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 Operation : Save the Day

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Sawyer T. Davis

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MessageSujet: Operation : Save the Day   Mer 8 Fév - 16:11

Trois semaines ont passées depuis ton retour auprès de tes amis et surtout, de la personne à qui tu t’es finalement silencieusement confessé. Vous avez tous été très occupés, et avez remarqué que les choses semblent être plus calmes depuis. Mais comme on le dirait, vous savez tous qu’il s’agit du calme avant la tempête. Tu te doutes que suite à ta disparition, l’armée a ralentis ses opérations, ne possédant plus l’élément clé qui leur permettait de trouver les mutants rapidement. À cause de tes capacités, ils n’hésitaient pas à organiser des opérations rapidement et à user de force, mais tu sais qu’ils doivent maintenant être plus prudents.

Durant les dernières semaines, plusieurs autres personnes vous ont rejoint et ont aidé à fortifier votre base d’opération. Chaque jour, la mission était bien simple : Sortir dans les environs, éviter les secteurs problématiques et favoris de l’armée, et ramasser tout ce que vous pouviez. Grâce à cela, votre base est maintenant plus accueillante, offrant même des lits superposés confortables, gracieuseté de Kegan. La nourriture se fait plus rare et vous n’avez pas le choix de tout rationner mais jusqu’à présent, vous n’avez pas eu à faire face à des situations problématiques comme des voleurs ou des gens ne voulant pas partager. Tu sais cependant que beaucoup d’entre vous diminuent leur ration pour s’assurer que la petite puisse toujours manger à sa faim.

Le blessé, de son côté, a pris des couleurs et a accepté de vous parler, particulièrement à toi. Depuis qu’il t’a reconnu, il sait qu’il peut te faire confiance. Comme tu te doutais, sa version des faits ressemble à la tienne. Tu sais maintenant qu’il se nomme Randy et qu’il n’est pas vraiment plus vieux que toi. De son côté, il était toujours au front et était donc en première ligne pour voir ce qui se passait. N’étant pas d’accord, il avait tenté de raisonner avec ses comparses, pour finalement les voir se tourner contre lui et le laisser pour mort. Selon lui, toute cette guerre est inutile et tout le monde devrait vivre en paix en acceptant les différences des autres, idée que tu partages. Vous discutez régulièrement, et il vous partage des plans d’attaque et de défense.

C’est d’ailleurs lui qui vous a mentionné qu’avant ton départ soudain, les chefs préparaient une opération dans un secteur ayant beaucoup d’activités. Personne ne sait si les mutants présents à cet endroit sont hostiles ou pas mais tu sais que vous devez faire quelque chose pour éviter que plus de sang ne soit versé. C’est donc avec cette idée en tête que tu rejoins la rouquine un matin, ainsi que les autres membres de l’organisation.

- Bon matin. Sérieux Sawyer en regardant ta tête, j’aimerais avoir le pouvoir de changer les coupes de cheveux aussi parce que t’aurais vraiment besoin d’un coup de ciseau…

Tu souris en passant devant Kegan, installé dans un fauteuil. C’est lui qui fabrique à peu près tout ce que vous possédez, des vêtements aux munitions. Malgré le manque de luxe, il semble s’être habitué à vivre en communauté en ne possédant pas grand-chose. Tu traverses la pièce et glisse une main sur la taille de Siobhán, avec qui tu es beaucoup plus à l’aise malgré la gêne toujours palpable. Après tout, vous n’avez pas fait grand-chose de plus depuis votre premier baiser, et n’avez même pas redéfinis votre relation.

- Bonjour à tous. J’ai discuté avec Randy dernièrement, qui a mentionné que l’armée préparait une opération majeure... Heureusement, il sait dans quel endroit ça se trouve et je crains que la période de calme soit en fait une période de préparation pour eux. Nous sommes mieux préparés et plus nombreux, donc nous devrions probablement prévoir un plan pour s’y rendre avant eux et éviter le plus de pertes…
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Siobhán A. O'Cahir
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MessageSujet: Re: Operation : Save the Day   Mer 8 Fév - 16:46


-Bon matin. Sérieux Sawyer en regardant ta tête, j’aimerais avoir le pouvoir de changer les coupes de cheveux aussi parce que t’aurais vraiment besoin d’un coup de ciseau… [/b]


La voix de Kegan qui s'adressait à Sawyer attira l'attention de la rouquine. La journée venait à peine de commencer pour elle, ça ne faisait pas longtemps qu'elle s'était réveillée et ça se voyait sûrement sur sa figure. Pourtant, elle tentait de suivre depuis plusieurs une minutes une discussion animée sur la meilleure manière de faire son lit, remise au goût du jour par les améliorations récentes apportées par le designer. Afin d'éviter de se rendormir, elle restait même debout, et sa première réponse au sourire affiché par Sawyer fut un baillement assez incroyable, qu'elle masqua difficilement derrière sa main. Sio n'était pas du genre à manquer d'énergie, mais elle n'avait pas passé d'aussi bonnes nuits depuis un moment, grâce aux nouveaux lits, et ça rendait le réveil beaucoup plus difficile. Et le lit plus attractif.
Finalement, lorsque Sawyer passa à côté d'elle en glissant sa main autour de sa taille, elle pencha sa tête vers lui, pour la poser contre son épaule quelques secondes. Mais ce n'était pas si confortable qu'elle l'aurait cru finalement, et elle se redressa bien vite.

- Bonjour à tous. J’ai discuté avec Randy dernièrement, qui a mentionné que l’armée préparait une opération majeure... Heureusement, il sait dans quel endroit ça se trouve et je crains que la période de calme soit en fait une période de préparation pour eux. Nous sommes mieux préparés et plus nombreux, donc nous devrions probablement prévoir un plan pour s’y rendre avant eux et éviter le plus de pertes…

Isabelle, principale actrice du débat précédent, hocha la tête en entendant Sawyer présenter cette possibilité, mais prit la parole d'un air soucieux. La rigolade et les paroles futiles, c'était terminé pour aujourd'hui, il fallait se pencher sur les vrais problèmes à présent.

- Nous sommes plus nombreux mais pas forcément plus préparés. Nous ne sommes pas tous prêts à aller sur le terrain, et notre vocation première n'était pas de concurrencer l'armée. Nous devons faire quelque chose évidemment, on ne peut pas laisser faire ça mais... Je pense qu'il ne faut pas se surestimer.

- Randy a une idée du nombre de soldats qui seront là bas ?
Demanda Siobhán, pour qui c'étaient là les premières paroles de la journée ou presque, et qui sentit donc les regards presque surpris des autres se tourner vers elle.

- Et puis c'est où? On sait s'il y aura beaucoup de monde côté civil?

La plupart des gens semblaient se poser les mêmes questions qu'elle puisqu'ils paraissaient attendre la possible réponse de Sawyer. Sauf une personne. La petite tête d'Emily apparut dans le cercle de la discussion adulte, elle se frayait difficilement un chemin vers une place où elle pourrait être écoutée.

- Et moi je pourrai venir vous aider cette fois ?


Sio chercha Joe du regard, sachant déjà qu'évidemment il était contre cette idée mais cherchant une manière de décliner la demande de la petite sans simplement lui dire non. Sinon elle ne comprendrait pas et serait juste déçue, frustrée ou en colère. Voilà qui n'était pas facile.

-Tu nous aideras beaucoup mieux d'ici, tu sais ? T'es l'assistante officielle du médecin, il a besoin de toi !

Emilie parut touchée, comme si elle comprenait tout à coup qu'elle ne pouvait pas abandonner une fonction aussi importante que ça, et n'insista pas. Joe lança un regard reconnaissant à Siobhán. Elle avait toujours su parler aux enfants, parce qu'elle ne leur mentait jamais vraiment.
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Sawyer T. Davis

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MessageSujet: Re: Operation : Save the Day   Ven 10 Fév - 17:05

Tu te retiens pour ne pas pousser un soupir agacé et pour avoir l’air le plus neutre possible. Depuis les dernières semaines, tu as constaté qu’Isabelle est le genre de personne qui aime bien partir des débats et tout remettre en question, ou changer le sens des phrases pour ensuite en rajouter. Tu t’efforces de faire un sourire même si tu n’as franchement pas trop de patience. Tu as certes pris l’habitude de te lever tôt, et de dormir avec plusieurs personnes dans la même pièce, mais ça ne veut pas dire que tu arrives à bien te reposer pour autant.

- Premièrement, il ne s’agit pas de ‘’concurrencer’’ l’armée ou de l’attaquer d’abord, mais tout simplement de se rendre sur les lieux avant les soldats pour tenter de raisonner les gens présents et en ramener avec nous. J’ai bien dis que le but est d’éviter le plus de pertes, ce qui veut normalement dire d’éviter des affrontements.

Tu la vois te lancer un regard noir en ayant l’intention de répondre pour tenter de te contredire, mais Siobhán la devance en posant des questions qui, pour une fois, sont utiles et qui feront avancer votre plan. Tu concentres donc ton attention sur elle, alors que tu sens presque les yeux d’Isabelle faire un trou au centre de ton front. Si elle semblait sympathique au départ, tu t’es bien rendu compte qu’elle aimait questionner les paroles et décisions de tous et chacun, en plus d’aimer être à la tête du groupe. Malheureusement, suite à ton arrivée, c’est maintenant toi qui possède le plus d’informations sur le fonctionnement de l’armée, et c’est donc toi que l’on écoute la majorité du temps. Tu n’as pas mis beaucoup de temps à réaliser que ça lui déplaisait fortement de ne plus avoir le dernier mot.

Alors que la rouquine échange avec la petite qui, évidemment, ne mettra pas un pied à l’extérieur, tu fais signe à Randy de se joindre à la conversation. Toujours un peu lent pour se déplacer, il y arrive toutefois mieux, et tu tires une chaise pour qu’il puisse s’y installer sans trop s’épuiser. Tu répètes les questions puisque tu ne connais personnellement pas les réponses.

- Je ne peux pas dire avec certitude combien de soldats ils vont envoyer… Je sais par contre que comme ils n’ont aucune idée de combien de personnes se trouvent sur place, ils risquent de mettre le paquet pour avoir le dessus. Quand j’étais là, j’ai entendu des rumeurs que c’était une grosse planque pour mutants alors si leur but c’est de les détruire, ils risquent de traîner pas mal de gens. Et l’endroit, c’est plus à l’est de la ville, le gros hôpital avec un bâtiment psychiatrique.

Il pointe un endroit sur la carte de la ville bien étalée sur la table et tu penches la tête pour mieux voir. Lorsqu’il confirme finalement la position, tu deviens blême. Bien que tu n’y sois pas allé très souvent, tu reconnais très bien l’endroit : c’est là où ta mère a été internée, il y a de cela plusieurs années déjà. Pour la première fois depuis, tu te demandes si elle est en sécurité, mais tu te doutes que la réponse est oui. Après tout, les hôpitaux ont rapidement été évacués lorsque la guerre a débuté.

- Je pense que la meilleure idée, ce serais d’envoyer des groupes le plus rapidement possible pour essayer de rallier les autres ou au moins les avertir. Parce qu’après tout, personne n’est certain de qui se trouve là, et nous ne connaissons pas leurs intentions.

- Bien moi je dis que c’est du suicide.

Tu fermes les yeux en entendant la voix d’Isabelle. Évidemment, elle se doit de contredire toutes tes paroles et même celles-des autres lorsqu’ils approuvent tes dires.

- Justement, on ne connait même pas leurs intentions! Déjà que nous ne sommes pas si nombreux, est-ce que ça vaut vraiment la peine de risquer d’y laisser notre peau alors que nous ne savons même pas comment les choses vont se dérouler?

Cette fois, tu n’arrives plus à retenir la rage qui bouillonne en toi. Tu n’as pas de temps à perdre avec des stupidités, et encore moins avec une personne qui ne fait que s’obstiner pour la simple raison qu’elle n’arrive pas à accepter que les autres trouvent que tu fais plus de sens qu’elle. Tu ouvres finalement les yeux en te redressant et en plaquant les mains sur la table, faisant sursauter les autres qui n’ont pas l’habitude de te voir être très expressif.

- Excuse-moi si la question te choque Isabelle, mais qu’est-ce que tu fais ici exactement? As-tu conscience de ce que ce groupe tente de faire? Tous les gens présents ici ont décidé de sacrifier quelque chose pour tenter de mettre un terme à cette guerre stupide, et cela inclus d’aider les autres qui sont coincés dans ce conflit. Si tu préfères rester cachée ici en attendant que l’armée décime tout le monde avant de se rendre jusqu’à toi, c’est ton choix, mais je te demanderais donc de prendre un peu de recul et de ne plus participer aux conversations si tu n’es pas intéressée à te joindre à nous. Tes commentaires sont loin d’éclairer nos lanternes et d’apporter une contribution à notre plan. Non mais je rêve, même la petite veut participer!

Tu prends un instant pour respirer, réalisant que l’endroit est maintenant silencieux après ton éclat de colère. Pourtant, personne ne prend la parole pour te dire que tu as exagéré et en regardant autours de toi, tu vois que certains baissent les yeux pour éviter le malaise, mais que d’autres ont un regard approbateur. Isabelle, de son côté, semble un peu bouche-bée, mais finie par croiser les bras et ne plus rien ajouter. Tu te tournes vers Randy pour la suite du plan.

-------

Plusieurs jours suite à votre discussion enflammée, les groupes ont enfin été divisés, et le plan travaillé. Votre but est de vous rendre à l’hôpital en douce en évitant toute confrontation pour ne pas attirer l’attention, afin de prendre contact avec ceux s’étant réfugiés dans le bâtiment et de les prévenir. En cas de confrontation, l’ordre est de battre en retraite et de brouiller les pistes avant de revenir à votre base d’opération. Debout depuis un moment, tu portes déjà tout ton équipement. Kegan, grâce à du matériel trouvé, a même réussit à vous fabriquer des masques qui aideront à bloquer toute la poussière et les débris transportés par le vent. Vous avez toutefois délaissé les vêtements cargo, pour ne pas être confondus par l’armée. Tes armes accrochées un peu partout sur ton corps, tu attends que les autres soient enfin prêts à partir.
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Siobhán A. O'Cahir
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MessageSujet: Re: Operation : Save the Day   Dim 12 Fév - 11:04

Siobhán était presque prête. Ils étaient pour la plupart sur le point de partir, suivant le plan que Sawyer avait plus ou moins proposé. Disons que les informations venaient de Randy et lui, ce qui les rendait plus aptes à aiguiller le petit groupe que représentaient les Rebelles. Il n'y avait qu'une seule personne qui semblait contrariée par cette situation, c'était Isabelle, mais Sio n'avait pas vraiment fait attention à elle. Elle se montrait toujours trop prudente, quasiment peureuse, et plusieurs rumeurs courraient, selon lesquelles son rôle de gestion de stocks ne seraient qu'une occasion de participer le moins possible aux opérations extérieures. La rouquine n'avait pas été particulièrement étonnée par les objections qu'elle avait formulées au sujet de l'opération qu'ils projetaient. En revanche, elle avait été plus surprise par Sawyer.
Elle l'avait rarement vu énervé, ce n'était pas trop son genre, mais il fallait dire qu'il avait de quoi inspirer le respect dans ce genre de situations.
Sio vérifia du regard que tout son matériel était prêt. Elle emmenait sensiblement la même chose que d'habitude, il n'y avait que le style de leurs tenues qui avait été revu pour éviter d'être confondu avec l'armée. Merci Kegan, qui avait très bien su mettre son talent au service de la communauté. Grâce à lui, leurs tenues avaient pris un coup de neuf et surtout Siobhán redécouvrait le plaisir d'avoir des vêtements à sa taille. Ce n'était pas toujours facile avant la guerre, parce qu'elle était grande pour une femme, et aussi plutôt maigre. Mais depuis le début du conflit, tout était devenu encore plus grand, et rajouter des trous à sa ceinture n'avait pas suffit à lui donner un air convenable. Il était beaucoup plus agréable d'avoir une tenue qui lui correspondait, et pour ça elle ne pouvait que remercier encore Kegan. Elle avait toutefois hésité à se prêter de bonne grâce à ce changement de couleur et de taille : elle n'avait pas vraiment envie que son ami s'inquiète de la voir maigrir à vue d'oeil alors qu'elle n'était déjà pas très épaisse avant. Seulement la stratégie militaire a ses besoins que l'intimité ignore, et Sio n'avait pas eu d'autre choix que celui de faire retoucher ses vêtements.

- Siobhán ? Je peux te parler une minute ?

