyer c'est toi ? T'es là ? S'il te plaît dis moi que t'es là ?

Elle avait envie de pleurer, ne parvenait toujours pas à reprendre son souffle. Elle avait été prête à beaucoup de choses, mais pas à ça.Elle ne se rendait même pas encore compte qu'en bondissant sur elle, l'animal l'avait griffée
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Sawyer T. Davis



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MessageSujet: Re: Operation : Save the Day   Mer 15 Fév - 16:02

Tu tends le bras dans le but d’arrêter Siobhán, mais voilà qu’elle se trouve déjà loin de toi. Tu aurais pu y aller toi-même, mais tu préférais l’idée d’y aller ensembles. Il fait noir comme chez le diable et vos lampes torches, bien que fort utiles, n’éclairent pas assez pour vous épargner des mauvaises surprises. Cynthia et Mark se retournent et te regardent avec questionnement, et tu leur explique rapidement la situation en leur demandant de ne pas bouger jusqu’au retour de ton amie. Au bout de quelques instants, tu n’arrivas même plus à voir la lumière de la rouquine.

Les minutes semblent interminables et tu te demandes rapidement pourquoi Siobhán n’est toujours pas revenue, ou ne vous a pas envoyé un signal pour vous indiquer que tout va bien. Tu lèves donc ta lampe dans sa direction, sans toutefois la voir, et tu commences à marcher, les deux autres te suivant derrière. C’est à ce moment que tu entends un rugissement et des cris qui n’appartiennent certainement pas à l’archère. Sans vraiment vous consulter, votre petite équipe se met tout de suite à courir, le couloir clignotant sous les jets de lumière bougeant frénétiquement. Rapidement, tu commences à voir des choses devant toi et tu ralentis le pas en voyant finalement Siobhán, qui t’appelles désespérément.

- Oui c’est moi, les autres sont là aussi! Qu’est-ce qui se passe?!

Tu vois alors une scène assez étrange, et tu as besoin de quelques secondes pour assimiler que ce que tu vois est bien réel. Le dos contre le mur, la rouquine semble avoir le souffle court, et tu remarques rapidement des lacérations sur son épaule. Avant de paniquer, tu cherches la source de sa blessure, un animal quelconque à qui aurait pu appartenir le rugissement, mais tu ne vois qu’un homme maigre et nu en boule sur le sol en train de chigner comme un chat, près de… Non, tu ne rêves pas. Un peu plus loin, ton regard se pose sur un cadavre en décomposition mais surtout, qui semble avoir été à moitié dévoré. Finalement, une troisième personne attire ton attention, cachée dans la pénombre. Une femme, le dos tourné, qui marmonne des choses plus ou moins compréhensibles. Les pieds nus, elle porte toujours l’ensemble qu’elle devait porter à l’hôpital et tu n’arrives pas à voir son visage, caché derrière de longs cheveux noirs en bataille.

- Ah merde, Georges! T’avais été prévenu hein, si tu recommençais, on te virait dehors!

Vous regardez tous Cynthia d’un air interrogateur, sans trop comprendre ce qui est en train de se passer. Tu te diriges vers ton amie pour examiner sa plaie, qui doit impérativement être soignée. Tu n’oses pas imaginer toutes les bactéries présentes en ces lieux qui pourraient l’infecter. Tu la tire vers toi pour l’éloigner de cette scène étrange et la ramener vers Mark, demandant ensuite des explications à la jeune fille. Elle lève rapidement le nez, l’air dégoûté.

- Ils étaient là quand on est arrivés. Ils ont jamais voulu partir, je pense qu’ils se sont cachés ici pendant les évacuations. Normalement, on les aurais pas gardés mais comme ils font pas de problème… Le chef a voulu garder Georges parce qu’il se transforme en tigre et que ça pouvait être utile mais quand il a ses moments… On a beau lui donner à manger, il va fouiner pour gruger des cadavres. C’est dégueulasse. Et la femme c’est qu’une humaine, mais pas agressive. Elle est juste complètement folle et perdue alors elle vit sa vie et on lui donne à manger quand elle vient en demander.

Tu remarques rapidement la façon dont Cynthia mentionne qu’elle est humaine, mais tu n’en fais pas tout de suite de cas. L’important pour le moment c’est d’offrir des soins à la rouquine le plus rapidement possible, ce que la jeune propose de faire une fois que vous atteindrez leur QG principal. Alors que vous commencez à marcher, tu remarques que la femme vous colle aux talons. C’est d’ailleurs le bruit de ses pieds qui traînent sur le sol que tu as entendu un peu plus tôt.

