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 War is the answer

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Siobhán A. O'Cahir
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Date d'inscription : 18/05/2015

MessageSujet: War is the answer   Mar 2 Aoû - 12:03

Siobhán ramassa les quelques piles qu'elle venait de trouver dans un placard de la maison. Il était temps de préparer ses affaires et de partir, rester là ne lui apporterait rien. Quand la guerre avait éclatée, elle avait tenté de rentrer dans l'armée officielle, pour défendre les humains contre ces mutants avides de pouvoirs. Ça lui faisait penser à tous ces scénarii de films vus et revus, où les mutants étaient toujours les méchants et les humains les petits êtres fragiles à defendre. Elle-même avait souffert à cause des humains, jusqu'à récemment avec l'épisode Jackson, mais elle n'aurait pas hésité une seule seconde à se battre pour défendre l'idée d'un monde où mutants et humains pourraient s'entendre. Si seulement l'armée l'avait acceptée.
Sans diplômes, ayant des difficultés à lire, elle ne s'était pas faite trop d'illusions. Néanmoins elle s'était dit qu'ils auraient bien un poste, n'importe lequel, où elle aurait pu prouver sa valeur grâce l'entraînement intensif qu'elle avait suivi longtemps et qu'elle s'était ensuite infligé d'elle-même. Ça n'avait pas été le cas. Sawyer avait réussi à intégrer leurs rangs, elle l'avait félicité rapidement avant qu'ils ne se séparent. Sio se souvenait très bien de ce qu'elle aurait voulu lui dire, mais aucun mot n'était sorti de sa bouche à part qu'elle comptait sur lui et qu'il pourrait toujours compter sur elle. Des trucs bateaux. Elle aurait eu tellement de conseils à lui donner, plus utiles que ça! Les enseignements de son père ne portaient pas que sur la meilleure manière de mettre à terre ou de tuer, il y avait aussi des conseils beaucoup plus profonds qu'elle aurait voulu transmettre. Il était trop tard.
L'Irlandaise était rentrée à la maison. Écouter la radio, rationner ce qu'il restait de nourriture à l'annonce de l'impossibilité des ravitaillements... Pendant un temps elle avait appelé sa famille régulièrement pour les rassurer, mais le réseau avait fini par être coupé afin d'éviter "toute communication entre les groupes armés des mutants renégats " comme l'avait indiqué la radio. Aslinn était devenue sa seule compagnie.
Néanmoins il avait bien fallu sortir de là, se trouver à manger, prendre l'air. Le quartier n'était pas très éloigné du front, elle entendait de temps en temps les bruits de balles résonner. Mais ils ne semblaient pas de déplacer vers la maison.
Un jour alors qu'elle cherchait, armée de son arc, des planches dans une maison abandonnée par l'armée la veille elle était tombée sur un père et sa fille. Deux mutants qui racontaient défendre les humains. Ils étaient désarmés et cherchaient la même chose qu'elle pour barricader des fenêtres et tenter de résister un peu mieux aux bombardements, c'est tout naturellement qu'ils avaient fait équipe en décidant de partager leur butin en deux parts égales.
Quand elle était rentrée, Siobhán avait posé ses petites planches, arrachées à un vieux parquet, sous une fenêtre, et n'avait pas osé les clouer pour remplacer les vitres éclatées par le souffle des bombes. C'était un peu comme si ça empêcherait tout retour en arrière, à la normalité d'avant. Pourquoi rester là et se donner cette peine ?  Parce que Sawyer reviendrait peut-être ? C'était n'importe quoi. Il reviendrait à la fin de la guerre, pas avant, s'il revenait.
Partir ? Pour aller où?  Sio ne savait pas vraiment mais la maison était immense, bien trop grande pour elle seule, difficile à garder avec son grand nombre de fenêtres.
Elle avait entrepris des recherches, dans le quartier, pour trouver un autre QG. Sans succès. Elle avait juste réussi à se faire poursuivre par deux mutants qui visiblement ne lui voulaient pas du bien et avaient voulu lui tirer dessus. Les rues devenaient dangereuses, même de jour, parce que les gens craignaient pour leurs vie, pour leurs biens, et hésitaient de moins en moins à attaquer les premiers. La plupart des foyers américains étant armés, Sio n'avait pas fait preuve d'imprudence et n'avait pas cherché à empiéter sur la propriété de quiconque étant encore là. Ça n'avait pas suffit. Elle pensa à rester encore dans la maison, et attendre une meilleure occasion pour se délocaliser.
Et cette occasion était arrivée.
Elle entendait souvent à la radio les rebelles. Ils tenaient une des rares stations à émettre encore, et tentaient de recruter grâce à cela. L'idée de les rejoindre avait germé tranquillement dans son esprit depuis qu'ils disaient eux aussi défendre les humains et tenter d'appuyer l'armée régulière. Voilà une manière de se rendre utile et de rompre la solitude. Pourtant ce fut plutôt eux qui vinrent la rejoindre, un peu par hasard.
Le front c'était dangereusement rapproché de la maison alors qu'il avait semblé s'en éloigner jusque là, et un groupe formé de "rebelles" avait pris part aux combats. En tentant de se replier vers leur Quartier Général ils avaient été poursuivis dans leur retraite et s'étaient précipités dans la maison occupée par Sio en défonçant la porte. La rouquine s'était cachée, pour observer le petit groupe à son insu. Ceux-ci, bien qu'ils aient remarqué qu'une ou plusieurs personnes vivaient là, ne cherchèrent pas à s'approprier les provisions qu'ils auraient pu trouver. Ce qui poussa Siobhán à sortir de à cachette fut plutôt le fait qu'elle reconnut le père avec qui elle avait cherché des planches pour barricader les fenêtres.
Elle fit de son mieux pour aider ce groupe d'une dizaine de personnes en les installant dans la maison et en leur fournissant ce qu'elle put, tout le monde ayant décidé à lui faire confiance sur la foi du témoignage de Joe, le père de famille.
Sans attendre Sio leur fit part de son désir de les rejoindre. Encore éprouvée par le refus qu'elle avait subis à l'armée, elle n'hésita pas à insister lourdement sur sa motivation mais ce fut inutile: les rebelles acceptaient tout le monde, car ils considéraient que chacun avec des qualités utiles. Pour Siobhán c'était le combat, mais pour d'autre l'informatique, la construction, la connaissance des plantes comestibles dans ce qu'il restait des parcs... Tout ce que l'armée ne prenait pas toujours en compte mais qui permettait d'aider les civils, ou les combattants.
La rouquine n'eut qu'à montrer sa médaille de championne d'Europe de tir à l'arc, et à montrer des compétences de combat à mains nues pour être accueillie à bras ouverts parmi les Rebelles. Après plusieurs missions, elle fut même admise à rejoindre définitivement leur QG. La décision fut difficile. Sawyer lui manquait terriblement et s'éloigner définitivement de la maison c'était un peu comme renoncer à être retrouvée facilement si jamais il avait ne serait-ce qu'une journée de libre. Mais pourtant elle finit par se rendre à la raison : il n'était pas là, et elle serait plus en sécurité si elle n'était pas seule et dans un lieu un peu mieux préparé à la guerre. Elle ne partit cependant pas sans laisser d'indice. Il y avait un vieux pot de peinture grise qui avait dû servir du temps de Lawrence dans le placard. Et elle peignit sur la porte de sa chambre, en très jolies lettres qui faisaient penser à une véritable décoration plus qu'à un indice "rebelle". Sawyer saurait que ça n'avait jamais eu sa place ici avant. Elle prit même le soin de masquer la nouveauté de l'inscription à l'aide de terre, de poussière et en frottant aussi l'inscription sèche pour atténuer la vivacité des couleurs.
Elle avait maintenant le coeur plus léger à l'idée de partir, et ne se doutait pas que son "ancienne vie" reviendrait vite à rappeler à elle.
Les Rebelles voulaient qu'aidée par Joe elle aille tenter de recruter un "designer très connu " dont ils avaient trouvé le nom dans la liste des employés de Levram. Kegan. Il ne fallut pas 2 minutes à Sio pour déclarer que s'il n'avait pas déménagé elle savait où le trouver, au grand soulagement de tout le monde. Si elle le connaissait et qu'ils s'entendaient bien, ça faisait une chance en plus qu'il les rejoigne.
Ils étaient partis tôt le matin. L'appartement de Kegan était plutôt loin, mais dans une zone qui normalement était peu risquée. Siobhán avait tout de même emporté son arc et Joe un pistolet, au cas où. Il ne fallait pas que, trop armés, ils effraient Kegan, mais il ne fallait pas non plus qu'ils se mettent trop en danger.
Ils passèrent par la maison, où Siobhán était entrée seule. Et maintenant, avec ses dernières acquisitions, quelques piles, il fut temps de se rendre chez Kegan. Plus le temps de penser au passé.
Le trajet fut long, parce que l'enjeu était de taille. Avoir Kegan de leur côté, ce serait une chance inouïe. Mais plus elle réfléchissait plus Sio se rendait compte qu'elle ne connaissait rien de l'opinion de Kegan sur les humains. Elle savait uniquement qu'elle ne l'imaginait pas une seule seconde sur le terrain. Se pouvait-il qu'il ait rejoins l'armée? Ou les mutants qui avaient lancé la guerre ? C'était difficile à croire mais rien ne le portait plus à aider les rebelles qu'à aider les mutants finalement. C'était ce que de disait Sio en montant tous les escaliers qui permettaient d'atteindre le dernier étage de l'immeuble où il vivait. Avant la guerre en tout cas. Elle n'avait rien dit à Joe de ses craintes, mais il semblait aussi tendu qu'elle. Qu'allaient-ils trouver là dedans ?
Joe frappa à la porte, pendant que Siobhán scrutait les escaliers afin d'éviter de tomber dans un piège. La demoiselle n'attendit pas que Kegan ouvre. Personne n'ouvrirait dans ses conditions sans entendre au moins une voix familière.