Elle n'eut pas besoin de se retourner pour savoir qu'il s'agissait d'Isabelle, déjà parce qu'elle reconnaissait sa voix mais surtout parce qu'elle reconnaissait la manière absolument insupportable qu'elle avait d'écorcher son prénom à chaque fois qu'elle le prononçait. C'était à se demander si elle le faisait exprès tellement l'écart avec la prononciation normale était énorme. La rouquine n'avait pas trouvé grand monde capable de prononcer son nom correctement depuis son arrivée aux États-Unis, mais il y avait tout de même un minimum atteint généralement assez facilement par ceux qui prenaient la peine de faire un effort. Isabelle n'en faisait apparemment pas partie.

- J'arrive!

Ça n'empêchait pas Sio de répondre d'une voix enjouée. À part son côté un peu autoritaire, peureux, et sa mauvaise prononciation de son prénom, elle n'avait pas grand chose à reprocher à cette femme. Laissant ses affaires plutôt en plan au milieu de la grande pièce, elle suivit Isabelle qui s'éloigna jusqu'à entrer dans l'espèce de cave où elle avait retrouvé Sawyer quelques semaines plus tôt. Alors que son esprit s'égarait naturellement sur le souvenir de ce baiser, Isabelle ne tarda pas à la rappeler à la réalité.

- Tu m'écoutes ? Bon. J'avais besoin de te parler. Je vais être franche avec toi, je trouve que Sawyer devrait faire attention à ce qu'il dit. Les gens comme moi, ça va, on est gentils, on accepte le débat, mais il y en a d'autres qui sont venus me trouver et qui sont apparemment dérangés par ses directives...
- Qui ?


Sa question sembla surprendre Isabelle, comme si elle s'était simplement attendue à ce que Siobhán hoche la tête gentiment et reparte d'où elle était venue. Seulement ça ne marchait pas du tout comme ça.

- Pourquoi tu veux savoir ça? Ce qui compte c'est le résultat, tu devrais dire à Sawyer de calmer des ambitions, c'est tout. Il vient d'arriver, tu dois bien pouvoir comprendre que ça dérange un peu qu'il se comporte comme un chef, alors qu'il a si peu d'expérience parmi nous.
- Pourquoi tu me dis ça à moi, et pas à lui ?

Sio ne comprenait vraiment pas la tournure que prenait la discussion. Pourquoi Isabelle venait-elle lui parler de Sawyer? Pourquoi lui dire ce genre de choses ?

- J'ai bien vu que vous semblez proches tous les deux, et je m'inquiète pour toi Siobhán. Tu es une fille bien, je ne voudrais pas que quelqu'un comme lui se serve de toi pour atteindre un statut nouveau. Il part de l'armée, très certainement parce que la hiérarchie y est trop stricte, il vient ici et se sert de toi et de la confiance qu'on t'accorde pour parvenir à ses fins, et prendre une place d'importance. Méfie toi.

En entendant de telles calomnies sur Sawyer, Sio eut du mal à s'empêcher de clouer Isabelle au mur et de lui coller une gifle ou deux. La rouquine ne s'était pas douté une seule seconde que la gestionnaire des stocks pouvait penser ce genre de choses à propos de son... Ami ? Le mot était mal choisi mais ils n'avaient pas vraiment discuté.

- Je suis bien assez grande pour fréquenter qui je veux. Lui au moins il se démène pour les autres, il reste pas planqué dans son trou à attendre que les autres fassent tout le travail ! Comment tu veux te faire écouter? Tu donnes des ordres sans savoir comment c'est dehors !

- Ne dis pas ça Siobhán, et surtout calme toi, je ne veux que ton bien vraiment, ce serait dommage de ne pas m'écouter tu sais ?
- Tais toi !
Hurla-t-elle si fort qu'on devait sûrement l'avoir très bien entendue à l'extérieur.[b] Redis encore un truc du genre, et je t'en colle une, t'es prévenue.


Essayant de se contenir pour ne pas mettre sa menace à exécution dès maintenant, la rouquine se précipita vers la porte pour regagner la salle commune du QG. Les gens, qui s'étaient probablement arrêté un instant dans leurs occupations après le cri de Sio, semblaient à la fois la regarder et faire semblant de ne pas s'intéresser à ce qui se passait. Il était cependant très visible qu'elle était passablement en colère, et ça ne pouvait échapper à personne.

- Ça va Siobhán ?
Demanda Joe lorsqu'elle passait à côté de lui pour aller récupérer son barda.

L'Irlandaise ne répondit pas. Isabelle en revanche, lui accorda un sourire doucereux et prit la parole alors qu'on ne lui avait rien demandé.

- J'avais une mauvais nouvelle à lui annoncer, elle en est très touchée tu devrais la laisser tranquille...


Personne ne posa d'autre question, mais il semblait évidemment que la plupart des mauvaises nouvelles rendaient triste et non pas colérique.
Heureusement, Joe lança le départ de l'opération rapidement, et le groupe s'éloigna vite d'Isabelle et de ses conseils ridicules. Il faudrait qu'elle raconte cette discussion à Sawyer, et peut-être à Kegan mais pas pour les mêmes raisons. Il fallait effectivement se méfier de quelqu'un dans cette histoire, mais pas de celui qu'on croit. Alors qu'ils progressaient doucement, en route vers l'hôpital, et par groupes, Sio était soulagée de faire équipe Sawyer. Elle avait besoin de parler, et personne ne pouvait savoir pour le moment si Isabelle n'avait pas de sbires parmi les Rebelles. Il suffisait d'atteindre qu'ils se séparent de l'ensemble du groupe pour pouvoir avoir cette conversation tranquillement. Le trajet lui sembla extrêmement long, parce que personne ne disait rien. Chacun portait le masque contre la poussière qui faisait partie de leur tout nouvel équipement, ce qui leur donnait des têtes un peu bizarres, mais était très utile. Chacun suivait Joe, effectuait les vérifications d'usages lorsqu'on s'éloignait un peu trop du QG pour considérer la zone comme sans danger. Chacun suivait le plan à la lettre.
Ils arrivèrent sans problème jusque la zone de l'hôpital, où Joe rappela les dernières consignes dont la plus importante : battre en retraite en cas de danger trop important. Le groupe pouvait tenter des actions d'envergure mais il ne s'agissait pas de finir décimé pour rien. Sio n'écoutait que d'une oreille, elle avait du mal à se concentrer. Son regard ne quittait pas Sawyer, auquel elle mourrait d'envie de parler, si bien qu'elle aurait pu manquer le top départ si tout le monde ne s'était pas mis en mouvement brusquement. Ils cherchaient à délivrer des civils et à leur dire de se méfier de l'armée. Elle, elle cherchait à dire à Sawyer de se méfier d'Isabelle. Cette vieille peau avait réussi une chose : ébranler l'esprit de Sio. Mais pas forcément dans le sens où elle l'aurait voulu.
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Sawyer T. Davis

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MessageSujet: Re: Operation : Save the Day   Lun 13 Fév - 16:58

Le temps commence à être long. Personne ne sait vraiment ce que vous allez trouver là-bas, mais tu aimerais éviter de perdre trop de temps avant d’avoir la réponse. Tu vois Isabelle passer devant toi et te lancer un regard haineux, mais tu l’ignores complètement. Depuis le moment où tu l’as un peu humiliée devant tout le monde, elle n’a pas arrêté de te suivre d’un regard noir, cherchant la première occasion pour te contredire. Le seul problème, c’est qu’elle n’en a pas vraiment eue jusqu’à présent. Tu ne connais pas son âge exact, mais tu sais qu’elle est plus âgée que toi. Un comportement comme le siens en tant de guerre est extrêmement inadéquat et inutile, selon toi.

Tu l’observes alors qu’elle attire l’attention de la rouquine pour lui demander un entretien privé. Ton arme en main, tu les regardes travers la pièce d’un air sérieux, faisant toutefois semblant de ne pas te préoccuper de leur présence. C’est à leur tour de s’enfermer dans la pièce où vous avez partagé un premier moment romantique plus officiel, mais tu te doutes qu’Isabelle ne l’a pas traînée jusque-là pour lui faire une déclaration enflammée. Au bout de quelques minutes, la voix de Siobhán résonne dans toute votre tanière, et toutes les personnes présentes arrêtent leurs occupations pour se tourner en direction de la voix, incluant toi. Tu connais bien ton amie, et pour qu’elle s’énerve autant, il doit certainement y avoir une raison.

Elle réapparut finalement dans la pièce en ayant l’air plus en colère que jamais. Tu l’as rarement vue dans un état pareil et à bien y réfléchir, tu doutes même que ce soit déjà arrivé depuis que tu la connais. Isabelle, de son côté, semble étrangement calme vu les circonstances, et tu la vois déjà essayer de donner des excuses aux autres qui se demandent ce qu’il vient de se passer. Tu l’entends baratiner aux autres et une expression de dégoût se dessine sur ton visage. La réaction de l’archère est loin de ressembler à celle d’une personne touchée ou triste, mais elle semble trop stupide pour réaliser que personne n’achète vraiment ses paroles.

Tu souhaites aller lui parler, mais voilà qu’on signale le départ. Tu n’as donc pas le choix de suivre les autres en silence. Le chemin se fit lentement mais sans encombre, la majorité des gens ayant déjà quitté depuis longtemps. Une fois arrivés, Joe vous donna les dernières indications avant de séparer les groupes. Tu te retrouvas enfin auprès de Siobhán et tu posas furtivement une main sur son épaule pour lui donner un peu de réconfort. C’est tout ce que tu pouvais faire dans une situation pareille, où le temps n’était pas alloué à la discussion. Au bout de quelques minutes, ton équipe, composée de Siobhán, Mark et toi, entrent finalement à l’intérieur de l’hôpital. Il n’y a plus d’électricité depuis longtemps, et vous n’avez donc pas le choix de vous équiper de lampes torches. Heureusement, vous avez réussis à en trouver dans ce qu’il restait des magasins, en plus d’une multitude de piles. L’endroit semble être désert et assez sans-dessus dessous, mais tu te souviens tout de même d’avoir visité ces couloirs plusieurs fois.

- On devrais se diriger vers les étages inférieurs, propose alors Mark. Tu approuves d’un signe de tête alors qu’il ouvre la marche. Au fil des semaines, tu as pu constater que ce grand gaillard était quelqu’un de fiable et responsable, et qu’il possédait le pouvoir de lire dans les pensées. Il était tout de même respectueux et ne le faisais pas sauf si obligé. Je doute que, s’il y en a, les gens se soient cachés dans les étages du dessus, c’est plus dangereux.

Vos bottes font craquer toute sorte de débris sur le sol, et les bruits de pas résonnent. Tu te sens presque comme si tu étais un personnage dans un jeu vidéo d’apocalypse de zombie, et ça te donne un peu froid dans le dos. Heureusement, tu n’es pas seul, et tu fais de ton mieux pour rester composé. Au bout de quelques minutes, vous arrivez finalement à une cage d’escalier, et entendez du bruit, puis un coup de feu. Vous n’étiez effectivement pas seul, mais il ne s’agit pas de l’armée. Tu lèves ton arme, sans toutefois chercher à tirer. Tu préfères tenter une autre approche d’abord.

- Ne tirez pas! Nous ne sommes pas là en ennemi, nous sommes venus vous avertir que l’armée risque de vous encercler prochainement!

Le silence tombe, et aucun d’entre vous ne bouge, fixant chacun une direction. Finalement, une jeune femme sort de la pénombre, son pistolet levé dans votre direction. Elle ne semble toutefois pas avoir l’intention de tirer, mais tu commences à sentir un bouillonnement. Elle n’est définitivement pas humaine. Elle semble être plus jeune que toi, et nerveuse.

- Vous êtes qui? J’vous ai jamais vus par ici! Pourquoi faire le chemin pour venir nous le dire? Je parie que c’est une embuscade !!

- [color=darkred]Calmez-vous Cynthia. Je sais que vous craignez que ce soit une possibilité, mais nous ne voulons aucun mal à qui que ce soit. Pour le moment, nous avons un ennemi commun, et il s’agit de l’armée. Je suis certain que vous savez de quoi je parle.

- Comment tu sais mon nom? Cette fois, ce fût ton tour de faire un pas devant en baissant ton arme.

- Nous sommes tous des mutants. D’un sens, nous sommes du même côté. Nous avons eu vent que l’armée préparait un coup contre l’hôpital. Ils savent que beaucoup de gens se cachent ici et leur but est tout simplement de tout raser. Si vous acceptez de quitter avec nous, vous pourriez les éviter.

Elle ne semble pas avaler tout ce que tu dis, mais ses bras descendent tranquillement. À trois contre une, vous auriez pu lui faire son compte depuis longtemps si ça avait été votre but. Elle range finalement son pistolet, et le bouillonnement s’éloigne. Tu suspectes qu’en plus d’arriver à contrôler les liquides, elle arrive probablement à les faire chauffer à une température assez haute pour faire fondre quiconque y touche. Elle vous fait signe de la suivre dans la cage d’escalier, pour descendre au sous-sol. Mark avait donc vu juste.

- J’vais vous emmener voir notre chef. On a une grande pièce qui servait d’entrepôt en dessous, c’est notre base maintenant. Le seul problème c’est que même si c’est protégé, bah y’a pas vraiment de sortie, on doit remonter en haut.

Un bruit capte ton attention et tu t’arrêtes subitement, éclairant le couloir complètement noir derrière toi. Mais la lumière est vite engouffrée par l’obscurité, et tu ne vois rien. Tu n’as jamais vraiment apprécié te trouver dans une pénombre aussi enveloppante. Une chose est certaine, c’est que tu as bel et bien entendu quelque chose – ou quelqu’un? Tu rattrapes tes compagnons pour marcher près de Siobhán, en essayant de ne pas parler trop fort.

- Je pense qu’il y a quelque chose qui se cache plus loin dans le couloir mais il fait trop noir, la lumière ne se rend pas…

Tu es coupé par le même son, mais les autres ne semblent pas y porter attention, trop occupés à marmonner devant vous par rapport à l’armée et à ses plans. Tu as l’impression que c’est quelque chose qui traîne sur le sol. Des pieds, peut-être?

- Tu vois, je t’avais dis..! Je crois qu’on devrais aller voir avant de se faire prendre par surprise…
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Siobhán A. O'Cahir
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MessageSujet: Re: Operation : Save the Day   Mer 15 Fév - 12:18

La main de Sawyer était une bien maigre consolation. Le pauvre ne se doutait sûrement pas de ce qui se passait en réalité, ni de l'immensité de la jalousie qu'Isabelle lui portait. Mais ce n'était pas le moment de lui en faire part. La situation requérait toute leur attention, pas question de se disperser maintenant. Mark l'avait bien compris. Il marchait en tête de leur petit groupe, même si ça ne lui conférait pas une avance considérable sur eux, et faisait office de chef pour le moment. Siobhán l'aimait bien. De prime abord elle n'était pas toujours d'accord avec lui, mais il fallait admettre que ses décisions et ses idées se montraient généralement justes. Le principal problème était plutôt sa capacité à lire dans les pensées d'autrui. Évidemment il ne s'en vantait pas trop car ce n'était pas le genre de capacités qui attiraient particulièrement la sympathie des autres. Qui voudrait être en face de quelqu'un qui pourrait savoir ce que l'on pense à n'importe quel moment ? D'une manière encore plus évidente il disait qu'il se montrait assez respectueux pour ne pas le faire n'importe quand ou sur n'importe qui, mais tout de même. Qui définissait les critères d'utilisation, à part lui ? Personne. Et Sio n'avait pas tellement envie de savoir à partir de quand il trouvait ça justifié, elle craignait trop de se rendre compte qu'il avait utilisé sa mutation sur elle à un moment ou un autre. Elle n'avait pas tant de choses à cacher mais ça la mettait quand même profondément mal à l'aise.
L'hôpital était sombre, à cause de l'absence d'électricité et des fenêtres minuscule, parmi lesquelles certaines était obstruées par des débris. La rouquine repensa instantanément à plusieurs films d'horreur qu'elle avait vus. Dans ces films la lumière aurait clignoté avant de s'éteindre alors qu'ils passaient en dessous, probablement. Là, ils plongeaient directement dans la gueule du loup, avec des lampes torches pour éclairer un peu leur chemin. Le plus effrayant était peut-être le calme, dans un endroit normalement assez bruyant ou au moins animé. L'odeur d'antiseptique qui semblait naturellement présente dans ces édifices avait presque disparu, mais elle se mélangeait maintenant à d'autres, ce qui rendait l'atmosphère encore plus étrange. Siobhán avait toujours détesté les hôpitaux. Il fallait bien dire qu'elle avait été virée de deux d'entre eux parce qu'ils refusaient de soigner une mutante, quand elle était plus jeune en Irlande, et que ça ne lui avait pas laissé une bonne impression. Et puis, il y avait sûrement deux ou trois cadavres dans le coin. Après tout, certains avaient sûrement fini coincés là, et sans soins, l'effectif avait dû se réduire naturellement petit à petit.

- On devrais se diriger vers les étages inférieurs. Je doute que, s’il y en a, les gens se soient cachés dans les étages du dessus, c’est plus dangereux.