- Tu te tiens tranquille si tu viens avec nous c’est clair? L’autre il va rester là un moment, mais va falloir qu’on se charge de lui…

Tu tiens ton amie par les épaules, essayant de t’éloigner de la femme bizarre. Pourtant, elle ne cesse de se rapprocher de toi, pour finalement saisir ton bras. Tu fais rapidement volte-face, l’éclairant en plein visage grâce à ta lampe de poche. C’est à ce moment qu’elle pousse les cheveux de son visage et te fait un sourire un peu dément.

- Toi tu as l’air plus gentil, donc je vais rester avec toi! Tu vas m’aider à trouver mes clés!

Ton sang se glace et tu te figes sur place. Tu l’observes même si tu voudrais regarder ailleurs et tu constates que, comme toujours, ses yeux te regardent sans pour autant savoir qui tu es. Tu as l’impression de basculer dans le vide et, sans vraiment le vouloir, tu prends appui sur Siobhán. Tu n’es pas venu depuis plusieurs années pour t’éviter l’humiliation et la tristesse d’être traité comme un inconnu par ta propre mère, et voilà que tu la rencontres en pleine guerre, errant comme un fantôme dans le sous-sol de l’hôpital psychiatrique.

- Hé, tu décolles! Tu restes derrière, c’est clair?

Pour une jeune fille qui semblait nerveuse quelques minutes auparavant, elle semble maintenant dans son élément. Ta mère baisse la tête, faisant la moue comme une enfant, et relâche ton bras. Tu ne bouges pas tout de suite et finalement, la gorge sèche, tu emboîtes le pas derrière Mark et Cynthia. Vous arrivez rapidement à une grosse porte qui semble être très lourde, et l’adolescente l’ouvre sans effort, expliquant votre venue aux hommes de l’autre côté. C’est d’un œil suspect qu’on vous laisse pénétrer dans la grande pièce, pleine à craquer d’inconnus. Décidément, vous venez de trouver la ruche, suffit maintenant de trouver la reine.

Celle-ci, ou plutôt celui-ci, trône au centre de la pièce, en train de discuter avec des hommes plus âgés. Tu presses Cynthia de leur demander de l’aide pour soigner la rouquine, ce qu’elle fait de ce pas. On la met donc de côté le temps de recevoir des soins alors que Mark et toi vous dirigez vers cet homme imposant qui inspire le respect et la peur.

- Je les ai trouvés en haut. Ils voulaient vous parler, pour avertir d’une attaque imminente.

Vous prenez le relais pour expliquer la situation, sous l’oreille attentive des gens présentes. Certains sont sceptiques mais semblent être convaincus que vous ne mentez pas pour la simple raison que vous possédez tous des pouvoirs. Parlant de pouvoirs, tu commences à être un peu submergé. Ça faisait longtemps que tu n’avais pas été en présence d’autant de mutants et tu demandes à t’asseoir pour reprendre tes esprits, expliquant ta situation. Tu n’oses pas avouer que tu es toujours ébranlé par la découverte de ta mère, que tu évites de regarder.

- Encore Georges! C’est la dernière offense. Vous là-bas, l’équipe de patrouille, vous savez quoi faire.

Ils quittent rapidement, armes à la main. Tu sais déjà ce qu’ils s’apprêtent à faire, mais il n’y a pas grand-chose que tu puisses faire. Tu remarques que vous êtes le premier groupe à être arrivé. Vous devez avoir eu de la chance, ou presque.

- Merci d’être venus nous avertir. Nous allons pouvoir nous préparer. Pas question de se sauver. Nous nous sommes tous réunis ici afin de combattre le calvaire imposé par les suprématistes humains! Voilà notre chance! Nous les attendrons de pied ferme et avec notre force surnaturelle, l’armée de ces sales humains ne pourra rien contre nous!

Des voix commencent à se faire entendre, validant ses propos, et tu commences à comprendre que s’ils sont de votre côté parce que vous êtes mutants, ils ne sont pas pour la paix entre les humains et les mutants. En voulant bien faire, vous vous êtes retrouvés dans le repaire de vrais rebelles qui souhaitent anéantir toute trace d’êtres ne possédant pas de pouvoirs.

- Il va falloir trouver quoi faire avec cette folle. Elle est restée ici et personne n’est venu la réclamer. Nous lui avons laissé des chances mais elle risque seulement d’être un boulet dans nos opérations. Sa disparition risque de passer inaperçue.

- Non.

Tout le monde se retourne vers toi, surpris. Bien qu’elle ne te reconnaisse plus et qu’elle souffre de maladies mentales, tu te rappelles d’une époque ou ta mère était présente et aimante. Mis à part le fait de ne pas se souvenir de toi, elle n’a jamais rien fait pour te blesser. Les poings serrés, tu répètes ce simple mot en te plaçant devant elle pour la protéger. Maintenant que votre devoir est fait, il est temps pour vous de rebrousser chemin.

- Je vais la prendre en charge.
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