 - Kegan ? C'est Siobhán et un ami ! Ouvre s'il te plaît!
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Kegan Liu
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MessageSujet: Re: War is the answer   Lun 15 Aoû - 22:55

C'est le gros bordel. Enfin, c'est le gros bordel partout sauf dans mon appartement. Je me suis assuré que le bâtiment reste bien solide pour éviter de mourir écrasé par accident. Je vous jure, mes murs sont blindés et surtout, ils me protègent des sons extérieurs. C'est la guerre depuis plusieurs semaines déjà. Honnêtement, je ne sais pas trop ce qui se passe. Je n'ai plus la télé, ni internet d'ailleurs, parce que tout a été coupé. Au moins, j'ai une génératrice. Ça me permets de regarder des vieux films et réchauffer mes repas congelés. J'aime mieux les trucs frais mais dans les temps de guerre, on fais avec ce qu'on a.

Pourquoi je me suis enfermé tout seul dans mon château? Bah, parce que je suis beaucoup plus confortable ici qu'à déambuler dans les rues en attendant d'être sauvé. Ici, personne ne me dérange ou n'essaie de me faire du mal. L'immeuble a l'air délabré de l'extérieur de toute façon. Oh, j'ai bien quelques personnes qui ont essayé de forcer ma porte pour s'emparer de tout ce qui traîne, mais j'ai appris à faire des verrous qui sont assez difficiles à briser quand on a pas le matériel nécessaire. Je ne laisse personne toucher à mes bébés.

Bref, en ce jour grisâtre, je ne sais pas encore ce qui se passe. J'ai décidé de lire un bouquin en attendant mon café, avec un hamac suspendu au plafond pour l'occasion. J'entends des explosions à l'extérieur, mais je ne peux pas faire grand chose. Je ne suis pas un combattant, moi, j'arrive à peine à sauver mes propres fesses, alors imaginez essayer de sauver tout le monde. Autant rester ici, bien au chaud. Bon, il fait un peu trop chaud sans la climatisation.

J'étais là à siroter ma boisson chaude sans rien demander à personne et surprise, on cogne à ma porte. Moi qui pensais qu'on me ficherais enfin la paix. S'ils pensent que je vais ouvrir, ils peuvent bien se mettre un doigt dans l'oeil. Je me lève quand même parce que je suis curieux, et parce que je veux savoir ce qu'ils ont l'intention de faire. Pas que leur plan ait un risque de réussir, mais on ne sais jamais. Je marche vers la porte quand j'entends soudainement un timbre de voix familier. Nooooon, est-ce que ce serais..?

- Ah bah Siobhàn!! T'es en vie! Qu'est-ce que tu fais ici? Entrez avant de vous faire tirer par surprise.

Je lance un regard suspicieux avant d'ouvrir rapidement la porte et de les tirer à l'intérieur. Je la verrouille ensuite en m'assurant que tout soit okay, et je soupire de soulagement. Maintenant je me sens mieux. Je regarde la rouquine de haut en bas, et elle a l'air dans un sale état. Tout comme son partenaire, d'ailleurs.

- On se connais pas, si? Kegan Liu, enchanté.

Je lui serre rapidement la main, mais il est particulièrement sale. Je ne me gêne pas pour m'essuyer sur un torchon qui traîne pas très loin.