Mark avait raison sur un plan stratégique : c'était l'endroit le moins risqué. Seulement, la seule chose qu'un sous sol d'hôpital évoquait à Sio c'était une morgue et ça ne l'enchantait pas vraiment. Sawyer avait déjà hoché la tête en signe d'assentiment, et l'Irlandaise se contenta d'un signe de main vers l'avant. Qu'ils avancent, elle les suivrait.
L'endroit semblait presque plus délabré à l'intérieur qu'à l'extérieur. Vu les piles de débris qu'ils faisaient bouger avec leurs bottes, ils faisaient un bruit monstre. Ça ne semblait pas inquiéter ses camarades mais l'idée d'un piège germait dans l'esprit de Siobhán : empiler des débris, ou les disperser au sol, pour forcer les éventuels visiteurs à faire du bruit et les surprendre. Elle ne dit rien, de peur de passer pour une paranoïaque, mais lorsqu'un coup de feu retentit elle sut que son idée, si elle n'était pas forcément vraie, n'était pas si absurde que cela.

- Ne tirez pas! Nous ne sommes pas là en ennemi, nous sommes venus vous avertir que l’armée risque de vous encercler prochainement!

Ils tenaient tous leurs armes en main, prêts à tirer, mais évidemment personne n'en avait véritablement l'intention. Il s'agissait surtout de ne pas passer pour des proies, et de se montrer assez persuasifs pour être entendus. Sinon ils risquaient de finir à la merci des occupants du lieu et ça ne faisait pas vraiment partie du plan.
Au bout de quelques minutes de silence après la déclaration de Sawyer, quelqu'un finit par apparaître en sortant de l'ombre. Une demoiselle, qui s'approcha doucement mais en tenant dans ses mains une arme. Elle avait l'air bien jeune pour tenir le poste de guet, et surtout très nerveuse. Sûrement avait-elle besoin de faire ses preuves vis à vis des autres membres de son équipe. Sio espérait juste que ce ne serait pas en les ramenant comme trophées.

- Vous êtes qui? J’vous ai jamais vus par ici! Pourquoi faire le chemin pour venir nous le dire? Je parie que c’est une embuscade !!


Mark gérait très bien ce genre de situations, et la rouquine préférait de loin le laisser faire. Elle n'avait pas un grand talent de négociation quand son interlocuteur avait plus de dix ans, chacun sa spécialité.

-Calmez-vous Cynthia. Je sais que vous craignez que ce soit une possibilité, mais nous ne voulons aucun mal à qui que ce soit. Pour le moment, nous avons un ennemi commun, et il s’agit de l’armée. Je suis certain que vous savez de quoi je parle.

- Comment tu sais mon nom?

Sawyer fit un pas vers elle, baissant son arme à son tour. L'archère lui aurait bien dit de ne pas le faire, que c'était une mauvaise idée, mais elle n'avait aucun moyen de le faire discrètement. La dénommée Cynthia, comprenant le stratagème de Mark, pourrait se montrer excessivement énervée contre eux.

- Nous sommes tous des mutants. D’un sens, nous sommes du même côté. Nous avons eu vent que l’armée préparait un coup contre l’hôpital. Ils savent que beaucoup de gens se cachent ici et leur but est tout simplement de tout raser. Si vous acceptez de quitter avec nous, vous pourriez les éviter.

«Nous sommes tous des mutants.[...] Nous sommes du même côté ». Cynthia était donc, d'après ce que Sio comprenait du discours de Sawyer, une mutante. Voilà une information à garder dans un coin de son crâne jusqu'à ce que toute la lumière soit faite sur les occupants de l'hôpital. Sio n'abaissa son arme que lorsqu'elle vit Cynthia faire de même, l'imitant sans la précéder ni la suivre, mais en prenant soin de le faire au même rythme pour ne pas l'inquiéter ni prendre de risque. Elle devait certainement se dire qu'ils lui auraient déjà réglé son compte si ça avait été leur but, et si elle se disait effectivement ça elle avait raison. Seulement ils avaient un but beaucoup plus altruiste que cela, pour le meilleur et pour le pire.
La jeune fille, toujours aussi nerveuse, sembla avoir du mal à prendre une décision. Elle finit néanmoins par choisir de leur faire un signe, leur indiquant d'avancer dans la voie qu'ils comptaient suivre avant cette rencontre.

- J’vais vous emmener voir notre chef. On a une grande pièce qui servait d’entrepôt en dessous, c’est notre base maintenant. Le seul problème c’est que même si c’est protégé, bah y’a pas vraiment de sortie, on doit remonter en haut.

Siobhán était rassurée de savoir qu'elle n'allait pas mettre les pieds dans une morgue, mais simplement dans un entrepôt. Voilà une information qui ne pouvait pas lui faire plus plaisir ! Elle avait bien conscience que ça pouvait paraître un peu ridicule, mais elle ne pouvait pas s'empêcher de penser ce genre de choses. Elle eut peur un instant que Mark ne s'en rende compte.
Sawyer s'arrêta brusquement au milieu du couloir Sio, qui marchait derrière, le dépassa sans trop s'inquiéter jusqu'à ce qu'il avance pour la rejoindre. Il avait l'air de prendre garde à ce qu'on ne l'entende pas, et Siobhán avança donc doucement en tendant l'oreille pour ne pas montrer aux autres qu'ils discutaient. Seulement Mark commençait déjà à parler de l'armée avec leur guide, et ça couvrait facilement leurs voix.

- Je pense qu’il y a quelque chose qui se cache plus loin dans le couloir mais il fait trop noir, la lumière ne se rend pas…

Sawyer avait l'air d'avoir entendu à nouveau le bruit.

 -Tu vois, je t’avais dis..! Je crois qu’on devrais aller voir avant de se faire prendre par surprise…


Sio n'avait rien entendu. Elle tendait l'oreille pourtant ! Il lui vint à l'esprit qu'il n'y avait peut-être rien, et que Sawyer croyait entendre quelque chose à cause de l'atmosphère du lieu qui était loin d'être rassurante. Seulement elle ne pouvait pas mettre en doute sa parole, surtout quand ça pouvait être un risque pour le groupe. Et puis, même s'il n'y avait rien, il ne serait certainement pas rassuré tant qu'ils n'auraient pas été vérifier. Et maintenant qu'il en parlait à Sio, elle ne se sentait pas si rassurée non plus.

-Ok, je vais voir. Attends là, Cynthia va croire qu'on lui fait un piège si on disparaît tous les deux.

Elle ignorait tout à fait volontairement le « on » dont avait parlé Sawyer. Il avait l'air nerveux, pas question de l'inquiéter encore plus en le faisant venir dans les recoins les plus obscurs de l'hôpital. Elle ne se disait pas une seconde qu'il pourrait être plus inquiet en la sachant toute seule. Elle ne pensait pas à ce genre de choses.
Pour être sûre qu'il ne lui viendrait pas à l'idée de la suivre, elle avait couru jusqu'au croisement des couloirs à l'aide de sa mutation et disparut donc du champ visuel du groupe à cause de l'obscurité. Ils devaient vaguement voir la lumière de sa torche éclairant ses pieds, jusqu'à ce qu'elle commence à s'avancer à la recherche du bruit.
Les premiers mètres elle n'entendit rien. Et puis un bruit, comme des pas dans les débris. Il devait sans doute y avoir quelqu'un d'autre. Quelqu'un en poste avec Cynthia, qui leur serait tombé dessus par derrière d'ici quelques minutes ? Possible, et dangereux. S'il arrivait derrière Sawyer et Mark, et les voyait descendre vers le chef de leur groupe sans voir Cynthia il croirait à une attaque. Et ce serait dangereux. Enfin, encore plus que maintenant.
Les bruits de pas s'étaient arrêtés. Il n'y avait plus que le bruit de Sio qui avançait, jusqu'à ce qu'elle entende une voix, sans comprendre ce qu'elle disait parce que le volume était trop faible. Génial, ça commençait vraiment à ressembler à un film d'horreur et ça lui plaisait moyennement. Heureusement elle en localisa bientôt la source, sa lumière éclaira une silhouette plus loin. De dos.
La personne remarqua évidemment l'éclairage, et tourna la tête. Une femme à l'allure bizarre, mais qui souriait d'un air sympathique. La main sur son pistolet Sio, s'approcha lentement.

-Bonjour,
commença la femme étrange.
-Euh, bonjour.

-Chuuut, chuuut

Siobhán s'approcha encore un peu, arrivant à la hauteur de la femme, qui lui faisait des signes étranges qu'elle ne comprenait pas.

-Baisse la lumière, le tigre mange !
-Quoi ?


Persuadée qu'il s'agissait d'une blague, ou au moins de quelque chose d'impossible, Sio s'approcha sans tenir compte de l'avertissement. Mais la lumière aveugla brusquement un animal qui bondit sur la rouquine. Évidemment celle-ci tomba sur le dos, coincée sous le poids d'un félin imposant. La femme étrange criait, d'une manière très étrange aussi. Et toute la scène faisait un boucan incroyable, elle allait ameuter tout le quartier si ça continuait.
La gueule de l'animal se trouvait bien trop proche de son visage à son goût, et elle ne réussit à s'extirper de cette douloureuse position qu'après de nombreux coups de genoux dans le ventre de l'animal, et un coup donné plus ou moins exprès avec son arc dans l'oeil du félin. Sio se redressa aussi vite qu'elle put, en pleine panique, totalement essoufflée par le poids de l'animal.
Les cris de la femme devinrent finalement compréhensibles.

Georges ! Georges ! On ne mange pas les gens vivants ! Seulement les morts on a dit !


Et soudain, l'animal devint un homme. Un métamorphe. Totalement nu. Allongé par terre, et qui avait lui-même du mal à respirer. Ainsi qu'un œil en mauvais état. Oups.
Heureusement que la femme avait été là, Sio n'était pas persuadée que le type aurait arrêté de la considérer comme son dîner sans cette intervention. Mais lorsqu'elle se retourna pour la remercier, la femme semblait être ailleurs. Elle regardait par terre, répétant qu'elle avait perdu ses clefs de voitures, et commentant tour à tour cette déclaration avec des intonations différentes. L'homme s'était roulé en boule, et semblait... Miauler. Génial. Elle avait dû atterrir dans la partie « psychiatrique » de l'établissement sans faire attention. Et ça ne lui plaisait pas vraiment. Heureusement, elle entendait des bruits de pas qui semblaient accourir dans sa direction. Ce devait être ses amis. Elle l'espérait. Elle s'appuya contre le mur pour reprendre sa respiration. Pitié, que ce soit ses amis. Elle n'aurait pas le courage de supporter encore une seule minute cette situation toute seule.

-Sawyer ? Sawyer c'est toi ? T'es là ? S'il te plaît dis moi que t'es là ?

Elle avait envie de pleurer, ne parvenait toujours pas à reprendre son souffle. Elle avait été prête à beaucoup de choses, mais pas à ça.Elle ne se rendait même pas encore compte qu'en bondissant sur elle, l'animal l'avait griffée
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Sawyer T. Davis

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MessageSujet: Re: Operation : Save the Day   Mer 15 Fév - 16:02

Tu tends le bras dans le but d’arrêter Siobhán, mais voilà qu’elle se trouve déjà loin de toi. Tu aurais pu y aller toi-même, mais tu préférais l’idée d’y aller ensembles. Il fait noir comme chez le diable et vos lampes torches, bien que fort utiles, n’éclairent pas assez pour vous épargner des mauvaises surprises. Cynthia et Mark se retournent et te regardent avec questionnement, et tu leur explique rapidement la situation en leur demandant de ne pas bouger jusqu’au retour de ton amie. Au bout de quelques instants, tu n’arrivas même plus à voir la lumière de la rouquine.

Les minutes semblent interminables et tu te demandes rapidement pourquoi Siobhán n’est toujours pas revenue, ou ne vous a pas envoyé un signal pour vous indiquer que tout va bien. Tu lèves donc ta lampe dans sa direction, sans toutefois la voir, et tu commences à marcher, les deux autres te suivant derrière. C’est à ce moment que tu entends un rugissement et des cris qui n’appartiennent certainement pas à l’archère. Sans vraiment vous consulter, votre petite équipe se met tout de suite à courir, le couloir clignotant sous les jets de lumière bougeant frénétiquement. Rapidement, tu commences à voir des choses devant toi et tu ralentis le pas en voyant finalement Siobhán, qui t’appelles désespérément.

- Oui c’est moi, les autres sont là aussi! Qu’est-ce qui se passe?!

Tu vois alors une scène assez étrange, et tu as besoin de quelques secondes pour assimiler que ce que tu vois est bien réel. Le dos contre le mur, la rouquine semble avoir le souffle court, et tu remarques rapidement des lacérations sur son épaule. Avant de paniquer, tu cherches la source de sa blessure, un animal quelconque à qui aurait pu appartenir le rugissement, mais tu ne vois qu’un homme maigre et nu en boule sur le sol en train de chigner comme un chat, près de… Non, tu ne rêves pas. Un peu plus loin, ton regard se pose sur un cadavre en décomposition mais surtout, qui semble avoir été à moitié dévoré. Finalement, une troisième personne attire ton attention, cachée dans la pénombre. Une femme, le dos tourné, qui marmonne des choses plus ou moins compréhensibles. Les pieds nus, elle porte toujours l’ensemble qu’elle devait porter à l’hôpital et tu n’arrives pas à voir son visage, caché derrière de longs cheveux noirs en bataille.

- Ah merde, Georges! T’avais été prévenu hein, si tu recommençais, on te virait dehors!

Vous regardez tous Cynthia d’un air interrogateur, sans trop comprendre ce qui est en train de se passer. Tu te diriges vers ton amie pour examiner sa plaie, qui doit impérativement être soignée. Tu n’oses pas imaginer toutes les bactéries présentes en ces lieux qui pourraient l’infecter. Tu la tire vers toi pour l’éloigner de cette scène étrange et la ramener vers Mark, demandant ensuite des explications à la jeune fille. Elle lève rapidement le nez, l’air dégoûté.

- Ils étaient là quand on est arrivés. Ils ont jamais voulu partir, je pense qu’ils se sont cachés ici pendant les évacuations. Normalement, on les aurais pas gardés mais comme ils font pas de problème… Le chef a voulu garder Georges parce qu’il se transforme en tigre et que ça pouvait être utile mais quand il a ses moments… On a beau lui donner à manger, il va fouiner pour gruger des cadavres. C’est dégueulasse. Et la femme c’est qu’une humaine, mais pas agressive. Elle est juste complètement folle et perdue alors elle vit sa vie et on lui donne à manger quand elle vient en demander.

Tu remarques rapidement la façon dont Cynthia mentionne qu’elle est humaine, mais tu n’en fais pas tout de suite de cas. L’important pour le moment c’est d’offrir des soins à la rouquine le plus rapidement possible, ce que la jeune propose de faire une fois que vous atteindrez leur QG principal. Alors que vous commencez à marcher, tu remarques que la femme vous colle aux talons. C’est d’ailleurs le bruit de ses pieds qui traînent sur le sol que tu as entendu un peu plus tôt.

- Tu te tiens tranquille si tu viens avec nous c’est clair? L’autre il va rester là un moment, mais va falloir qu’on se charge de lui…

Tu tiens ton amie par les épaules, essayant de t’éloigner de la femme bizarre. Pourtant, elle ne cesse de se rapprocher de toi, pour finalement saisir ton bras. Tu fais rapidement volte-face, l’éclairant en plein visage grâce à ta lampe de poche. C’est à ce moment qu’elle pousse les cheveux de son visage et te fait un sourire un peu dément.

- Toi tu as l’air plus gentil, donc je vais rester avec toi! Tu vas m’aider à trouver mes clés!

Ton sang se glace et tu te figes sur place. Tu l’observes même si tu voudrais regarder ailleurs et tu constates que, comme toujours, ses yeux te regardent sans pour autant savoir qui tu es. Tu as l’impression de basculer dans le vide et, sans vraiment le vouloir, tu prends appui sur Siobhán. Tu n’es pas venu depuis plusieurs années pour t’éviter l’humiliation et la tristesse d’être traité comme un inconnu par ta propre mère, et voilà que tu la rencontres en pleine guerre, errant comme un fantôme dans le sous-sol de l’hôpital psychiatrique.

- Hé, tu décolles! Tu restes derrière, c’est clair?

Pour une jeune fille qui semblait nerveuse quelques minutes auparavant, elle semble maintenant dans son élément. Ta mère baisse la tête, faisant la moue comme une enfant, et relâche ton bras. Tu ne bouges pas tout de suite et finalement, la gorge sèche, tu emboîtes le pas derrière Mark et Cynthia. Vous arrivez rapidement à une grosse porte qui semble être très lourde, et l’adolescente l’ouvre sans effort, expliquant votre venue aux hommes de l’autre côté. C’est d’un œil suspect qu’on vous laisse pénétrer dans la grande pièce, pleine à craquer d’inconnus. Décidément, vous venez de trouver la ruche, suffit maintenant de trouver la reine.

Celle-ci, ou plutôt celui-ci, trône au centre de la pièce, en train de discuter avec des hommes plus âgés. Tu presses Cynthia de leur demander de l’aide pour soigner la rouquine, ce qu’elle fait de ce pas. On la met donc de côté le temps de recevoir des soins alors que Mark et toi vous dirigez vers cet homme imposant qui inspire le respect et la peur.

- Je les ai trouvés en haut. Ils voulaient vous parler, pour avertir d’une attaque imminente.

Vous prenez le relais pour expliquer la situation, sous l’oreille attentive des gens présentes. Certains sont sceptiques mais semblent être convaincus que vous ne mentez pas pour la simple raison que vous possédez tous des pouvoirs. Parlant de pouvoirs, tu commences à être un peu submergé. Ça faisait longtemps que tu n’avais pas été en présence d’autant de mutants et tu demandes à t’asseoir pour reprendre tes esprits, expliquant ta situation. Tu n’oses pas avouer que tu es toujours ébranlé par la découverte de ta mère, que tu évites de regarder.

- Encore Georges! C’est la dernière offense. Vous là-bas, l’équipe de patrouille, vous savez quoi faire.

Ils quittent rapidement, armes à la main. Tu sais déjà ce qu’ils s’apprêtent à faire, mais il n’y a pas grand-chose que tu puisses faire. Tu remarques que vous êtes le premier groupe à être arrivé. Vous devez avoir eu de la chance, ou presque.

- Merci d’être venus nous avertir. Nous allons pouvoir nous préparer. Pas question de se sauver. Nous nous sommes tous réunis ici afin de combattre le calvaire imposé par les suprématistes humains! Voilà notre chance! Nous les attendrons de pied ferme et avec notre force surnaturelle, l’armée de ces sales humains ne pourra rien contre nous!

Des voix commencent à se faire entendre, validant ses propos, et tu commences à comprendre que s’ils sont de votre côté parce que vous êtes mutants, ils ne sont pas pour la paix entre les humains et les mutants. En voulant bien faire, vous vous êtes retrouvés dans le repaire de vrais rebelles qui souhaitent anéantir toute trace d’êtres ne possédant pas de pouvoirs.

- Il va falloir trouver quoi faire avec cette folle. Elle est restée ici et personne n’est venu la réclamer. Nous lui avons laissé des chances mais elle risque seulement d’être un boulet dans nos opérations. Sa disparition risque de passer inaperçue.

- Non.

Tout le monde se retourne vers toi, surpris. Bien qu’elle ne te reconnaisse plus et qu’elle souffre de maladies mentales, tu te rappelles d’une époque ou ta mère était présente et aimante. Mis à part le fait de ne pas se souvenir de toi, elle n’a jamais rien fait pour te blesser. Les poings serrés, tu répètes ce simple mot en te plaçant devant elle pour la protéger. Maintenant que votre devoir est fait, il est temps pour vous de rebrousser chemin.

- Je vais la prendre en charge.
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Siobhán A. O'Cahir
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MessageSujet: Re: Operation : Save the Day   Sam 13 Mai - 16:24


Oui c’est moi, les autres sont là aussi! Qu’est-ce qui se passe?!

Siobhán ne dit rien. C'était encore un peu trop confus, et puis elle n'était pas encore tout à fait certaine que ce qu'elle avait vu était bien réel. Elle avait déjà vu à Levram des métamorphes, elle savait que leur existence n'était pas à remettre en cause, mais la situation exacte dans laquelle elle se trouvait à présent lui semblait tellement improbable qu'elle n'était pas certaine qu'elle soit réelle. Cynthia lui donna cependant la confirmation qu'il ne s'agissait pas d'une hallucination.

 Ah merde, Georges! T’avais été prévenu hein, si tu recommençais, on te virait dehors!

Elle connaissait donc Georges. Mais la rouquine ne se pencha pas vraiment sur le « comment du pourquoi » de toute cette histoire, ce qui retenait son attention c'était plutôt Sawyer qui se rapprochait et qui commençait à examiner son épaule. Pourquoi son épaule ? Elle ne comprit que lorsqu'elle suivit son regard jusqu'à découvrir les lacérations causées pas les griffes de l'animal. Avec l'adrénaline elle n'avait rien senti, mais la douleur se réveillait petit à petit. Pour le moment elle ne sentait presque rien mais elle était persuadée qu'elle n'allait pas tarder à souffrir bien plus. Son ami – enfin plus tout à fait, certainement plus qu'ami mais il faudrait sans doute qu'ils en discutent ? - l'attira un peu plus loin, vers Mark. Oui, c'était bien, c'était mieux, c'était plus rassurant. Leur petit groupe était reformé, et Sio se promit de ne plus tenter le diable en partant seule à l'aventure. Elle se souvenait très nettement des cours de stratégie que sa mère lui avait dispensés, et du fait que partir seul était très mauvais. Elle devrait vraiment réfléchir plus longtemps et prendre le temps de repenser aux bons conseils donnés par ses parents. Mais il était trop tard, comme souvent.

-Ça va, ça va,
glissa-t-elle doucement, un peu distraite,à l'attention de Sawyer. Elle ne voulait plus qu'il s'inquiète, même s'il était vrai qu'il en avait toutes les raisons, et elle voulait écouter les explications de Cynthia.

- Ils étaient là quand on est arrivés. Ils ont jamais voulu partir, je pense qu’ils se sont cachés ici pendant les évacuations. Normalement, on les aurais pas gardés mais comme ils font pas de problème… Le chef a voulu garder Georges parce qu’il se transforme en tigre et que ça pouvait être utile mais quand il a ses moments… On a beau lui donner à manger, il va fouiner pour gruger des cadavres. C’est dégueulasse. Et la femme c’est qu’une humaine, mais pas agressive. Elle est juste complètement folle et perdue alors elle vit sa vie et on lui donne à manger quand elle vient en demander.


Siobhán eut soudainement un immense élan de pitié. Même à moitié folle, cette femme méritait mieux qu'une vie de mendiante, pieds nus, dans les débris d'un hôpital psychiatrique. Mais il n'y avait pas que ça, dans le discours de Cynthia. Il y avait aussi le « c'est qu'une humaine », qui frappait tout de suite Sio. Elle avait trop souvent entendu le «  c'est qu'une mutante » à son sujet, et savait très bien ce qui pouvait se cacher de vicieux derrière ce genre de tournures. Seulement, la douleur à son épaule se manifestait de plus en plus vivement, et elle ne se sentait pas vraiment de faire des remarques. Ils seraient sûrement bientôt partis de là de toute façon.
Ou peut-être pas si vite en fait, puisque leur « hôte » proposa gentiment de procéder aux premiers soins lorsqu'ils seraient au véritable Q.G. Voilà une offre qui ne pouvait pas être déclinée, déjà pour mener à bien la mission d'origine, mais aussi au vu de la saleté qui régnait par ici. Prendre le risque d'une infection n'aurait pas été la meilleure décision.
Mais la femme « simplement humaine » avait décidé de les suivre comme un petit chien, ce qui ne rassurait pas non plus particulièrement l'Irlandaise. Cependant, puisqu'elle lui avait sans doute sauvé la vie, elle ne fit aucune remarque, contrairement à Cynthia.

- Tu te tiens tranquille si tu viens avec nous c’est clair? L’autre il va rester là un moment, mais va falloir qu’on se charge de lui…

Siobhán se refusa à imaginer ce qui pouvait se cacher derrière l'idée de « se charger de lui ». C'était bien trop funeste. Elle tourna le regard vers Sawyer, mais la pensée funeste était toujours là, alimentée sans doute par la douleur lancinante de son épaule. Avait-il déjà tué quelqu'un ? Peut-être, à l'armée. Mais le moment était mal choisi pour en parler. Elle se rendait vaguement compte d'ailleurs, que le moment serait toujours mal choisi.
Alors autant en parler tout de suite. Et elle l'aurait vraiment fait, si Sawyer, qui la tenait par l'épaule, ne s'était pas retourné brusquement sans qu'elle sache pour quoi. Ses doigts avaient légèrement glissé dans la manœuvre, appuyant sur une des griffures de Sio qui porta rapidement la main à son épaule, comme si ça allait arranger quoi que ce soit. Elle réprima un grognement de douleur, souhaitant se faire discrète après sa mésaventure comme une enfant grondée après une bêtise. Et puis, elle remarqua vite que c'était la vieille femme qui avait forcé Sawyer à changer de position.

 Toi tu as l’air plus gentil, donc je vais rester avec toi! Tu vas m’aider à trouver mes clés!

Sawyer semblait tout à fait perdu, beaucoup trop par rapport à ce que cette simple affirmation aurait dû déclencher chez lui. Il s'appuya même un peu sur la rouquine, qui se mordit la lèvre pour se taire et ne pas reculer. Elle était à deux doigts de lui demander si ça allait quand Cynthia prit la parole à nouveau.

 Hé, tu décolles! Tu restes derrière, c’est clair?

La dame finit par lâcher le bras de Sawyer, qui mit tout de même quelques secondes à s'en remettre. Il ne semblait pourtant pas spécialement terrifié par la situation, ce qui rendait sa réaction tout à fait incompréhensible.

-Ça va ?

Mais il n'avait sûrement pas entendu, ou peut-être qu'un bruit avait masqué sa question. Heureusement, ils arrivèrent rapidement au Q.G. qu'ils auraient dû atteindre bien plus tôt sans cette... Erreur de parcours.
Cynthia annonça leur venue, mais évidemment tout le monde les voyait comme des intrus potentiellement dangereux. Mark devait certainement entendre des choses très intéressantes s'il se servait de son don, mais Sio était très loin de toutes ces considérations. Elle sentait son épaule, qui lui faisait mal et qui semblait presque battre à son propre rythme. Elle tentait de se déconnecter le plus possible de ce qui l'entourait, malgré le risque que ça pouvait représenter, pour échapper à la douleur. De toute façon, Sawyer avait certainement bien conscience du fait qu'elle ne leur serait pas très utile pour le moment, et si Mark sondait son esprit il n'y trouverait qu'un vide brumeux bien entretenu et entrecoupé par la douleur. Sio suivit tranquillement la personne qui la prit par l'épaule pour l'amener un peu plus loin, dans une zone manifestement réservée aux soins. La rouquine, une fois assise et ramenée à la réalité par les picotements du désinfectant, se décida à un peu d'observation. Autant tirer le plus d'informations de cet endroit, et des réserves à la disposition de cette organisation.

- Je les ai trouvés en haut. Ils voulaient vous parler, pour avertir d’une attaque imminente.

C'était la voix de Cynthia, mais de là où elle était Siobhán ne voyait rien. Elle ne pouvait qu'entendre ce qui se passait un peu plus loin. Ça ne lui plaisait pas trop, de se retrouver ainsi séparée de ses camarades d'opération, mais elle n'avait pas le choix. Pendant qu'elle percevait de loin les explications au sujet de leur présence, et qu'elle laissait un parfait inconnu lui bander l'épaule, elle observa un peu le recoin alloué aux soins sans rien noter de significatif, hormis qu'ils semblaient posséder de tout et en grande quantité. Ils avaient dû regrouper ici les ressources qu'ils avaient récupéré dans tout l'hôpital, et les cartons de médicaments formaient la barrière qui séparait Sio du centre de la salle.
Son observation piétina un moment, ses yeux se perdirent dans le vague, elle sentit comme une bouffée de chaleur, mais on lui dit finalement que c'était normal, que ça passerait, et que ça venait de l'anti-douleur qu'on lui avait donné.

- Encore Georges! C’est la dernière offense. Vous là-bas, l’équipe de patrouille, vous savez quoi faire.

Elle reconnut uniquement le nom de Georges, mais ne comprit pas vraiment de quoi il était question et ne se sentit pas de poser la question. Il y avait trop de bruit, parce que le gens autour d'elle commentaient tout et parlaient même d'autres choses. Sawyer le lui expliquerait certainement plus tard. Non ?

- Merci d’être venus nous avertir. Nous allons pouvoir nous préparer. Pas question de se sauver. Nous nous sommes tous réunis ici afin de combattre le calvaire imposé par les suprématistes humains! Voilà notre chance! Nous les attendrons de pied ferme et avec notre force surnaturelle, l’armée de ces sales humains ne pourra rien contre nous!

En comprenant que celui qui devait être le chef venait de parler, tout le monde se tut et ces paroles furent très claires. Siobhán comprit très bien de quoi il était question, et bondit sur ses pieds pour se rapprocher de ses amis. Quelqu'un la héla derrière, en lui disant qu'elle ne devrait pas s'agiter ainsi et plutôt se reposer, mais il n'insista pas vraiment en voyant qu'elle ne l'écoutait pas. Après tout elle n'était pas de la bande, et son état de santé importait finalement assez peu.

 Il va falloir trouver quoi faire avec cette folle. Elle est restée ici et personne n’est venu la réclamer. Nous lui avons laissé des chances mais elle risque seulement d’être un boulet dans nos opérations. Sa disparition risque de passer inaperçue.

Non.

Sio se frayait doucement un chemin pour rejoindre son ami. Son visage était blanchâtre, elle avait un peu la tête qui tournait, mais elle tenait à suivre la suite des événements au plus près. Elle comprenait tout à fait la réaction de son ami, et était elle-même tout à fait opposée à ce qu'il lui arrive quoi que ce soit. Cette femme, aussi folle et aussi humaine soit-elle, lui avait sauvé la vie. Et c'était le genre de choses que Siobhán n'oublierait jamais.

- Je vais la prendre en charge.

L'animosité du groupe face à cette proposition était évidente, et le mouvement de Sawyer pour protéger cette humaine, le poing serré en plus, n'adoucissait pas les visages des auditeurs. Il fallait retourner la situation à leur avantage et vite, parce que si ces mutants se rendaient compte qu'eux défendaient les humains, ils risquaient de ne pas pouvoir sortir vivant de ce repaire.
Sio se mit à côté de son ami.

-Ce qu'il veut dire, c'est qu'on va s'en charger nous-même.

Reprendre leur vocabulaire, voilà qui devrait leur plaire. Restait plus qu'à espérer que Sawyer allait saluer l'idée, et la suivre, parce que se disputer devant tout le monde n'allait pas apporter grand chose en crédibilité. Les visages semblaient déjà moins crispés mais Sio sentait qu'elle ne pouvait pas s'arrêter là.

-Vous m'avez sauvé la vie, le moins que je puisse faire est de vous débarrasser de cette charge en retour. Je...

Mark semblait avoir compris la stratégie, soit tout seul, soit en sondant les pensées de Sio (même s'il ne devait pas y avoir trouvé beaucoup de pensées organisées...). En tout cas, il devait penser que le blanc qu'elle laissait était trop long, et ça venait sûrement du fait qu'elle ne savait pas elle-même comment terminer cette phrase. Ou cette intervention entière. Il vint à la rescousse, laissant alors la rouquine retomber dans une espèce d'apathie facilitée par les médicaments.

-On va s'en occuper. Mais pour ça on va la faire sortir. Sa mort doit être un message pour tous les humains, quelque chose d'utile.

Les premières marques d'approbations naquirent dans la foule. Il ne restait qu'à attendre la décision finale, qui viendrait sans aucun doute du chef suprême de cette organisation. Sio se promit qu'un jour elle ferait la peau à ses gens. Plus jeune elle avait parfois songé à la suprématie des mutants sur les humains mais ça n'avait pas duré longtemps. C'était une erreur qu'on ne devait pas laisser perdurer.
Restait plus qu'à espérer que ces psychopathes ne souhaiteraient pas assister au dit message...
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Sawyer T. Davis

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MessageSujet: Re: Operation : Save the Day   Sam 13 Mai - 17:43

Tu serres les dents, préparé à passer à l’offensive si quelqu’un tente quoi que ce soit même si tu sais que tu n’aurais aucune chance face à ce grand groupe de personne. Même si la vie a fait en sorte que tu n’aies plus vraiment de mère malgré qu’elle soit encore en vie, tu ne vas certainement pas la laisser te la prendre d’une façon aussi horrible en plus, pas sans te battre.

Siobhán se joint soudainement à la conversation, elle qui se faisait soigner un peu plus loin. Elle n’est pas au courant que tu tentes de défendre ta mère mais tu sais cependant qu’elle ne va pas te remettre en question et qu’elle va se mettre de ton côté. De toute façon, jamais il n’a été question de tuer des innocents, ou de tuer qui que ce soit même, à moins que ce soit nécessaire.