- Vous avez l'air assez mal en point tous les deux, allez tirez vous une bûche et asseyez vous pendant que je vous réchauffe un truc à bouffer. Je parie que vous n'avez rien mangé de consistant depuis un moment.

Je sors deux trois machins du congélateur et je les mets à réchauffer. Je me demande vraiment qu'est-ce qu'elle fait là. Elle s'inquiétait pour moi? Ou peut-être qu'elle est venue me sauver? Je ricane dans mon coin. Non, je doute que ce sois la raison de sa venue.

- Donc, qu'est-ce que je peux faire pour vous? Pour que tu viennes me chercher jusqu'en haut de ma tour comme ça, il doit y avoir une raison. D'ailleurs, il est où mon petit Sawyer? Ça fais longtemps que j'ai pas entendu parlé de lui, j'espère qu'il va bien?

Ça ne me prend pas beaucoup de temps pour comprendre que quelque chose cloche et que si Sawyer n'est pas avec Siobhàn, alors qu'ils sont inséparables, c'est que quelque chose d'important s'est produit. Je deviens alors sérieux. Plus de place pour les plaisanteries.
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Siobhán A. O'Cahir
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MessageSujet: Re: War is the answer   Mar 16 Aoû - 12:56


- Ah bah Siobhàn!! T'es en vie! Qu'est-ce que tu fais ici? Entrez avant de vous faire tirer par surprise.

Et lui aussi était vivant, c'était plutôt ça la nouvelle incroyable. Siobhán avait toujours été préparée à une guerre, mais Kegan? D'après ce que Sio savait de lui ce n'était pas son genre... D'un autre côté, il avait toutes les cartes en main pour se défendre et vivre barricadé tranquillement chez lui. Voilà qui, effectivement, augmentait son espérance de vie de beaucoup par rapport à la rouquine.
Le plus important était surtout que Kegan avait ouvert la porte, et que Sio et Joe (ça rime! ) avaient pu entrer. Ouf. Siobhán savait qu'ils seraient en sécurité ici, elle faisait confiance à son ami et ancien collègue pour ça.
Ça faisait longtemps qu'ils ne s'étaient pas vus. La rouquine vit clairement son ami la dévisager, de la tête aux pieds, et il s'en suivit un moment gênant d'observation réciproque. Siobhán n'avait jamais été du genre ronde, et même si tout le sport qu'elle pratiquait quotidiennement l'avait musclée il fallait avouer qu'elle avait toujours été plutôt maigre. Avec le manque de nourriture de ces derniers temps et l'activité physique encore plus intense, la demoiselle avait logiquement maigri ce qui donnait l'impression qu'elle n'avait plus que la peau sur les os. Rajoutez à cela la poussière ambiante, impossible à faire fuir en ces temps de guerre, de bombardements, et d'écroulements de murs, en guise de maquillage, ainsi que les tenues de militaire et les armes...
Kegan avait moins changé lui. Il avait toujours été attentif à son style, et ça n'étonnait pas tellement la rebelle qu'il ait continué surtout quand on connaissait son Don. S'il avait maigri, ses vêtements ne le laissait pas trop voir, et avec son appartement toujours nickel il donnait l'impression d'habiter un espace intact, à l'écart de la guerre, presque un monde parallèle. Si Siobhán était surprise, alors qu'elle connaissait le potentiel de son ami, Joe avait l'air émerveillé. Il était clair en voyant son visage qu'il avait déjà érigé mentalement Kegan au rang de demi-Dieu indispensable aux rebelles.

-On se connais pas, si? Kegan Liu, enchanté.

Joe serra la main de Kegan rapidement, il n'était pas du genre à perdre du temps. On ne s'y attendait pas en le voyant, parce qu'il avait généralement un regard doux et tranquille, en particulier envers sa fille. Mais en réalité il avait érigé l'efficacité au rang de science et de mode de vie, ce qui n'était pas pour déplaire à Siobhán qui aimait particulièrement sa compagnie.

- Joe Teller.

Il lança un regard surpris en direction de Kegan qui s'essuyait la main sur un torchon, trouvant ça plutôt mal poli, mais il ne dit rien après avoir croisé le regard de sa camarade qui semblait lui indiquer de ne pas s'en faire. Ce type avait l'air tout à fait surprenant.

- Vous avez l'air assez mal en point tous les deux, allez tirez vous une bûche et asseyez vous pendant que je vous réchauffe un truc à bouffer. Je parie que vous n'avez rien mangé de consistant depuis un moment. 

Joe et Siobhán allaient faire des jaloux quand ils allaient annoncer en rentrant au QG qu'ils avaient eu à manger ! Ils n'en attendaient pas tant de la part de leur hôte, tout ce qu'ils voulaient c'était surtout une discussion sérieuse, et qu'il les rejoigne dans le meilleur des cas de figure. Néanmoins de la nourriture ne se refusait pas en ces temps difficiles, et les deux rebelles s'installèrent comme Kegan le leur avait indiqué. Et surtout sans faire remarquer que ce n'était pas très gentil de leur dire qu'ils n'avaient pas l'air en forme, puisque à toute façon ils avaient conscience que Kegan avait raison.

- Merci Kegan.

Voilà qui changeait bien de la bavarde rouquine qu'il devait avoir en mémoire, mais il fallait dire que ce n'était vraiment pas le moment. Elle attendait, tout comme Joe, qu'il se joigne à eux pour entamer les choses sérieuses. Le recrutement.

- Donc, qu'est-ce que je peux faire pour vous? Pour que tu viennes me chercher jusqu'en haut de ma tour comme ça, il doit y avoir une raison. D'ailleurs, il est où mon petit Sawyer? Ça fais longtemps que j'ai pas entendu parlé de lui, j'espère qu'il va bien?

- Je sais pas.

Il avait réussi, en deux phrases à peine, à lui mettre les larmes aux yeux. Il ne pouvait pas savoir effectivement. Mais qu'est ce que ça faisait mal. Il manquait terriblement à Sio, et elle n'avait pas reçu la moindre nouvelle depuis son engagement dans l'armée. Avait-il au moins essayé de la joindre ? Aucune idée. Joe venait de poser sa main sur l'épaule de la rouquine, il la connaissait assez pour savoir qu'elle était plus facilement réconfortée par le contact physique que par les mots seuls.

- Qui est Sawyer ? Le jeune homme dont tu m'as parlé, ou ton petit ami peut-être?


Mais Sio ne lui répondit pas, elle répondit à Kegan en sachant que Joe tirerait les conclusions lui même.

- Il s'est engagé dans l'armée mais moi ils m'ont pas prise. J'ai pas de nouvelles depuis. Il doit être très occupé j'imagine.

S'en suivit un silence gênant, que Joe décida de briser. Il prit la parole d'une voix calme, posée, celle d'un homme qui sait ce qu'il veut mais qui sait aussi écouter. Ça avait toujours impressionné Sio depuis qu'elle le connaissait. Mais elle, elle se contentait de jouer avec une de ses flèches en regardant le plancher, le temps de faire refluer ses larmes et de reprendre contenance.

- Vous avez raison, nous ne sommes pas venus ici sans raison, en vérité nous faisons partis d'un groupe de rebelles qui a pour but de défendre les civils ainsi que de prêter main forte à l'armée régulière. Nous sommes principalement des mutants mais tout le monde est le bienvenu. Nous ne faisons pas que combattre, nous aidons à la construction d'abris, à la recherche de nourriture, à la surveillance pour éviter le développement de groupes de type mafia...


Il laissa planer le silence quelques secondes, le temps de laisser Kegan digérer toutes ces informations.

- Pour être tout à fait honnête, nous avons retrouvé des registres de Levram où il était fait mention de vous, et je ne vous cache pas que vous seriez un appui de taille pour notre organisation.


Siobhán releva la tête et rangea sa flèche dans son carquois.

- On te forcera pas hein. Si tu dis non on partira, on te laissera tranquille et tu pourras nous rejoindre plus tard si t'as besoin d'aide ou si tu changes d'avis.

Joe lui lança un regard surpris avant de comprendre où elle voulait en venir. Certains groupes moins sympathiques n'hésitaient pas à recourir au harcèlement pour parvenir à leurs fins.
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Kegan Liu
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MessageSujet: Re: War is the answer   Mer 7 Sep - 16:05

- Je sais pas.

La réponse confirme un peu mes doutes. Il doit s’être passé un truc grave si même Sio n’a aucune idée d’où il peut bien se trouver. C’est dans des moments pareils qu’on se rend compte que le téléphone cellulaire est une invention qui sert à quelque chose d’autre que jouer à des jeux et prendre des photos. Dommage que plus rien ne fonctionne dans le secteur, ça aurait probablement été plus facile de le localiser comme ça. Je suis étonné que le type – Joe, ne sache même pas qui il est. D’ordinaire, Siobhán n’arrête pas de parler de mon petit Sawyer, sans même s’en rendre compte. Alors pour qu’elle ne dise pas un mot sur lui durant des semaines… C’est assez bizarre. Un silence que même moi je trouve gênant s’installe. Et comme vous savez, je suis rarement mal à l’aise, surtout que c’est souvent moi qui les créé, en plus.

Je ne réponds pas tout de suite, parce que je réfléchis. Dans l’armée? Ça m’étonne. Je veux dire, j’ai remarqué depuis le début des cours qu’il est beaucoup plus acharné cette fois, et même qu’il se démarque un peu, ce qui est étrange car selon ce que j’ai entendu sur lui, il a toujours fait le minimum sans plus. Alors s’engager dans l’armée, comme ça? Je suis choqué aussi qu’ils aient refusé Siobhán. Elle a de l’expérience cette fille, et elle sait faire un paquet de trucs. Sawyer aussi j’en suis sûr mais il n’a pas l’expérience. Alors pourquoi le prendre lui, et pas elle? Pourquoi pas les deux? Y’a quelque chose qui cloche là-dedans.

J’écoute Joe, sans dire un mot. Et c’est comme ça que vous pouvez savoir quand c’est sérieux ou pas de mon côté. Normalement, ce serais difficile de me faire arrêter de parler, alors quand je garde le silence, c’est un moment exceptionnel. Groupe de rebelles, intéressant, prêter main fort à l’armée régulière, okay… Mais pourquoi se considérer comme un groupe rebelle si c’est pour aider l’armée, c’est une bonne question. Par contre, je commence à avoir une idée de ce que je pourrais bien ficher là-dedans. Je suis un peu flatté qu’on lise sur moi quelque part et qu’on soit impressionné par mes talents, mais en même temps…

Je suis bien ici. Mon loft est en état, j’ai un lit hyper confortable, pas trop chaud, pas trop froid, j’ai ma génératrice… Mais en même temps, je pourrais aussi offrir ça à d’autres personnes qui en ont probablement plus besoin que moi. Au risque d’avoir l’air d’un pauvre connard égocentrique, j’hésite entre le dégoût de quitter mon confort, et l’envie de faire une bonne action. Je pourrais aisément avoir du confort n’importe où grâce à mon pouvoir, ça c’est sûr. Et puis en plus, mes réserves de nourriture commencent à baisser. Ce serais probablement mieux de rejoindre un groupe de confiance plutôt que crever de faim, enfermé dans mon château. Et en plus je vais vous avouer que je m’ennuie ici, à force d’entendre le son de ma propre voix.

Puis, la situation de Sawyer vient se rajouter. Je l’aime bien, le petit Saw. Et je sais très que Siobhán, elle l’aime bien aussi, voir même plus que ‘’bien’’. Elle n’a même pas essayé de démentir les propos de Joe alors qu’elle l’a toujours fait. Elle doit mourir d’inquiétude et honnêtement, ça m’inquiète aussi. Je me demande s’il va bien et j’aimerais mieux retrouver mon petit trio que me demander s’ils sont toujours en vie.

- Ouais, ça marche. Pas besoin d’insister, en plus t’es mon amie Sio, tu sais que si t’as besoin d’aide je vais venir! Laisse-moi juste ramasser deux ou trois trucs…

Je me mets à courir d’un côté puis de l’autre pour mettre quelques vêtements dans un sac, et d’autres effets personnels. Un des trucs cools avec mon pouvoir, c’est que je peux porter des vêtements différents chaque jour, mais en avoir réellement seulement quelques-uns. Et comme la saleté ne fait pas partie des matériaux, ils sont toujours propres. Pas mal hein? Je suppose qu’ils sont venus à pied alors je dois réfléchir à ce que je peux apporter. Évidemment, je balance toute la nourriture que je peux apporter dans un autre sac, et quelques autres trucs. Puis tant qu’à ça, autant jouer le jeu et se mettre dans l’ambiance. En quelques secondes, j’ai troqué mes vêtements de marque pour un ensemble digne des forces de l’armée, gilet pare-balles inclus. Après tout, c’est la guerre, et il y a aussi des criminels partout. Je jette un coup d’œil à ma nouvelle équipe et constate qu’ils en portent aussi, mais loin d’être de qualité.

- Vous permettez ?