Tu te retiens pour ne pas hausser un sourcil en entendant ses propos, faisant de ton mieux pour garder une expression neutre bien qu’elle soit dure. En entendant la suite et en voyant Mark faire un pas dans votre direction, tu comprends tout de suite l’idée derrière le stratagème. C’est d’ailleurs une bonne idée et tu espères que personne d’autre dans le coin n’a le pouvoir de lire dans ta tête ou dans celle des autres, car vous vendriez tout de suite la mèche. Le leader vous regarde à tour de rôle, les yeux plissés et les lèvres pincées, pour s’arrêter sur toi et te dévisager. Tu soutiens son regard, et une espèce de bataille silencieuse se déroule entre vous, dans le silence complet entrecoupé par quelques murmures.

- Nous devons faire nos preuves. J’ai l’impression que nous sommes sous-estimés.

Ton message est à double tranchant. D’un sens, ils croiront sûrement que vous tentez de faire vos preuves afin de rejoindre leur équipe et leur guerre contre la race humaine. De ton côté, tu lances un avertissement. Vous êtes peut-être plus petits en nombre, mais tu as vu ce dont les membres de ton équipe sont capables. Même si ton pouvoir n’est pas utile pour les opérations offensives, il te permet toutefois d’accumuler rapidement des informations. Peu de temps avant que tu ne doives quitter l’école, tu avais même commencé à étudier pour apprendre les meilleures techniques à utiliser contre certains pouvoirs et ainsi savoir comment prendre le dessus ou la façon de t’en sortir. Quelques instants plus tard, le leader te fait soudainement un sourire, suivit par un rire assez gras et satisfait.

- Hum, des jeunes gens avec bien du courage et de la motivation! Je peux voir dans vos yeux que vous avez du vécu malgré votre jeune âge. Soit, nous vous ferons cet honneur. C’est le rite de passage pour rejoindre nos rangs!

Cette déclaration te donne presque la nausée, et tu as envie de lui cracher au visage. Un rite de passage? Tuer une personne innocente qui n’a aucun moyen de se défendre face à une bande de mutants, pour prouver sa valeur? C’est à ton tour d’esquisser un sourire, qui n’a toutefois rien de rassurant et qui ne démontre aucune joie. Tu te dois de jouer le jeu jusqu’au bout et user d’insolence n’est probablement pas la meilleure technique, mais tu tentes le coup quand même.

- Si vos standards sont aussi bas, nous allons réussir sans problème. Tuer une personne qui n’a aucun moyen de se défendre n’a aucun mérite et est loin de prouver notre valeur. Cependant, c’est très utile pour faire passer un message ; que nous sommes assez cruels pour le faire et ne reculerons devant rien pour atteindre notre but.

Tu entends des voix s’élever. Certains sont indignés et insatisfaits de ton attitude, jugeant que tu ne devrais pas prendre de haut les techniques utilisées dans leur organisation, ni t’adresser de cette façon à leur chef. D’autres approuvent tes dires et sont un peu impressionnés par ton attitude. Tu dois probablement donner l’impression d’être le genre de soldat qui n’est pas ébranlé par le fait d’avoir du sang sur les mains, et qui est assez psychopathe pour ne ressentir aucune culpabilité. C’est loin d’être le cas, mais tu ne pouvais t’empêcher de lancer une réplique sarcastique pour leur faire comprendre que tu les considère comme le maillon faible de la chaîne. Tu devais toutefois te rattraper pour ne pas éveiller les soupçons. Pourtant, ton plan semble avoir fonctionné alors que le chef pose l’une de ses grandes et solides mains sur ton épaule, l’air amusé.

- Tu sembles avoir beaucoup de culot et de caractère. J’aime bien cela. Ceux qui avancent dans la vie sont ceux qui foncent, qui prennent ce qui leur est dû, et qui disent ce qu’ils pensent! Parfait, nous irons donc à la cour extérieure pour y assister.

Tu as un instant de panique profond. Ils ne doivent pas vous accompagner, car vous n’aurez pas de chance de vous enfuir. Tu dois réfléchir à un plan rapidement. Tu songes à faire comme si de rien était, et à envoyer Siobhán rassembler les autres équipes, comme elle est rapide. Faire diversion et prétendre que l’armée est déjà en mission éclaireur, vous laissant une ouverture pour prendre vos jambes à votre cou. Tu tournes la tête et tu vois Mark qui t’observe attentivement. Celui-ci te fait un signe affirmatif de la tête, pour approuver ton plan, et rejoint rapidement Siobhán en exprimant fortement qu’elle devrait rester derrière à cause de sa blessure. Il l’amène alors plus loin et lui explique rapidement le plan, assez bas pour que personne ne puisse entendre.

Rester derrière et partir à la recherche des groupes le plus rapidement possible pour que tous puissent se rejoindre au point de rencontre. Faire diversion et partir le plus rapidement possible, pour laisser l’occasion à Mark et toi de faire semblant que l’attaque est déjà débutée.

Il te rejoint rapidement, et tu n’as pas besoin de le regarder pour confirmer que le plan va bientôt être mit à exécution. Mais vous devez gagner du temps avant de rejoindre la cour. Monter quelques étages et sortir à l’extérieur ne va prendre que quelques minutes, mais vous avez besoin de plus de temps pour permettre à tout le monde de sortir de l’hôpital et de se retrouver au point de rencontre, dans la direction opposée de la cour.

- Sans vouloir être ingrat, surtout que vous avez aidé notre amie, est-ce que ce serait possible de nous offrir quelque chose à manger et à boire avant qu’on ne s’occupe de cette tâche? Nous avons fait un long chemin difficile à pied pour venir vous informer, et j’ai l’estomac dans les talons... Nous avons des alliés à l’autre bout de la ville qui seraient heureux de venir prêter main forte, donc nous allons devoir repartir le plus rapidement possible pour être de retour à temps.

Tu apprécies de plus en plus Mark. Sa rapidité d’esprit est très impressionnante. Tu sais qu’il n’est pas le meilleur combattant, mais il est définitivement un bon stratège. Et aussi, un très bon acteur. Personne ne pourrait se douter de ce qu’il a en tête. Vos hôtes acceptent avec joie. De toute façon, ta mère ne causera pas de problème et n’est rien de plus qu’une distraction pour eux. Tu espères que Siobhan est déjà partie. Vous risquez d’avoir au moins vingt minutes avant de vous trouver à l’extérieur pour l’exécution prévue, ce qui devrait être suffisant.
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Siobhán A. O'Cahir
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MessageSujet: Re: Operation : Save the Day   Dim 14 Mai - 15:31


Nous devons faire nos preuves. J’ai l’impression que nous sommes sous-estimés.

C'était très certainement le cas. Ou alors le chef ennemi considérait l'hypothèse d'une ruse et réfléchissait à la marche à suivre pour les démasquer totalement. Si c'était ça, ça ne pouvait qu'être porté à son crédit. Il avait raison. Et sinon... Il allait se faire embobiner bien comme il fallait, et tant mieux.
En tout cas, il finit par sourire et même par rire légèrement, sans que Siobhán ne sache vraiment si c'était sincère, et si c'était un bon signe.

- Hum, des jeunes gens avec bien du courage et de la motivation! Je peux voir dans vos yeux que vous avez du vécu malgré votre jeune âge. Soit, nous vous ferons cet honneur. C’est le rite de passage pour rejoindre nos rangs!

L'Irlandaise dut se retenir de lui cracher au visage, et remarqua que ça devait être la même chose pour Sawyer étant donné son expression. Elle n'avait pas envisagé de les rejoindre, pas une seule seconde, et tout ce qui se passait par ici lui inspirait le plus profond dégoût. Seulement elle ne savait pas quoi dire pour refuser sans se les mettre à dos. Ils risquaient de se mettre en colère et les réactions qu'ils pouvaient avoir seraient imprévisibles. Et dangereuses, puisqu'ils étaient beaucoup plus nombreux. Heureusement, Sawyer ne se laissait pas abattre et reprit la parole. Ça c'était un joli travail d'équipe, l'élaboration d'une stratégie commune en temps réelle et sans concertation préalable.

 Si vos standards sont aussi bas, nous allons réussir sans problème. Tuer une personne qui n’a aucun moyen de se défendre n’a aucun mérite et est loin de prouver notre valeur. Cependant, c’est très utile pour faire passer un message ; que nous sommes assez cruels pour le faire et ne reculerons devant rien pour atteindre notre but.

C'était à mis chemin entre l'insulte pure et simple envers les ennemis et l'analyse directe de ce qu'on leur demandait. Oui, cet exercice ne devait pas avoir d'autre but que de prouver leur cruauté, et une forme de loyauté à leur cause. C'était malin, le chef s'assurerait ainsi qu'ils ne défendaient effectivement pas les humains. Peut-être que si Sawyer s'était exprimé différemment dés le début, ils n'en seraient pas là... Mais tant pis. Il fallait faire avec. Ce qui avait surpris Sio au départ, c'était surtout qu'il ne refusait pas. Avait-il déjà une idée derrière la tête, ou souhaitait-il gagner du temps d'une manière ou d'une autre ? Aucune idée. Mais maintenant que ces mots étaient prononcés ils ne pouvaient pas revenir en arrière. Sio espérait que sa grimace passerait pour une grimace de douleur. Mais de toute façon personne ne la regardait vraiment, tout le monde autour semblait occupé à discuter à voix plus ou moins basse avec son voisin. Qu'allait-il advenir de ces trois combattants et de cette vieille folle ? Surprise. Néanmoins ce qui semblait susciter le plus de réactions était l'insolence de Sawyer, qui se permettait de faire des commentaires au sujet de la proposition du chef. Probablement très estimé, il ne devait pas avoir l'habitude qu'on discute ses ordres ou même qu'on ne l'écoute pas directement après un « oui monsieur ». L'atmosphère était de plus en plus tendue, et Siobhán se tenait sur ses gardes, prêtes à intervenir. Lorsqu'elle vit le chef approcher, et poser une main sur l'épaule de son ami, elle était prête à bondir au moindre signe suspect. Et face à sa rapidité, il n'avait clairement aucune chance. Bon, sauf en la prenant par surprise, mais là c'était impossible. Il n'était pas aussi surprenant que Georges. Le chef avait l'air plutôt amusé, sans doute prenait-il bien la remarque. Il ne fallait tout de même pas oublier qu'il pouvait lui aussi mentir, et les attaquer à tout moment.

 Tu sembles avoir beaucoup de culot et de caractère. J’aime bien cela. Ceux qui avancent dans la vie sont ceux qui foncent, qui prennent ce qui leur est dû, et qui disent ce qu’ils pensent! Parfait, nous irons donc à la cour extérieure pour y assister.

L'exercice se précisait donc. Enfin, l'usage du futur laissait un espoir : il n'y avait pas de délais précis. Ils pourraient peut-être s'échapper d'ici là ? Difficile mais pas impossible. Sio avala difficilement sa salive. Qu'est-ce qu'elle ne donnerait pas pour être tranquillement allongée dans un bon lit, en sécurité, et pour pouvoir dormir... Et dire qu'elle avait rêvé d'action toute sa vie ! Visiblement ce n'était pas si bien que ce qu'elle avait pu imaginer jusque là. La vie de trop de personnes, et en particulier la vie de personnes qui lui étaient chères, était en jeu.
Bon. Il fallait trouver rapidement une échappatoire. Alors que la rouquine était en pleine réflexion, Mark vint la trouver pour lui dire qu'elle ferait mieux de se reposer, ou du moins de rester en arrière, à cause de son épaule. Mark, si discret habituellement, parlait de manière à se faire entendre des personnes les plus proches tout en ayant l'air le plus naturel possible. Il fallait le connaître pour se rendre compte de la différence. Évidemment, pour la forme, Sio râla, s'inquiéta de son acceptation dans le groupe si elle ne participait pas directement à l'opération, mais finit par se rendre à l'évidence et par leur demander de régler cette affaire au plus vite comme s'il ne s'agissait que d'une vulgaire course comme ils en feraient dix par jour. Les gens se désintéressèrent, et Mark fit mine de l'accompagner dans un endroit plus calme où elle pourrait les attendre avant de retourner auprès de Sawyer.

 Sans vouloir être ingrat, surtout que vous avez aidé notre amie, est-ce que ce serait possible de nous offrir quelque chose à manger et à boire avant qu’on ne s’occupe de cette tâche? Nous avons fait un long chemin difficile à pied pour venir vous informer, et j’ai l’estomac dans les talons... Nous avons des alliés à l’autre bout de la ville qui seraient heureux de venir prêter main forte, donc nous allons devoir repartir le plus rapidement possible pour être de retour à temps. 

Mais Siobhán n'écoutait déjà plus. Il fallait qu'elle trouve un moyen de sortir discrètement prévenir les autres. Elle se glissa tranquillement vers la porte, fermée. Cependant la plupart des gens étaient absorbés par ce qui venait de se passer et personne ne faisait vraiment attention à elle. Elle prit une grande inspiration et se mit à remuer les doigts de plus en plus vite jusqu'à ce que le mouvement se fasse à vitesse normale. Normale pour Sio. Elle sortit tellement vite que le claquement de la porte aurait pu passer pour un courant d'air.
Maintenant il fallait surtout trouver les autres. Elle souvenait de la direction prise par Joe et son équipe au moment où ils s'étaient séparés, ils ne seraient pas difficiles à retrouver. Pour les autres... Elle avait bien suivi la théorie, au camp, mais elle était tellement sur les nerfs en partant qu'elle ne savait pas s'il y avait eu des modifications de dernières minutes. Tant pis. Pas le temps de réfléchir. Sio courait aussi vite qu'elle le pouvait, et ce n'était pas peu dire. Aucun champion de course humain n'aurait pu la rattraper, et certaines personnes peu attentives auraient tout simplement été incapables de la voir.
A n'importe quel instant la situation pouvait se retourner contre Sawyer et Mark. Il fallait également avouer que sa blessure la gênait, et que l'idée de se retrouver dans les couloirs seule à nouveau ne l'enchantait pas. Elle pouvait encore tomber sur Georges, ou sur l'équipe chargée de lui régler son compte. Elle s'en serait bien passé, et elle craignait en plus que le bâtiment ne renferme d'autres surprises désagréables...
Elle dut sortir du bâtiment pour retrouver Joe. Ils avaient choisi une autre entrée, mais suivre leur trace n'était pas difficile. Sio se souvenait très bien du plan et des explications de Joe, et le connaissant il n'avait rien modifié. Il aimait les choses bien faites, bien préparées et appliquées à la lettre.
Joe n'avait pas dévié de l'itinéraire prévu, c'était vrai. Il s’apprêtait en réalité à faire demi-tour, car la route qu'il pensait emprunter à travers le bâtiment avait été bloquée par l'écroulement d'un mur, et qu'après exploration de la zone il n'y avait aucun moyen d'atteindre l'autre côté. Ils furent tout à fait surpris d'apercevoir la rouquine, et donc forcément inquiets. Ils avaient bien raison. Mais elle parlait si vite, et leur laissait si peu de temps pour parler, qu'ils ne semblèrent pas vraiment remarquer sa blessure à l'épaule.

On a trouvé ceux qu'on cherchait, mais c'est un peu compliqué, mais c'est dangereux. Il faut organiser une diversion en fait. Y a Sawyer et Mark en bas, avec les gens, mais on a trouvé une femme un peu folle et ils veulent la tuer. Les gens hein, pas Sawyer et Mark ! Alors il faut qu'on l'aide à sortir. Mais les types sont contre les humains, et la dame est humaine, alors on a du faire croire qu'on allait la tuer pour eux, mais en la faisant sortir pour laisser un message. Sauf que maintenant les gens veulent que Sawyer et Mark la tuent dehors, et voir le message, pour les faire entrer dans leur bande de psychopathes anti-humains. Alors faut faire une diversion pour les disperser !

L'explication était compliquée à comprendre autant qu'à donner, surtout que Siobhán était encore très touchée par toute cette aventure et qu'elle était loin de garder son calme. Les deux hommes qui accompagnaient Joe semblaient avoir du mal à la comprendre, mais heureusement lui parvint finalement à reconstituer l'histoire.

-Combien de temps on a ?
-On a pas de temps. Faut faire ça vite ! Je sais pas quand ils vont sortir ! Là ils devaient manger, ou un truc comme ça, peut-être..