Je touche le tissu du bout des doigts, et leur gilet reprend soudainement peau neuve. Je ne peux pas faire grand-chose de plus, mais c’est mieux que rien. Joe a l’air impressionné aussi, et je lui fais un clin d’œil.

- Bon… Adieu loft. Je vous laisse passer devant. Je peux servir à des trucs et me défendre mais j’ai loin d’avoir eu un entraînement, alors c’est mieux de vous laisser passer pour éviter qu’on se fasse tous tuer.

Je lance un coup d’œil à tout ce qu’il y a autours et pose une main sur le mur. En quelques minutes, mon appartement a presque l’air de décombres, comme le reste du bâtiment. Je ne vais certainement pas laisser des crétins voler mes objets précieux et les revendre, alors autant leur enlever de la valeur. J’arrête ensuite Siobhán en la retenant par le bras avant qu’elle ne sorte à l’extérieur.

-  Tu sais, pour Sawyer… Y’a un truc que je ne sens pas. Quelque chose cloche. Il ne t’aurait jamais laissée toute seule comme ça sans essayer d’avoir de tes nouvelles, crois-moi. Je vais t’aider à le trouver.

Sur ce, je tends le bras pour leur montrer le chemin, en emboitant le pas. Le nombre de débris qui jonche le sol est hallucinant, et je sais que je dois me préparer mentalement à ce que je vais voir à l’extérieur. Ça risque d’être beaucoup plus pire que ça.
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Siobhán A. O'Cahir
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MessageSujet: Re: War is the answer   Mer 7 Sep - 17:09


- Ouais, ça marche. Pas besoin d’insister, en plus t’es mon amie Sio, tu sais que si t’as besoin d’aide je vais venir! Laisse-moi juste ramasser deux ou trois trucs…

Siobhán se sentait mal. La réponse de Kegan aurait tout simplement dû l'enchanter mais il avait mis le doigt sans faire exprès sur quelque chose qui fit beaucoup de mal à la rouquine. Elle venait le voir et il acceptait de l'aider directement au nom de leur amitié. Mais la demoiselle n'avait pas du tout l'impression de l'avoir mérité. Elle avait passé tout son temps à s'inquiéter pour Sawyer, pour sa famille, pour elle-même, et dans tout le temps "libre" dont elle avait disposé elle n'était jamais passée voir Kegan. Il aurait pu lui arriver beaucoup de choses ces derniers temps et elle avait agi comme une grosse gamine égoïste, alors que lui n'hésitait pas vraiment à mes accompagner pour le bien d'autrui.
Pendant le temps de cette dure mais nécessaire réflexion le designer/surveillant se mit à fouiller son appartement de fond en comble à la recherche très certainement de ce qu'il pouvait emporter dans son paquetage. La rouquine se souvenait aussi du moment où elle avait choisi ce qu'elle prendrait avec elle pour son départ chez les rebelles. Se rappelant les paroles militaires de son père sur la constitution d'un paquetage de guerre elle n'avait rien emporté d'inutile mais regrettait désormais d'avoir abandonné dans la maison toutes ses photos et de ne pas en avoir gardé une ou deux de sa famille, de Sawyer ou d'Aslinn.
Le changement radical de tenue de Kegan fut la seule chose qui tira Sio de ses pensées bien tristes. Fini le total look si classe ou tout simplement si... Lui. Maintenant ils avaient devant eux un militaire, mais vu la propreté de la tenue une nouvelle recrue. Siobhán et Joe avaient fait leur maximum pour ne pas salir l'appartement de Kegan mais il était évident que la saleté était un peu entrée grâce à eux. Même son gilet pare-balles semblait tout à fait neuf, comme sorti d'usine comparé aux deux anciens trucs que portaient les rebelles présents. Il fallait dire qu'ils avaient récupéré ce qu'ils avaient pu de vieux stocks de l'armée ou de la police qui n'avaient pas tellement voulu les aider. Ils étaient peut-être vieux, mais ils étaient rares. Du moins jusqu'à ce que Kegan ne les rende carrément exceptionnels.

 -Vous permettez ?

Joe n'avait pas l'air de comprendre la question. Il tourna la tête vers Sio, comme pour lui dire de s'exprimer au nom du groupe et qu'il s'y conformerait. La rouquine n'avait cependant pas attendu son aval, elle avait fait un pas décidé en direction de Kegan

- Mais avec joie !

Elle se souvenait du moment où il avait reconstitué un de ses t shirts, quand elle était venue avec Sawyer pour la soirée qui leur avait causé tant d'ennuis. Maintenant ça la faisait sourire, et elle aurait donné cher pour retourner à cette époque. Celle où son plus grand problème était de savoir qui avait couché avec Sawyer, et où il n'était pas question de combats clandestins, de factures impayées ou de guerre interraciales. Ça n'avait même pas pris une minute à Kegan de transformer leurs deux équipements en gilets flambant neufs.

- Bon… Adieu loft. Je vous laisse passer devant. Je peux servir à des trucs et me défendre mais j’ai loin d’avoir eu un entraînement, alors c’est mieux de vous laisser passer pour éviter qu’on se fasse tous tuer.


Joe fit un signe de tête pour signifier à l'Irlandaise qu'ils feraient mieux de sortir, ayant dans l'idée de laisser quelques minutes de solitude à Kegan pour se faire à sa "nouvelle vie" si imprévue et si bouleversée et bouleversante. Ramassant son arc, attrapant une flèche, Siobhán était bien décidée à lui emboîter le pas mais son ancien collègue la retint par le bras avant qu'elle n'ait mis le pied dehors.

-  Tu sais, pour Sawyer… Y’a un truc que je ne sens pas. Quelque chose cloche. Il ne t’aurait jamais laissée toute seule comme ça sans essayer d’avoir de tes nouvelles, crois-moi. Je vais t’aider à le trouver.

Elle aurait voulu qu'il ne dise rien plutôt que de retourner ainsi le couteau dans la plaie vive de sa solitude. Elle savait que Sawyer était son ami mais elle avait tenté pendant tout ce temps de se persuader qu'elle n'avait pas de nouvelles uniquement parce qu'il devait être occupé. Elle, qui était entrée par effraction chez lui parce qu'il avait ignoré ses messages et ses appels pendant deux semaines, n'avait pas trouvé le courage de voir la vérité en face. Oui, il y avait certainement un problème quelque part. Mais que faire ? Cette prise de conscience lui donna un haut le coeur, et elle eut l'impression qu'on lui ensserait brusquement la poitrine. Elle ne voulait pas le retrouver parce qu'elle craignait bien trop de le retrouver mort. Joe, devant elle, fit une mine interrogatrice en la voyant fait une drôle de tête. Mais la rouquine ne dit rien, à part donner un conseil.