Joe donna des indications à Siobhán pour qu'elle puisse retrouver plus facilement les deux autres groupes. Après tout, il avait fait partie intégrante de la préparation de la stratégie. La rouquine repartit donc. Elle n'eut aucun mal à trouver les autres non plus grâce à l'aide de Joe, mais son explication fut au moins aussi confuse. Le résultat restait le même, et elle insistait lourdement là dessus : il fallait aider Sawyer et Mark à exfiltrer une dame un peu folle, en faisant diversion en faisant croire à l'attaque de l'armée qu'ils avaient annoncée. Elle leur transmis également le point de rassemblement indiqué par Joe, afin qu'ils puissent faire front ensemble. Il ne restait plus qu'à espérer que tout se passe bien et qu'ils aient assez de temps pour mettre le plan en œuvre.
Une fois cette mission accomplie, Sio n'eut pas d'autre choix que de retourner au Q.G. des antihumains. Si elle n'était pas présente au moment de « l’exécution », certaines personne se rappelant qu'ils étaient trois risqueraient de grincer des dents, même en sachant qu'elle devait « se reposer ».
Elle n'eut aucun mal à faire marche arrière et à rejoindre la grande salle qu'elle avait quitté un peu plus tôt. Elle n'eut aucun mal non plus à y rentrer, la porte n'était plus gardée pour le moment, comme lorsqu'elle était partie. Cependant la pièce était vide. Arrivait-elle trop tard ? Ses amis étaient-ils déjà en train de faire face à leur plan ? Ou peut-être étaient-ils aux alentours, encore en train de manger mais ailleurs ? Sio entreprit un rapide tour des lieux pour essayer de démêler la situation...
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Sawyer T. Davis

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MessageSujet: Re: Operation : Save the Day   Dim 14 Mai - 16:44

Tu n’as pas besoin de vérifier pour savoir que la rouquine s’est déjà éclipsée sans attirer l’attention. Tout le monde est bien plus intéressé par la mention de nourriture et de boisson que par une femme ayant besoin de se reposer et de récupérer après une attaque. On vous indique rapidement de prendre place à une table à pique-nique en bois un peu délabrée. Le repas n’est pas très copieux, mais tu ne t’attendais pas à grand-chose en temps de guerre. De toute façon, tu n’as pas vraiment faim et Mark non plus. Tout cela n’était qu’une diversion pour gagner du temps. Tu restes silencieux alors que ton coéquipier se charge de parler et de faire la discussion pour ne pas éveiller les soupçons. Il discute donc de vos plans une fois que vous aurez rapatrié tout le monde de votre campement pour venir prêter main forte, et indique que vous avez des munitions et atouts qui pourraient servir. Bien entendu, même si une partie de ses propos sont tirés de la vérité, la majorité n’est que du baratin. Pourtant, il ment si bien que personne ne semble s’en rendre compte.

Au bout d’un moment, vos écuelles sont vides, tout comme vos tasses. Vous avez mangé le plus lentement possible, mais ça n’a pas pris beaucoup de temps. Après tout, même s’ils ont accepté de partager avec vous, les portions étaient bien maigres. L’excitation commence finalement à se faire sentir dans la pièce, et tu comprends qu’il est l’heure d’aller vous donner en spectacle. Tu as l’impression de te retrouver plusieurs siècles auparavant, lorsque les exécutions publiques étaient barbares et source de divertissement pour les gens du village. Tu n’arrives pas à comprendre ce qu’ils ont bien pu vivre dans leur vie pour être aussi excités à l’idée de sacrifier une pauvre femme qui n’a rien fait de plus que de souffrir d’une maladie mentale et qui ne peut pas se défendre.

En tournant la tête pour regarder derrière, tu constates que Siobhán n’est toujours pas revenue, et ton estomac se retourne. Soit elle a décidé de rester avec eux, ou bien elle n’a pas terminé sa tâche. Tu veux vraiment miser sur la première option, mais tu n’as aucune garantie.

Vous prenez rapidement la direction du couloir par lequel vous êtes venus, et tu tiens ta mère par les épaules, l’air sérieux, pour la pousser devant toi en prenant soin de ne pas la faire tomber. Après tout, tu t’es interposé et tu as même fais preuve d’insolence en insultant vos pratiques et en insinuant que tu valais beaucoup plus que ça. Le groupe de mutants s’attend donc à ce que tu charges de tirer sur la gâchette au moment venu.

Quelques minutes plus tard, vous êtes aveuglés par la luminosité extérieure malgré la presque impossibilité de voir le bleu du ciel, bloqué par toute la poussière environnante. Ça pourrait jouer en votre faveur et faciliter votre suite. Un demi-cercle se forme autours de ta mère, Mark, et toi, impatient de voir la démonstration. Le chef s’avance et lève un bras pour faire taire tout le monde.

- Mes chers alliés! Aujourd’hui, nous avons la joie de voir nos rangs s’élargir. Après cette initiation, nous accueillerons non seulement de nouveaux membres, mais auront de quoi peindre la porte du bâtiment en avertissement à ceux osant nous défier!

Tu as l’impression de te trouver dans un vieux film de guerre basé sur des événements d’une autre époque, comme si tu étais un guerrier à en devenir devant prouver sa valeur devant le clan. Tu ne peux t’empêcher de te dire qu’ils se croient si avancés et supérieur alors qu’au final, ils te rappellent plutôt une bande d’hommes et de femmes primitifs qui ne pensent qu’avec leurs poings. Les minutes s’écoulent alors que le chef fait son discours habituel, et tu sens la sueur perler sur ton front. Les autres doivent faire quelque chose, et rapidement, car sinon...

Au même moment, une puissante détonation se fait entendre. Tu tournes la tête vers Mark, qui hoche la sienne une seule fois. C’est votre chance, et tu sais que les autres ont mis le plan à exécution. Une deuxième explosion fait vibrer le sol sous vos pieds, à l’extrême opposée de l’endroit où vous êtes situés. Tu t’avances, levant la voix pour parler le plus fort possible, faisant de ton mieux pour être un peu plus dramatique.

- L’armée! Les soldats doivent déjà être là!!

Personne n’a peur. Ils sont plutôt préparés à aller mettre une raclée à des opposants qui n’existent pas et rapidement, le chef tourne les talons sans se préoccuper d’autre chose, prêt à mener ses troupes vers la bataille. À travers le chaos et les explosions, plus personne ne porte attention à vous et tu sens soudainement une main se refermer sur ton poignet. Ta mère te tient solidement malgré son allure frêle, effrayée par les bruits assourdissants. Tu n’as pas le choix. Rapidement, tu la fais monter sur ton dos, laissant ton sac à Mark qui te suit de près, et vous disparaissez dans la poussière. Tu espères que ton amie est avec les autres. Si ça n’avait pas été le cas, elle vous aurait déjà rejoint.

Tu fais de ton mieux pour courir malgré la charge que tu portes, mais ta mère ne pèse pas grand-chose. Elle a toujours été petite et menue, mais sa maladie et son alimentation insuffisante l’ont transformée en sac d’os. Tu n’es plus surpris qu’elle ait eu l’air aussi effrayante dans le couloir. Elle ressemble vraiment à un fantôme.

Tu arrives à localiser rapidement le reste du groupe, qui a pris le temps d’aller dans la direction opposée aux explosions pour gagner du temps. Vous finissez par rejoindre le groupe et tu es soulagé de constater que la jeune femme se trouve parmi eux. Joe donne rapidement les indications et vous quittez enfin, tentant de vous éloigner le plus rapidement possible des cris de guerre s’élançant vers l’action qui n’existe pas vraiment.

La route est longue et tu commences à fatiguer, mais ta mère est fermement accrochée dans ton dos et tu ne crois pas qu’elle risque d’accepter de se faire transporter par qui que ce soit d’autre. Il est hors de question de la faire marcher, puisque ses pieds sont déjà en mauvais état et qu’elle risquerait de se blesser. Vous rejoignez finalement le QG sains et saufs, et personne ne manque à l’appel. Malheureusement, tu sais qu’une grosse guerre risque d’éclater, opposant toutefois deux ennemis qui valent mieux de disparaître pour le bien de la société. Tu ne verrais pas de problème à ce qu’ils se déciment tranquillement entre eux. Les deux groupes, selon toi, son des déchets et ne méritent pas d’être épargnés.

Épuisé, tu déposes ta mère par terre avant de te laisser tomber sur le sol. Tu as besoin de repos et tu es épuisé physiquement et émotionnellement. Kegan se lance tout de suite à votre rescousse avec l’intention d’offrir quelque chose de plus propre et confortable avec ce petit bout de femme perdu et s’arrête, perplexe, pour vous observer à tour de rôle.

- Ah... Nous l’avons trouvée là-bas. Ces types voulaient qu’on la sacrifie publiquement comme une espèce de rite de passage, et pour donner une leçon à la population anti-mutante. Des vrais fous, je peux t’assurer...

Mark vous laisse suite à cette explication, mais Kegan vous observe encore et commence à te rendre mal à l’aise. Il s’accroupit devant toi, les bras croisés.

- J’sais que tout le monde dit qu’on se ressemble entre asiatiques, mais là c’est flagrant. Tu la connais? Si tu mens j’vais le savoir de toute façon.

- Ouais... C’est ma mère.

Le silence tombe autours de vous alors que tout le monde ayant entendu se retourne pour vous regarder. Ta mère, de son côté, semble être intéressée par des papillons imaginaires qui volent autours d’elle. Dire ces mots te fait toujours du mal, car elle ne l’est plus vraiment, depuis longtemps. Son corps est celui qui t’a mis au monde, mais son esprit a depuis longtemps disparu. Sans l’avouer, tu as honte d’elle, de ce qu’elle est devenue, de dire que tu es sa progéniture. Tu sais ce que les gens voient, et ce qu’ils se disent. Qu’elle est complètement timbrée, qu’elle fait peur à regarder. Tu le sais, car tu te dis exactement la même chose, aussi horrible cela peut-il être. Tu lui fais signe de te laisser tranquille et de se charger d’elle, indiquant qu’elle a besoin de soin et de manger, et de s’assurer d’avoir des gens solides autours d’elle au cas où elle ferait l’une de ses crises. Tu as déjà assisté à une scène du genre, plusieurs fois, et ce n’était pas plaisant.
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Siobhán A. O'Cahir
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MessageSujet: Re: Operation : Save the Day   Lun 22 Mai - 15:58


- Mes chers alliés! Aujourd’hui, nous avons la joie de voir nos rangs s’élargir. Après cette initiation, nous accueillerons non seulement de nouveaux membres, mais auront de quoi peindre la porte du bâtiment en avertissement à ceux osant nous défier!

La voix de l'homme était si forte que tous pouvaient l'entendre, y compris les Rebelles. Siobhán était retournée auprès d'eux lorsqu'elle s'était rendu compte de sa solitude : elle avait pu leur dire qu'ils étaient donc déjà en retard. Cependant, ils n'avaient pas attendu son retour pour s'organiser, et même si le temps leur manquait ils allaient pouvoir tenter quelque chose.

-Il faut le viser lui, si on veut désorganiser le mouvement
, murmura Joe.

Ça faisait toujours bizarre de l'entendre, père de famille dévoué et tendre avec sa fille, prôner l'assassinat de sang froid d'un fanatique pro-mutants. Mais pour une fois Sio était d'accord. Ça devrait créer assez de panique pour faire fuir les autres, et en même temps désorganiser leur mouvement. Seulement il ne fallait pas se louper, ni se faire attraper.
La situation était tout à fait terrifiante, et en même temps surnaturelle. Qui aurait cru revoir ce genre de scènes ? Un demi-cercle d'êtres humains disposés à observer la mort d'une des leurs avec enthousiasme. Et à cause de quoi ? Une différence de gênes. Quelque chose d'invisible. Qui ici pouvait s'en rendre compte au premier abord ? Sawyer. Il était très probablement le seul, et pourtant il ne voulait pas sa mort. Ces gens étaient des barbares. Mais tuer le chef serait trop risqué, ils risquaient de le manquer.
L'unique élément qui tira Siobhán de sa fascination quasi morbide pour la scène en train de se dérouler fut un tir. Le signal. Il était temps de mettre le plan à exécution.
Le premier tir était un avertissement. Le deuxième, ayant pour origine Siobhán, avait pour objectif de créer la peur. Ils avaient mis en place des bonbonnes d'oxygène, destinées anciennement aux patients de l’hôpital, un peu partout, dans le but de provoquer des explosions en les prenant pour cible. La répartition permettait de tirer en priorité sur celles qui étaient les plus éloignées de la foule, puisqu'ils ne connaissaient rien de la répartition qu'ils prendraient, au moment de l'installation du piège.

 L’armée! Les soldats doivent déjà être là!!

Aucun des Rebelles n'entendit ce que disait Sawyer, le bruit de la foule recouvrait déjà tout. Cachés en hauteurs, sur le toit d'une partie de l’hôpital, leur objectif était de créer la panique sans se faire repérer, pour permettre à leurs amis de s'enfuir. Et de sauver la vieille dame aussi.
Seulement ce ne fut pas la panique qui se manifesta tout d'abord : les opposants étaient préparés à une éventuelle attaque. La bonne nouvelle était qu'ils semblaient avoir oublié jusqu'à l'existence de Sawyer, Mark, et de leur protégée. Joe donna le signal de fin : il tira sur une bonbonne assez proche d'autres matières explosives, afin de créer de petites explosions en chaîne, et tous les Rebelles partirent dans la direction opposée. Les pro-mutants étaient peut-être prêts au combat, mais ils n'avaient pas vraiment trouvé d'où venaient les tirs ni les explosions, et allaient probablement rester terrés chez eux pendant quelques temps avant de tenter quoi que ce soit de nouveau et de risqué. Comme une exécution en public à l'extérieur, par exemple.
Sawyer et Mark n'eurent pas de difficultés à rejoindre Sio et le reste du groupe. Ils avaient déjà l'habitude des manœuvres de l'équipe et de leurs stratégies, ils savaient sûrement par où aller. Après quelques indications de Joe sur la marche à suivre, le groupe au complet prit le chemin du Q.G.
Sio aurait bien proposé à Sawyer de prendre le relais et de porter la vieille dame : elle lui devait bien ça. Cependant son épaule recommençait à la lancer et à la faire souffrir maintenant que le médicament ne faisait plus effet, et il n'aurait pas été judicieux d'empirer sa blessure même en sachant qu'Emily s'en occuperait sûrement très bien. En plus, la femme semblait particulièrement attachée à Sawyer, et pas vraiment disposée à le lâcher. Etant donné son caractère... Etrange, il valait peut-être mieux ne pas la contrarier.
Le retour fut long, et surtout silencieux. Personne n'avait envie de plaisanter après ce qui venait de se passer, et les rues n'étaient pas sûres.
A peine rentrée, l'Irlandaise ne songea même pas à demander l'aide de la fille de Joe, elle se contenta de prendre la suite de Sawyer et de se laisser glisser à terre à côté de lui. Elle avait bien envie d'un câlin mais aucun de ses muscles ne semblait décidé à lui obéir pour parvenir à ce résultat, et elle resta donc immobile. Kegan regardait Sawyer un peu bizarrement, mais la rouquine était bien loin de le remarquer.

- Ah... Nous l’avons trouvée là-bas. Ces types voulaient qu’on la sacrifie publiquement comme une espèce de rite de passage, et pour donner une leçon à la population anti-mutante. Des vrais fous, je peux t’assurer...

Elle n'avait pas vraiment envie de revenir tout de suite sur cette histoire. Elle préférerait dormir tranquillement loin, très loin, en Irlande sûrement. Avec ses frères, ses parents, son chien, et Aslinn aussi. Qu'était devenu le pauvre chat ?
Kegan s'accroupit devant eux, et Siobhán lui adressa un regard interrogateur. Qu'est-ce qu'il voulait ?

 J’sais que tout le monde dit qu’on se ressemble entre asiatiques, mais là c’est flagrant. Tu la connais? Si tu mens j’vais le savoir de toute façon.


La rouquine tourna la tête vers la femme. Elle connaissait très bien le visage de son ami, mais elle n'était pas douée du tout pour voir les traits de ressemblance entre deux personnes. Sans Kegan elle serait passé totalement à côté. D'ailleurs, même en se forçant, elle ne voyait pas la moindre trace de ressemblance. Aucun talent.

- Ouais... C’est ma mère.

Quoi ? Sio n'osait même pas imaginer ce que son « ami » pouvait ressentir. Elle tenait réellement à ses parents, à sa famille, et elle n'hésiterait pas à sacrifier beaucoup pour eux. Elle n'imaginait pas l'état dans lequel elle plongerait si jamais l'un des membres de sa famille était en proie à une maladie semblable, un des rares ennemis conte lesquels on ne pouvait malheureusement pas grand chose. Et puis, elle elle savait que ses parents étaient en sécurité au loin. Sawyer avait vécu jusque là dans l'ignorance du destin de sa mère. Et le choc de la retrouver ainsi...
Ignorant tout à coup la douleur de son épaule, Sio ne tarda pas à prendre Sawyer dans ses bras. Elle avait toujours été quelqu'un de tactile, et elle espérait apporter plus de réconfort à son ami ainsi.

-Tu sais quoi ? Moi je la trouve déjà bien plus cool que ton oncle. Je suis sûre qu'elle doit être fière de toi, au fond.