- Je vais ouvrir la marche. Kegan je te conseille de te mettre plutôt entre Joe et moi, pour qu'il couvre tes arrières.

Tout un tas d'autres phrases lui passaient par la tête et elle n'aurait eu aucun mal à changer de sujet et poursuivre la conversation comme avant, comme la bavarde qu'elle était. Seulement parler n'était pas très prudent, en tout cas pas aussi fort qu'elle aimait le faire et avec un tel débit ininterrompu.
Avançant lentement mais sûrement, l'archère inspectait minutieusement le terrain, prête à tirer une flèche sur n'importe qui qui se présenterait avec des intentions belliqueuses. Elle finit néanmoins par tourner la tête vers Kegan pour lui dire quelque chose.

- Sawyer doit être très occupé avec l'armée, s'il n'a pas donné de nouvelles j'imagine que c'est parce qu'il n'a pas le temps. Ou peut-être pas le droit, ils craignent peut-être qu'il révèle des informations qui pourraient être interceptées...

Elle partageait son petit mensonge personnel à Kegan, comme s'il allait revenir sur ses propos pour lui annoncer qu'elle avait raison et qu'il n'y avait donc plus vraiment de quoi s'inquiéter.
Mais ils arrivaient à la rue, et la rouquine préféra se taire pour laisser Kegan mesurer de lui même l'étendue des dégâts. Ce devait être un choc de se rendre compte de cette réalité qui n'existait avant que par les fenêtres de son loft. Ils n'eurent cependant pas le loisir d'observer tranquillement l'endroit un long moment. La sirène prévenant d'un bombardement venait de retentir.
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Kegan Liu
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MessageSujet: Re: War is the answer   Mar 27 Sep - 1:20

Je suis les ordres sans poser de question. Je me sens comme une pièce importante du jeu, à me faire couvrir de partout comme ça. Mais je suppose que s’ils sont venus me chercher jusqu’en haut de ma tour, comme ça, c’est parce qu’ils ont réellement besoin de moi, et probablement pas pour refaire la garde-robe de tout le monde. Mais je vais leur offrir plus de confort, ça c’est sûr! J’ai du mal à avoir assez d’énergie quand je ne peux pas dormir sur un truc confortable.

Je fixe Siobhán sans me gêner. Je vois très bien dans ses yeux qu’elle ne se croit pas du tout elle-même. C’est un truc, avec elle, elle peut bien essayer de mentir, n’importe qui portant un peu attention pourrait remarquer que c’est du baratin. Je suis certain qu’elle le sent, elle aussi, que quelque chose cloche. Et j’ai bien l’intention de découvrir quoi, et de ramener Sawyer avec nous.
J’allais répondre, mais nous sommes finalement arrivés à la rue, que j’ai seulement vue de haut. Et pour être tout à fait honnête, j’ai évité le plus possible de regarder en bas, ou à l’horizon. Je suis une personne très esthétique, et je n’avais pas envie de voir toute cette destruction. Ce n’est pas très joli à regarder, spécialement lorsqu’il y a des corps qui jonchent le sol un peu partout. Je reste silencieux, et je regarde autour de moi. On dirait vraiment un paysage apocalyptique digne des jeux vidéo. Tout est gris, poussiéreux, silencieux et en morceau. De mon loft, je ne voyais pas grand-chose, et je comprends maintenant pourquoi en voyant l’espace de brouillard de débris qui s’élève jusqu’à plusieurs mètres au-dessus du sol.

Je bondis presque hors de mes bottes en entendant l’alarme. Je l’entendais un tout petit peu de mon appartement, mais je n’avais aucune idée que le son était aussi fort que ça. Déjà que je n’aime pas les gens qui crient, je vous laisse une idée d’à quel point un son pareil m’affecte. Je lance un regard à Siobhán. Il n’y a jamais eu de bombe aussi près et si mon appartement est protégé parce que je l’ai fortifié, ce n’est pas le cas du reste du bâtiment. Il pourrait s’écrouler et je serais encore en vie, mais essayer de monter tout en haut serais du suicide. Je ne sais pas grand-chose en matière de guerre, mais je sais au moins que c’est impossible d’avoir le temps de se rendre à pied. Bon peut-être pas pour Sio, mais pour nous? On peut oublier ça.

Même s’ils ont plus l’habitude de se débrouiller dans une situation pareille, je n’ai qu’à leur lancer un regard pour savoir qu’en ce moment, nous sommes tous complètement à découvert. Si la bombe explose près de nous, c’est certain que nous allons sois mourir, sois terminer en petits morceaux, ou être dans un si mauvais état que nous risquons de crever par terre avant que quelqu’un ne puisse nous aider.

Je regarde rapidement autours de moi, et je vois un paquet de matériaux qui vont pouvoir servir. Pas le temps d’expliquer, ou de poser de question. Je leur fais signe de venir avec moi, et je me mets à courir. Il y a du béton partout, et c’est parfait. Exactement le genre de matériel que je peux modifier à ma guise. J’arrive à repérer un endroit un peu plus à découvert, qui est déjà jonché de débris, et je tire mes deux camarades pour les ramener contre moi. J’aime le contact humain, certes, mais cette fois c’est du sérieux, pas de temps à perdre. Et j’ai l’impression que ça va bientôt exploser, et pas très loin. Je touche le béton et rapidement, une épaisse carapace se forme autours et par-dessus nos têtes, et je les pousse contre le sol avant de le rejoindre moi-même.

Évidemment, il y a des trous pour faire passer l’air, mais il fait complètement sombre en quelques secondes à peine. Comme je suis coincé à l’intérieur, je n’arrive pas vraiment à déterminer l’épaisseur de notre abri, mais je continue de me concentrer pour en ajouter encore et encore. Mieux vaut prévenir que guérir.

Rapidement, le sol se met à trembler. Je pense qu’il n’y a pas qu’une seule bombe, mais bien une pluie de petites qui tombent un peu partout, comme dans les films. C’est carrément un bombardement, et je dois avouer que j’ai vraiment du mal à comprendre. Le coin est déjà complètement vide, alors pourquoi continuer de l’attaquer? Je reste silencieux alors que nous pouvons tous sentir l’impact des projectiles. Décidément, je pense que je vais définitivement pouvoir servir à quelque chose. Puis, le silence tombe. C’est carrément la mort, dehors.