Sio se disait que quelque part, cette femme devait bien se souvenir de lui. Même si c'était bien caché, même si ça ne remonterait à la surface que quelques secondes pour un regard, elle se souvenait forcément de lui. Et si ce n'était pas comme son fils, ce pourrait être comme un ami, un sauveur, quelqu'un de bienveillant, et ce serait déjà ça.
Ce n'était pas le genre de discussion que Sio avait prévu à l'origine. Elle aurait plutôt pensé à mettre quelques mots sur leur relation encore un peu ambiguë par certains aspects. Mais elle n'y pensait déjà plus.

-T'en fais pas, on va bien s'occuper d'elle, hein. J'y veillerai, je lui dois bien ça, elle m'a sauvé la vie quand même ! Je te promets, je prendrai soin d'elle.


La rouquine recula un peu son visage pour faire un petit sourire à Sawyer. Le plus dur était certainement passé pour sa mère, maintenant elle était avec des gens qui allaient s'occuper d'elle et pas la laisser sans ressources.

-Comment elle s'appelle ?
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Sawyer T. Davis

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MessageSujet: Re: Operation : Save the Day   Lun 22 Mai - 17:27

Tu sens la chaleur de Siobhán entrer dans ton espace, alors qu’elle se colle contre toi pour te prendre dans ses bras. Étrangement, tu n’as pas particulièrement envie de te faire réconforter. Tu as gardé ce secret durant des années, et tu souhaitais qu’il ne soit pas découvert. C’était plus facile tout simplement dire que tu étais orphelin, plutôt que de devoir expliquer que ta mère a complètement perdu la tête suite à l’assassinat de ton père, un super-héros possédant une grande réputation que tu as décidé de taire. Non pas parce que tu n’es pas fier de ses accomplissements, mais parce que tu n’as pas envie de te faire répéter qu’il est mort en accomplissant une tâche honorable, ou que les gens espèrent te voir marcher dans ses pas.

Tu sais que la rouquine tente de te remonter le moral, mais ses paroles ne font qu’empirer ton sentiment de mal-être. Tu sais très bien que non. Malgré tout ce que les gens peuvent croire, tu sais depuis longtemps que son esprit a quitté et qu’il n’y a plus aucune trace de ce qui était ta mère. Si elle a tendance à s’accrocher un peu plus à toi, c’est seulement par habitude. Quelque chose la pousse à le faire, mais le sentiment n’est jamais assez fort pour faire remonter des fragments de ses souvenirs à la surface. Au départ, les pertes de mémoires étaient plus ou moins fréquentes, et elle arrivait à se souvenir de toi durant ses meilleurs jours. Puis, les fois où elle ne t’a pas vu comme autre chose qu’un inconnu sont devenues assez rares. Durant ses quelques derniers moments de lucidité, toutefois, elle t’a fait part qu’elle avait conscience de la situation, et de ne plus te faire du mal en t’occupant d’elle. C’est donc ce que tu as fait.

Tout ce que ça te rappelle, c’est que la majorité de ta famille éloignée n’a aucune idée que tu te trouves dans une situation comme celle-là. Une bonne partie n’accepte pas que tu sois mutant. Tu n’as plus de père, ta mère est folle, et ton oncle ne t’a jamais apprécié, te prenant sous son aile simplement parce que tu n’avais personne d’autre pour le faire. Allongé sur le dos, tu poses un bras sur ton visage, pour tenter de le dissimuler. Après tout, plusieurs personnes vous regardent, attendant la suite. Tu trouves le comportement à la limite pervers. Personne n’aurait envie d’être le centre d’attention dans une situation pareille.

- Tomoko.

Celle-ci tourne la tête, reconnaissant son nom, et se pointe avec un grand sourire sale. Elle ne doit pas avoir pu se laver ou se brosser les dents depuis un certain moment à en juger par son apparence et ses cheveux te rappelant un nid d’oiseau. Fût un temps, elle avait l’air d’une femme totalement respectable. Elle accordait beaucoup d’importance à son apparence, et était très jolie, avec des yeux rieurs. Elle les possède toujours, mais les choses qui la font sourire sont maintenant invisibles aux yeux des autres. Elle a à peine une quarantaine d’années, t’ayant eu très jeune. Pourtant, tu vois une femme avec la tête grise, qui semble en avoir vingt de plus.

Tu sais que Kegan est toujours accroupis devant toi et qu’il te regarde. En fait, tu sens beaucoup de regards posés sur toi.

- Bon tout le monde, vous avez des choses à faire non? En gros c’est un message subtil pour vous dire d’être un peu respectueux et faire semblant que vous avez rien entendu!

Son approche n’est pas la meilleure et t’embarrasse un peu plus, mais a l’effet voulu. Tu es donc un peu reconnaissant envers lui. Tu sens sa main qui se pose sur ta cheville, pour te donner un peu de réconfort. Pour la première fois depuis longtemps, tu as des personnes qui s’en font pour toi et qui t’entourent dans les moments difficiles. Pourtant, tu trouves ça un peu étouffant. Tu as l’habitude d’être seul, et tu ne sais pas comment réagir. Les événements récents commencent à peser lourd, et tu sens ta gorge se serrée. Tu as du mal à respirer alors que l’angoisse s’emparer de toi. Tu sais une chose, et c’est que tu as besoin d’air. Tu te lèves d’un bond, repoussant ton amie au passage en sachant qu’elle risque d’être un peu incrédule, et tu prends la direction de la porte sans dire un mot. En quelques enjambées, tu te retrouves à l’extérieur de la pièce, seul, pour prendre une grande inspiration. Tu ne sens pas autre chose que la poussière mais au moins, tu ne partages pas l’air avec plusieurs personnes enfermées dans la même pièce.

Tu voudrais que Siobhán revienne mais fidèle à tes habitudes, tu l’as repoussée. Tu espères qu’elle sera fidèle aux siennes et qu’elle va te suivre malgré tout. Tes prières sont entendues et tu ressens rapidement sa présence à tes côtés. Tu gardes tes yeux fermés pour ne pas lui faire face, le dos posé contre le mur en béton.

- Je sais. J’ai dit que je n’avais pas de parents. C’est vrai, en partie. Mon père est mort il y a plusieurs années déjà. Il était un mutant, et plutôt connu. Il a été assassiné lors de ses fonctions. Je suis resté avec ma mère, mais... Les médecins m’ont dit, simplement, qu’elle se laissait consumer par le chagrin. La dépression est venue, puis la folie a pris la place, tranquillement... Elle s’en voulait mais elle n’arrivait pas à s’en sortir. J’ai habité au Japon durant plusieurs années pour finalement revenir, et elle a atteint un point de non-retour. Quand elle a commencé à avoir des épisodes violents et à ne plus se souvenir de moi, j’ai compris qu’elle ne pourrait jamais redevenir comme avant. J’ai donc été placé chez mon oncle, la seule personne qui restait dans mon entourage pouvant me prendre en charge. Mais je savais qu’il n’avait pas grand-chose à faire de moi. J’étais en colère, parce que leur organisation et le boulot qu’on impose aux mutants en général, celui de sauver tout le monde, m’ont fait perdre mon père et aussi ma mère. Et voilà que je me suis retrouvé à être forcé d’apprendre la même chose dans une école ou tout le monde perd sa liberté. Alors je me suis coupé du monde. Tout le monde a fini par m’abandonner, d’une façon ou d’une autre, alors je ne voulais pas laisser qui que ce soit approcher. Surtout que je ne contrôlais pas mon pouvoir, et c’était encore plus souffrant. Je ne voulais rien avoir à faire avec tout ça, alors je ne faisais pas d’effort. Mais tu connais déjà l’histoire à partir de là.

Tu ouvres finalement les yeux, qui sont luisants. Tu regardes au loin, essayant de contenir les larmes. Elles sont restées à l’intérieur depuis très longtemps. Tu ne te laissais jamais pleurer, réprimant tes émotions pour tenter de survivre. Et voilà que la guerre s’ajoute, la peur d’avoir perdu tes amis, les choses que tu as dû faire, la découverte de ta mère, affichant une partie de ton passé à tous... Tu as du mal à supporter toutes les informations négatives et les responsabilités qui pèsent sur tes épaules, mais tu sais que tu n’as pas le choix.

- J’ai toujours eu l’air de la personne sans émotion, qui montrait seulement sa colère. Mais je n’ai jamais appris comment exprimer le reste, et j’ai mentis pour éviter d’avoir à le faire. Je mens tout le temps. Je cache toujours comment je me sens. Sinon, je n’aurais pas survécu jusqu’ici. J’ai dû me faire une carapace pour que ce soit moins difficile à supporter. J’ai fait des choses Sio, sans savoir qu’elles n’étaient pas correctes. Mes mains sont tachées maintenant. Et elles vont l’être pour toujours. Mais je ne suis pas le seul, alors pourquoi est-ce que j’ai autant de mal à rester impassible?
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Siobhán A. O'Cahir
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MessageSujet: Re: Operation : Save the Day   Mar 23 Mai - 15:27


- Tomoko.

Siobhán était à des années lumières de ressentir la gêne de Sawyer. Elle ne comprenait pas vraiment le plaisir malsain que d'autres pouvaient ressentir à observer ainsi les gens qui souffrent, mais elle était loin d'éprouver toute l'ampleur du mal-être que ça provoquait habituellement chez le sujet de toute cette attention. Elle tourna juste la tête vers la mère du jeune homme, qui semblait avoir reconnu son prénom.

-C'est un joli nom. Assez différent de ce que j'avais l'habitude d'entendre chez moi, mais vraiment joli.


La rouquine ne savait pas si c'était ce compliment, ou juste le fait d'entendre son prénom, qui faisait maintenant sourire Tomoko. Elle paraissait négligée, ce qui n'était pas très étonnant : personne n'avait pu prendre soin d'elle récemment et avec sa maladie ce devait être le cadet de ses soucis. Malgré cela, Sio remarquait facilement qu'elle avait dû être très jolie auparavant. Avec de bons soins elle serait probablement charmante, en tout cas ses yeux avaient quelque chose d'espiègle et de particulièrement beau.

- Bon tout le monde, vous avez des choses à faire non? En gros c’est un message subtil pour vous dire d’être un peu respectueux et faire semblant que vous avez rien entendu!


Siobhán se demanda un instant si ce message si subtil lui était particulièrement adressé. Elle n'avait aucun talent en relation sociale conventionnelle, et elle aurait souvent aimé avoir un prompteur de ce genre pour lui dicter la marche à suivre. En tout cas, les autres n'hésitèrent pas et se dispersèrent assez rapidement.
Sawyer ne resta pas longtemps non plus à terre, au contraire il bondit en repoussant son « amie » et partit en direction de l'extérieur sans rien dire. Là, c'était un peu gênant. Sio n'avait aucune envie de le laisser seul, comme toujours, mais pour une fois elle se demandait ce que voulait réellement son ami et doutait de la technique à adopter. Enfin, elle conclut que sa présence n'avait jamais vraiment fait empirer les choses, et qu'au contraire ce n'était pas le moment d'abandonner Sawyer. Elle ne tarda pas à la rejoindre, franchissant les quelques mètres qui les séparaient avec détermination.
Lorsqu'elle arriva à l'extérieur, Sawyer ne sembla pas se soucier de sa présence. Il avait les yeux fermés, probablement parce qu'il ne voulait pas la voir, mais la rouquine se demandait bien à quoi il pensait, dos au mur.

- Je sais. J’ai dit que je n’avais pas de parents. C’est vrai, en partie. Mon père est mort il y a plusieurs années déjà. Il était un mutant, et plutôt connu. Il a été assassiné lors de ses fonctions. Je suis resté avec ma mère, mais... Les médecins m’ont dit, simplement, qu’elle se laissait consumer par le chagrin. La dépression est venue, puis la folie a pris la place, tranquillement... Elle s’en voulait mais elle n’arrivait pas à s’en sortir. J’ai habité au Japon durant plusieurs années pour finalement revenir, et elle a atteint un point de non-retour. Quand elle a commencé à avoir des épisodes violents et à ne plus se souvenir de moi, j’ai compris qu’elle ne pourrait jamais redevenir comme avant. J’ai donc été placé chez mon oncle, la seule personne qui restait dans mon entourage pouvant me prendre en charge. Mais je savais qu’il n’avait pas grand-chose à faire de moi. J’étais en colère, parce que leur organisation et le boulot qu’on impose aux mutants en général, celui de sauver tout le monde, m’ont fait perdre mon père et aussi ma mère. Et voilà que je me suis retrouvé à être forcé d’apprendre la même chose dans une école ou tout le monde perd sa liberté. Alors je me suis coupé du monde. Tout le monde a fini par m’abandonner, d’une façon ou d’une autre, alors je ne voulais pas laisser qui que ce soit approcher. Surtout que je ne contrôlais pas mon pouvoir, et c’était encore plus souffrant. Je ne voulais rien avoir à faire avec tout ça, alors je ne faisais pas d’effort. Mais tu connais déjà l’histoire à partir de là. 

Elle n'y avait même pas pensé. Oui, il avait menti. Il lui avait caché que sa mère était en vie. Mais quoi ? Pouvait-elle lui en vouloir ? Non, et surtout pas dans un moment pareil. Elle n'avait pensé qu'à l'aider, qu'à le soutenir, pas à lui reprocher un mensonge. Surtout qu'elle voyait très bien que, sans tout cette histoire, ça n'aurait finalement pas changé grand-chose. Sio comprenait également que Sawyer n'avait pas vu sa mère depuis très longtemps, et même qu'il n'avait probablement pas eu envie de la revoir du tout. Cette sortie lui renvoyait en pleine figure des choses qu'il avait sûrement bien enfouies et ce devait être difficile.
Elle aurait eu beaucoup de choses à dire rien que sur ce résumé des faits réels, mais il avait ouvert les yeux. On croirait qu'il voulait pleurer. L'Irlandaise réfléchit. Elle ne se souvenait pas de l'avoir déjà vu dans cet état, et il s'agissait bien d'une chose qui réussissait à lui couper la parole. En vérité, elle refrénait simplement l'envie de le serrer très fort dans ses bras, et se contenta de s'approcher pour se mettre à côté de lui et lui prendre doucement la main.

- J’ai toujours eu l’air de la personne sans émotion, qui montrait seulement sa colère. Mais je n’ai jamais appris comment exprimer le reste, et j’ai mentis pour éviter d’avoir à le faire. Je mens tout le temps. Je cache toujours comment je me sens. Sinon, je n’aurais pas survécu jusqu’ici. J’ai dû me faire une carapace pour que ce soit moins difficile à supporter. J’ai fait des choses Sio, sans savoir qu’elles n’étaient pas correctes. Mes mains sont tachées maintenant. Et elles vont l’être pour toujours. Mais je ne suis pas le seul, alors pourquoi est-ce que j’ai autant de mal à rester impassible?

Elle ne comprenait pas tout à fait où il voulait en venir avec ses mains tâchées. Elle, elle aurait utilisé ce genre d'expression pour parler d'avoir tué quelqu'un. Sawyer avait-il fait ça ? Quelles étaient donc ces « choses pas correctes » ? Faisait-il simplement référence à son mensonge ? Ses doutes ne l'empêchaient pas de répondre. Après tout, Sawyer avait posé une question, et il aurait été malvenu de la lui refuser dans un instant pareil.

Parce que t'es un être humain Sawyer ! Et en plus t'es quelqu'un de bien. C'est pas facile les regrets. Y a des moments où on fait des choses parce qu'on pense que c'est ce qu'il y a de mieux à faire, et on se rend compte seulement plus tard que c'était une très mauvaise idée, que ça a pu faire beaucoup de mal aux gens même parfois. Moi, j'essaie de me dire que si sur le moment je pouvais absolument pas me douter que c'était pas bien ou qu'il y avait mieux à faire, il faut que je me le pardonne. Et pour le reste, les choses où je pouvais me douter qu'il y aurait un problème, ou les choses où j'aurais pu faire mieux et où je le savais... Bah c'est compliqué ouais. Mais dans tous les cas, rester impassible c'est pas la solution ! Ça voudrait dire que tu ressens rien !

Elle serra un peu la main de son ami dans la sienne, et reprit en regardant le ciel. Elle repensait à sa mère. Abigail se moquait souvent de sa fille en prétendant qu'elle se fondait trop sur les intentions des gens, mais que rien dans la pratique ne pouvait prouver que ces intentions étaient bonnes ou mauvaises. C'était vrai, mais en étant honnête avec elle-même, Sio estimait au moins pouvoirs juger ses propres actions. Sa mère levait alors généralement les yeux au ciel en répondait que seul Dieu pourrait la juger. Siobhán n'avait jamais cru en quoi que ce soit au niveau religieux, ou en tout cas pas après ses dix ans. Elle ne comprenait pas vraiment comment sa mère, si brillante, pouvait faire pour se confier ainsi à un être invisible dont l'existence même était un mystère et sûrement un mensonge. Mais elle regardait le ciel, et elle se demandait bien ce qu'Abigail aurait dit à Sawyer.

-On a tous des stratégies pour éviter de faire face à ce genre de problèmes. Tu dis que toi t'as montré ta colère ou alors rien. Bah déjà je suis pas d'accord, parce que moi j'ai vu beaucoup d'autres sentiments chez toi, t'es pas juste un type à moitié en colère et à moitié blasé Sawyer. Et puis... Même si c'était vrai. Toi t'as la colère, moi j'ai le sourire. C'est encore plus facile de se cacher derrière un sourire, parce que les gens voient même pas qu'il y a un problème derrière. Alors que la colère, les gens cherchent la raison. Le sourire, ça pousse les gens à venir parler de leurs problèmes, mais pas des tiens : ils savent même pas que t'en as. Et pourtant, je pense pas que ce soit une bonne solution non plus. En fait, y a pas de solution.


Abigail n'aurait certainement pas dit ça. Mais Sio ne savait pas répondre autrement qu'avec ce qu'elle-même pensait être le plus vrai et le plus utile.

-Tu regardes tes mains, tu vois la tâche, et tu cherches à éviter d'en faire d'autres.

Elle se tut un moment. Elle, elle avait vraiment beaucoup de tâches, dont du sang sur les mains quand elle y repensait. Rien dont elle puisse être fière, parce que les bonnes choses laissaient beaucoup moins de traces que les mauvaises.

-Je sais que tu m'as menti, mais je t'assure je m'en fiche pas mal. T'as pas menti parce que tu me faisais pas confiance. T'as menti parce que la situation était compliquée, parce que la vérité m'apporterait rien, et je pense un peu aussi pour oublier tout ça. C'était plus simple. C'est pas bien. Mais je t'en veux pas.


Elle avait le sentiment de s'être peut-être un peu éloignée du sujet d'origine. Mais Sawyer saurait certainement la recadrer si ce n'était pas ça qu'il avait voulu dire. Et elle lui répondrait. Parce qu'elle l'aimait et qu'il comptait pour elle.
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Sawyer T. Davis

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MessageSujet: Re: Operation : Save the Day   Mer 24 Mai - 21:07

Un être humain... Apparemment, c'est bien ce que tu es, malgré le fait que beaucoup tentent de mettre les gens comme Siobhán et toi dans une catégorie à part. Les humains ''purs'', comme certains les appellent, mais aussi certains mutants, comme ceux que vous avez eu la malchance de croiser, s'entêtent à vous séparer en deux groupes. Pourtant, vous êtes tous pareils, à quelques différences près. Toute cette histoire n'est qu'une question de racisme engendré par la peur, et de soif de pouvoir. Mais malgré tout, vous êtes tous humains.

Tu l'écoutes en silence, sans rien ajouter de plus. Tu regrettes beaucoup de choses dans ta vie, malgré ton jeune âge. Certaines que tu as faites, et d'autres que tu as eu trop peur de faire. Des choses que tu as dites, ou que tu as préféré garder pour toi alors que tu n'aurais pas dû. Tu sais très bien que, même si tes choix laissent parfois à désirer, c'est pour une raison quelconque que tu as décidé de les faire. Tu sais aussi qu'il est trop tard et que le mal est fait. Pourtant, tu as du mal à t'en détacher, et à reprendre le dessus sur tes sentiments et sur la situation. Tu as souvent rêvé de pouvoir arrêter de ressentir quoi que ce soit. Durant un bon moment, la majorité de tes émotions étaient seulement négatives et douloureuses. Peine, colère, déception, et même un coeur brisé ont d'ailleurs certainement contribué à ce désir.

Tu la laisse rétablir un contact physique avec toi. Au final, ça te donne un certain réconfort. Tu te sentais simplement trop vulnérable à la vue de tous, étendu sur le plancher, comme si tu te laissais choir devant le désespoir. En l'écoutant, tu finis par te sentir obligé d'approuver ses paroles. Durant un bon moment, les gens ont effectivement cherché à savoir ce qui te mettais dans cet état. Mais au fil du temps, et à force de voir que la situation ne s'améliorait pas et que tu continuais de repousser tout le monde autours de toi, plus personne n'a essayé de savoir ce qui se cachait derrière ton désintérêt et ta frustration constante. Le résultat est un peu similaire à celui de Sio, songes-tu. À force de sourire et de prétendre que tout va bien, les gens ne cherchent plus à savoir si c'est la vérité ou pas. Tu prends une profonde inspiration avant de soupirer lentement et longuement.

- Je pensais que c'était plus simple. Je croyais que rester seul, c'était plus simple que tenter de contrôler mon pouvoir, de communiquer avec les autres, de partager mes émotions. Je pensais que tout garder pour moi et mentir sur mon passé m'éviterait les questions qui ouvriraient les plaies. Mais la vérité c'est que... Parce que j'ai refusé de faire tout ça, en pensant que ce serais plus facile, elles ne se sont jamais fermées.

Tu repenses à ta vie de famille brisée, au décès de ton père, à la folie de ta mère. Tu revois ta première relation amoureuse ratée qui t'a anéantis et enlevé l'envie de recommencer ou de tenter de faire confiance à quelqu'un. Tu arrives à revoir la scène de ton arrivée chez ton oncle, qui n'a pas montré une once de sympathie à ton égard mais qui a bien prit le temps de te faire une liste de tout ce que tu ne devais pas faire, dire, ou toucher. Si tu avais accepté de faire confiance aux bonnes personnes, plutôt que de te renfermer, ces épreuves auraient pu être moins difficiles. Mais voilà que tu as quelqu'un qui, depuis le début, malgré tes airs renfrognés et ton impolitesse, n'a jamais lâché prise ou abandonné. Cette idée te réconforte presque autant que la main fragile et pourtant solide qui s'accroche à la tienne.

- Tu sais... J'ai beaucoup réfléchis. J'ai eu du temps pour le faire. Je t'ai cherchée durant un bon moment, jusqu'à ce que j'arrive à sentir ta présence. Ç'a été un gros soulagement. Je me suis rendu compte qu'après les derniers mois, ne pas savoir où tu étais... J'étais perdu. J'ai tout fais pour élaborer mon plan et revenir te voir. Je me suis sentis coupable. Je n'aurais pas dû accepter d'y entrer quand ils t'ont refusée. J'aurais dû rester derrière, avec toi.

C'est bien la première fois que tu mets finalement en mots les choses que tu as ressenties durant les derniers mois. Tu sais que tu l'aimes; et tu sais qu'elle t'aime aussi. Tu sais aussi que tout le monde savait depuis longtemps, avant même que vous vous en rendiez compte. Pourtant, vous n'avez jamais parlé de la chose, ou de vos sentiments. Et à bien y repenser, cela aurait pu ne jamais arriver. L'un de vous deux aurait pu se faire tuer, et votre séparation la dernière fois aurait bien pu aussi être la dernière fois que vos chemins se croisaient. Malgré tout, tu as besoin de beaucoup de courage pour exprimer le fond de ta pensée, toi qui est en général assez secret lorsqu'il est question de tes émotions. Tu sens tes joues s'enflammer et tu serres sa main un peu plus, détournant les yeux pour regarder l'horizon qui, finalement, ne semble pas être bien loin avec toute cette poussière. Tu te sens comme un gamin qui essaie de faire sa déclaration. Pourtant, tu as une certaine expérience, mais le fait qu'elle soit plus vieille que toi n'aide certainement pas. Après tout, tu n'as aucune idée de ses expériences amoureuses passées.

- Tu... es spéciale. Je veux dire... Tu es toujours revenue me parler malgré tout. Et je sais que j'étais vraiment désagréable. Mais je me suis ouvert et j'ai tenté de nouvelles choses. Même si nous sommes très différents, je crois que ça apporte une certaine... balance..?

Tes mains sont moites, et tu déglutis difficilement. Même si tu ne la regarde pas, tu sens que son regard est fixé sur toi. Tu as fais partie de l'armée, vu et fait des choses qui demandaient beaucoup de courage et pourtant, exprimer tes sentiments te fais plus peur.

- Ce que je veux dire, c'est... Tu... voudrais que ce sois officiel? Je veux dire, je pourrais me tromper mais je ne crois pas que ce soit le cas, et le sujet n'a jamais été abordé, et je suis nul avec ce genre de choses.
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Siobhán A. O'Cahir
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MessageSujet: Re: Operation : Save the Day   Sam 10 Juin - 13:29


 Je pensais que c'était plus simple. Je croyais que rester seul, c'était plus simple que tenter de contrôler mon pouvoir, de communiquer avec les autres, de partager mes émotions. Je pensais que tout garder pour moi et mentir sur mon passé m'éviterait les questions qui ouvriraient les plaies. Mais la vérité c'est que... Parce que j'ai refusé de faire tout ça, en pensant que ce serais plus facile, elles ne se sont jamais fermées.

Siobhán écoutait attentivement ce que lui disait Sawyer. Il avait tout simplement fait l'inverse d'elle. Elle, elle avait sourit, elle avait fait comme si tout allait bien, et quand certains ont eu l'air de comprendre, elle avait parlé de tout avec désintérêt, comme si ça ne l'atteignait plus. Tout le monde était plus ou moins tombé dans le panneau, sauf Sawyer. Leur confiance était née de petites confessions mutuelles, surtout au départ, et ça avait sûrement été un bon début pour eux deux.

- Tu sais... J'ai beaucoup réfléchis. J'ai eu du temps pour le faire. Je t'ai cherchée durant un bon moment, jusqu'à ce que j'arrive à sentir ta présence. Ç'a été un gros soulagement. Je me suis rendu compte qu'après les derniers mois, ne pas savoir où tu étais... J'étais perdu. J'ai tout fais pour élaborer mon plan et revenir te voir. Je me suis sentis coupable. Je n'aurais pas dû accepter d'y entrer quand ils t'ont refusée. J'aurais dû rester derrière, avec toi.

Alors là, Sio n'était pas prête de le laisser dire ce genre de choses ! Il avait fait ce qui lui avait semblé être une bonne idée, et d'ailleurs elle avait été tout à fait d'accord lorsqu'ils avaient parlé de son entrée dans l'armée. Il n'avait pas pris cette décision sans connaître l'avis de la rouquine, et évidemment elle ne lui en voulait pas, même si elle ne savait pas vraiment si son avis avait eu un poids sur la décision finale. Et il n'était pas le seul à avoir cru qu'il allait mourir d'inquiétude. Elle aussi elle avait voulu le revoir, elle avait même laissé des indices dans la maison au cas où il reviendrait là et qu'elle ne s'y trouve plus. Savoir qu'ils avaient eu le même but pendant tout ce temps, même loin, même séparés et sans moyen de communiquer, avait quelque chose d'étrangement plaisant et rassurant. Ce n'était pas que le destin, c'était leurs deux volontés qui allaient dans le même sens.

-Dis pas n'importe quoi, on croyait tous les deux que l'armée allait nous sauver et que c'était la meilleure chose à faire. T'es coupable de rien du tout ! Mais toi aussi tu m'as manqué. Je t'ai pas cherché, je voulais pas d'ennuis avec l'armée, mais j'avais laissé des indices pour que tu me retrouves si tu passais à la maison, et j'ai écouté autant que j'ai pu la radio pour espérer entendre tout ce que je pourrais sur les opérations. Et les morts.

C'était un peu dur à dire, mais Sio avait réellement craint la mort de son ami. Elle avait vécu dans une sorte de flou qu'elle ne recommanderait à personne, se disant tous les jours de garder espoirs sans jamais trouver aucun signe. Sawyer avait serré sa main un peu plus fort. L'Irlandaise tourna la tête vers lui, comprenant ce geste comme un moyen d'attirer son attention, mais il avait détourné la tête.

- Tu... es spéciale. Je veux dire... Tu es toujours revenue me parler malgré tout. Et je sais que j'étais vraiment désagréable. Mais je me suis ouvert et j'ai tenté de nouvelles choses. Même si nous sommes très différents, je crois que ça apporte une certaine... balance..?

Il avait raison. Siobhán souriait. Ils avaient tendance à voir et faire les choses de manière très différente, mais c'était aussi cela qui faisait leur force. Comme à ce moment précis : Sio n'attendait qu'une chose, qu'il se retourne, mais il regardait obstinément ailleurs, et elle sentait sa main moite. Elle avait très envie aussi de répondre, de donner son avis, mais elle se mordit la lèvre pour ne rien dire. Elle ne voulait pas briser l'élan de Sawyer. Et à vrai dire, elle n'avait pas eu tant de jolies déclarations que ça...

- Ce que je veux dire, c'est... Tu... voudrais que ce sois officiel? Je veux dire, je pourrais me tromper mais je ne crois pas que ce soit le cas, et le sujet n'a jamais été abordé, et je suis nul avec ce genre de choses.


Elle ne perdit pas une minute pour parler, puisqu'elle attendait ça depuis un moment, en fait.

-Officiel ? Tu veux dire, l'annoncer aux autres ? Ou officiel... Entre nous ?

Elle ne voyait pas exactement où il voulait en venir, mais elle faisait pourtant ce qu'elle pouvait pour comprendre et ne pas se montrer trop stupide. Mais bon, il devait avoir l'habitude maintenant.

-Bah... Pour moi, c'est déjà... Je veux dire... Je t'aime. Et toi aussi, j'ai cru comprendre... Alors bah. On est ensemble ? Je pense pas que ça concerne grand monde à part nous, de toute façon.

Siobhán n'était pas gênée d'évoquer de manière directe ses sentiments. Elle voulait juste mettre un peu les choses au point, et hésitait vaguement sur le vocabulaire adéquat, voilà tout. Elle finit par rire un peu, et finit par reprendre.

-J'imagine que tu aurais préféré quelque chose de plus romantique, non ? Remarque, c'est pas trop tard encore...

La rouquine approcha son visage du cou de Sawyer, et y déposa un baiser.
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Sawyer T. Davis

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MessageSujet: Re: Operation : Save the Day   Mer 21 Juin - 14:18

Sa réponse subite te surprend un peu. Effectivement, tu voulais plutôt dire de rendre les choses claires et officielles entre vous deux, puisqu’aucun de vous n’a exprimé ses sentiments clairement. Tu sais déjà que personne dans votre entourage ne serais étonné de vous voir ensembles. Au contraire, beaucoup se demandent probablement comment c’est possible que vous ne soyez pas encore officiellement un couple. Tu ouvres la bouche en ayant l’intention de justifier un peu plus clairement, mais tu es devancé par la rouquine qui te fait une déclaration inattendue. Elle ne te surprend pas, mais finalement entendre ces mots de sa bouche te prend par surprise.

Tu sens le rouge te monter au visage. Ce n’est pas la première fois qu’une fille te dit qu’elle t’aime, mais c’est différent cette fois. Vous êtes tous les deux plus adultes, plus matures, et avez passé par beaucoup plus de choses dramatiques. Tu as du mal à tourner la tête pour lui faire face, embarrassé par ta réaction involontaire. Malgré ta certaine expérience et ton sang-froid lors de situations dangereuses, tu perds complètement tes moyens devant elle et tu as l’impression de redevenir un adolescent timide qui ne connaît pas grand-chose de la vie.

Tu sens alors ses lèvres dans ton cou et tu sursautes, surpris, en jetant un regard autours de toi pour être certain que personne n’est en train d’assister à la scène. Ton visage est particulièrement chaud et tu réalises que tu as cessé de respirer l’espace d’un instant. Tu dois vraiment te ressaisir. Tu n’as plus quinze ans, et tu ne souhaites pas que votre écart d’âge soit encore plus apparent.

Tu pivotes un peu sur place pour lui faire face, et tu fermes les bras autours d’elle pour la ramener contre toi. Même si vous étiez probablement déjà au courant des sentiments que vous ressentez l’un pour l’autre, le fait qu’ils soient maintenant clairs et définis risque de vous permettre de ne pas toujours vous retenir de peur de s’être fait de fausses idées. Siobhán n’a jamais été du genre à s’empêcher de faire quoi que ce soit, maintenant que tu y penses, mais toi oui.

- Non, ça me va. Après tout ce qui s’est passé, je n’ai pas besoin d’artifices pour rendre ça plus mémorable. Je suis juste heureux d’avoir pu te retrouver.

Même si tu n’as pas dit clairement que tu partageais tes sentiments, tu sais que c’est clair. Tu n’es pas encore rendu là dans ton cheminement, toi qui a tant de mal à laisser les autres s’attacher, ou à toi-même t’attacher à eux. Tu profites de l’instant pour dissimuler ta gêne. Au bout de quelques minutes, il est temps de rentrer. Vous avez beaucoup à faire et à prévoir et même si s’abandonner un instant à un moment d’affection n’est pas illégal, tu sais que tu ne dois pas prendre la situation à la légère. Les choses risquent de s’envenimer et rapidement, plus que tu ne l’imagines. Votre mascarade à l’hôpital abandonné vient de mettre de l’huile sur le feu et d’alimenter un problème qui ne devrait pas exister.
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