- Honnêtement, je vous le dis, y’a quelque chose qui tourne pas rond. Attaquer dans des endroits isolés comme ça… Aucune idée si ça vient de l’armée ou des opposants, et je suis pas allé à l’école pour tout apprendre sur les techniques de la guerre, mais je peux jurer que le but d’une attaque pareille c’est de s’assurer de raser tout ce qui est vivant sur le territoire. Y’a plus personne dans le coin, tout est détruit… Alors pourquoi attaquer? À moins qu’ils visaient quelque chose en particulier…

Je laisse ma phrase en suspens. J’ai pensé l’espace d’un instant qu’ils nous visaient peut-être nous mais soyons réalistes, pourquoi est-ce que ce serais le cas? Sio est douée, et son partenaire aussi probablement, tant qu’à moi, je sers à quelque chose mais je suis très loin d’être un héros qui sauve des vies, alors je ne verrais vraiment pas l’intérêt de nous viser particulièrement. Non, ce n’est définitivement pas ça. Probablement une attaque pour simplement tout détruire. Après tout, c’est la guerre.

- On ferais mieux de pas trop traîner… Au cas où des gens qu’on a pas particulièrement envie de croiser rappliqueraient dans le coin pour vérifier que leur boulot a bien été fait…
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Siobhán A. O'Cahir
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MessageSujet: Re: War is the answer   Mar 27 Sep - 5:10

Siobhán aperçut du coin de l'oeil le sursaut de Kegan. Elle, elle n'était pas si surprise d'entendre l'alarme, c'était une chose des plus courantes ces temps-ci et elle avait fini par s'y habituer malgré elle. Du moins autant qu'on pouvait s'habituer à ce genre de signal mortifère.
La priorité était dans la réaction à adopter, et la rouquine ne perdit pas une seconde pour se retourner vers Joe. Elle savait très bien ce qu'il allait lui demander : s'il y avait une cave, quelque chose d'enterré où ils auraient une chance de se cacher sans être atteint par les bombes. Sio n'avait jamais vraiment eu confiance en cette tactique, elle craignait trop de finir enterrée vive si jamais un éboulement venait bloquer la sortie. Elle s'était néanmoins résignée depuis longtemps à suivre les consignes du groupe et celle-ci en faisait partie.
Dés que Joe ouvrit la bouche, l'Irlandaise lui fit « non » de la tête. En tout cas dans l'immeuble de Kegan, elle n'avait jamais aperçu l'ombre d'une cave ou même d'un niveau inférieur au rez-de-chaussée. Ils devaient garer leurs voitures dans un autre bâtiment sans doute, ou avec une entrée indépendante dont elle n'avait aucune connaissance.
La rebelle vit très clairement la peur dans le regard de son ami, mais certainement pas la panique. Malgré sa vie plutôt recluse dans son loft ces derniers temps, il était loin d'être sans ressources et c'était le truc le plus rassurant. De toute façon ils avaient tous peur, et même sans sursauter ils avaient tous en eux la crainte de mourir.
Rester immobile était déjà une erreur à éviter, surtout en ce moment puisqu'ils n'avaient aucune réelle protection et étaient tout à fait à découvert. Joe allait faire part d'une idée quand il aperçut le signe de Kegan. Se séparer était pire que tout dans ce genre de situation, et ni lui ni Siobhán ne perdirent de temps. Ils coururent dans la même direction que le designer sans se poser de questions. Joe était moyennement convaincu, il ignorait encore l'étendue du pouvoir de Kegan et ne le connaissait que depuis quelques minutes. Sio quant à elle ne doutait pas de la bonne idée que devait avoir eue son collègue, même si elle était encore loin de se douter de ce que c'était. Elle se contentait de se cramponner à son arc, et de respirer le plus calmement possible. Elle savait qu'elle pourrait être déjà bien loin, dans une zone plus sûre, mais elle ne voulait certainement pas abandonner ses camarades. Seulement l'hyper-vitesse avait toujours été plus instinctive pour elle que la vitesse normale et dans ces situations de stress, ne pas aller trop vite était loin d'être facile.
La rouquine sentit son ami l'attirer brusquement contre lui et elle eut tout juste le temps d'utiliser s mutation pour bouger son arc avant qu'il ne se prenne un coup de branche dans le visage.Où voulait-il en venir ? Aucune idée. Kegan la poussa au sol. Par réflexe elle fit une roulade pour éviter de tomber comme une crêpe, se demandant la raison de ce quasi croche-patte. Tout devint plus clair quand elle aperçut, à quelques centimètres de son visage, une épaisse paroi en béton.
Et à présent il faisait noir. En mettant la main sur la paroi, Sio sentait quelques trous dont elle devinait aisément l'utilité. Ils étaient cependant si minces, et le dôme si épais, que la lumière ne pouvait pas arriver jusqu'à eux. Tout ce qui leur parvenait de l'extérieur, c'était le bruit des bombes et les tremblements du sol. Eux, les trois survivants du quartier, restaient silencieux.
Qu'y avait-il à dire ? Pas grand chose. Cette guerre c'était une histoire de dingue, tout était compliqué. Et inutile. Pourquoi bombarder un territoire civil ? Ce quartier n'était pas le plus proche du front pour le moment. Ils auraient pu utiliser ces bombes pour gagner du terrain, ou pour ne pas en perdre, mais ils semblaient continuer leurs destructions purement gratuitement. Chacun avait l'air perdu dans ses pensées, mais personne ne pouvait le voir dans ces ténèbres. La seule preuve c'était leur silence, qui finit bientôt par s'étendre. Un véritable silence de mort, encore plus difficile à concevoir quand on se rappelait du bruit incessant de la grande ville avant tout ça. Ce fut Kegan qui prit la parole le premier.

- Honnêtement, je vous le dis, y’a quelque chose qui tourne pas rond. Attaquer dans des endroits isolés comme ça… Aucune idée si ça vient de l’armée ou des opposants, et je suis pas allé à l’école pour tout apprendre sur les techniques de la guerre, mais je peux jurer que le but d’une attaque pareille c’est de s’assurer de raser tout ce qui est vivant sur le territoire. Y’a plus personne dans le coin, tout est détruit… Alors pourquoi attaquer? À moins qu’ils visaient quelque chose en particulier…

Il avait bien raison. Mais le moment n'était pas tellement bon pour deviser sur l'intérêt tactique d'un bombardement, même si Siobhán aurait bien quelques éclaircissements à proposer à son ami.

- On ferais mieux de pas trop traîner… Au cas où des gens qu’on a pas particulièrement envie de croiser rappliqueraient dans le coin pour vérifier que leur boulot a bien été fait…

Ils feraient bien de rentrer au QG oui. En plus si les autres rebelles avaient eu vent de cette attaque, ils devaient se poser des questions sur la survie de l'équipe et la réussite de leur entreprise. Il valait mieux éviter de leur causer trop de soucis. La guerre c'était déjà beaucoup trop de soucis pour tout le monde.

-Faut qu'on rentre, les autres vont s'inquiéter. Avec un bombardement pareil, ils vont se poser des questions et … Il vaut mieux pas les inquiéter.


Kegan leur permit de sortir de son abri, et Siobhán lança un regard à Joe. Elle savait très bien qu'il avait du penser à sa petite fille, à ce qui lui arriverait s'il mourrait ici. La pauvre petite n'avait déjà plus que son père... Et en plus, avec sa mutation, les gens avaient tendance à oublier qu'il ne s'agissait encore que d'une enfant. Qui serait là pour la protéger contre l'utilisation abusive que voudraient peut-être en faire les rebelles ? Ils n'avaient pas de mauvaises intentions, mais ils ne se rendaient pas bien compte du traumatisme que c'était d'infliger à une enfant la vue de quelqu'un agonisant, sous prétexte qu'elle avait des capacités pour le soigner. Sio se promit qu'elle, elle y ferait attention s'il arrivait quelque chose à Joe.
Mais il n'était pas temps de penser à ce genre de choses. Il était temps de partir.

-Sio tu ouvres la marches ? Surtout on s'arrête pas, sauf nécessité absolue.

La rouquine hocha la tête, ce que Joe et Kegan purent peut-être voir une seconde grâce à l'ouverture que le designer matérialisa pour leur sortie. L'Irlandaise se mit donc en route, courant jusqu'à l'immeuble le plus proche arc bandé, histoire d'être plus discret qu'en marchant bien au milieu de la route. Elle ne vit personne, et fit donc signe aux autres de suivre. Ouvrir la marche c'était dangereux. Mais il fallait bien quelqu'un pour le faire.
Ils arrivèrent donc sur une grande place, bien dégagée, parfaite pour une embuscade. Difficile d'établir une stratégie pour traverser ce genre d'endroit, le plus efficace étant certainement d'en faire le tour plutôt que de passer par là. Néanmoins le temps pressait, et faire des détours n'allait pas les aider.
Il fallait observer. La rouquine se cacha derrière un morceau de mur écroulé, et fit signe aux autres de la rejoindre vite. D'ici, ils réussiraient sans doute à mieux évaluer le danger. Tout semblait désert. Pourtant il ne fallait pas se laisser aller, il fallait toujours rester sur ses gardes.

-Prends ça, j'ai mon arc moi.

La rouquine sortit un pistolet de son étui et le tendit avec précaution à Kegan.

-Il est chargé.

Un arc ne permettait pas de tuer quelqu'un sur le coup, sauf en cas de flèche tirée dans la tête, Siobhán le savait. Mais elle savait aussi que deux armes de ce genre ne pouvaient pas être utilisées en même temps, et qu'elle ne pouvait pas confier son arc à Kegan : il ne saurait pas s'en servir.
Elle se demanda un moment s'il avait utilisé une arme à feu, ou au moins une réplique comme à l'airsoft. Ça n'avait pas l'air d'être son genre. En tout cas il aurait vite l'occasion de faire ses armes.
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Kegan Liu
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MessageSujet: Re: War is the answer   Jeu 29 Sep - 22:28

Lentement, je fais tomber les couches de béton pour en faire un cube, nous permettant de sortir de notre cachette. Il y a encore plus de débris et je tousse un bon coup lorsque le vent me fouette le visage, entraînant avec lui toute la poussière avoisinante. Je peux laisser tomber l’idée d’avoir des vêtements propres, ça c’est certain. Je hoche la tête pour dire que j’ai compris, et j’attends que les autres prennent le relais, parce que je n’ai aucune idée d’où on doit aller. Et honnêtement, même si je savais, j’aurais du mal à retrouver mon chemin vu l’état des lieux et les nuages de poussière. J’emboite le pas à Siobhán, pour aller me cacher avec elle, et nous sommes rapidement suivis par Joe. Je me mets un peu derrière pour lui laisser plus de place.

Je baisse les yeux, et je vois que Sio me tend un pistolet. Je rechigne un peu à l’idée de le prendre, pour être honnête. Je suis plutôt du genre ‘’peace & love’’, et je règle très rarement les problèmes par la force. Ça m’arrive parfois, mais pas au point de prendre une arme à feu pour le faire. J’esquisse tout de même un sourire en coin en le prenant dans mes mains. Je le manipule un peu quelques secondes pour me familiariser. J’ai déjà appris à tirer et je sais donc tenir un pistolet, mais mon apprentissage a été de courte durée. Je n’aimais pas ça et quand je n’aime pas quelque chose, je me barre, voilà tout. Je me concentre et rapidement, la forme de mes doigts se creuse dans le matériel, pour être certain qu’il me reste bien entre les doigts.

- J’espère, parce que je vois pas trop ce que je ficherais avec un fusil vide hein? Et j’espère que mes petites modifications ne posent pas de problème. De toute façon, tu sais que je peux les arranger…

Je tourne soudainement la tête, interrompu par un son. Je ne sais pas ce que c’est, mais on dirait un véhicule qui approche assez lentement, probablement pour éviter de se fracasser dans un mur, comme on n’y voit pas grand-chose à quelques mètres de distance.

- Bon bien je pense que c’est l’heure de ficher le camps, qu’est-ce que vous en pensez?

Durant tout notre périple, je reste entre les deux, prenant soin de ne pas balancer mon pistolet dans leur direction sans faire exprès. Après tout, même si on m’a appris à maîtriser mon pouvoir, je suis probablement celui qui a reçu le moins d’entraînement militaire du groupe. Après tout, moi je voulais créer des choses, pas les détruire en apprenant l’art de la guerre.

Le voyage n’est pas de tout repos. Nous devons souvent nous cacher mais heureusement, pas d’alarme à la bombe. Arriver semble prendre une éternité et je commence à être fatigué. Je ne suis pas vraiment sorti dans les dernières semaines. Finalement, ils ralentissent le pas, et je finis par comprendre que nous arrivons bientôt. J’ose espérer qu’ils ont une entrée secrète ou quelque chose du genre, pour éviter que n’importe qui puisse voir. C’est à ce moment que nous entendons un coup de feu, et des cris. Je vais l’avouer, mon premier instinct c’est de me planquer, pas d’aller voir ce qui se passe, mais je me sens un peu nul de rester derrière alors que mes comparses se précipitent vers l’action.

Lorsque nous arrivons, il n’y a plus personne dans les parages, sauf un type quand même jeune, étendu dans une flaque de sang. Je retiens l’envie de vomir qui remonte. Je suis un peu délicat de ce côté, je l’avoue. Mais bon, on ne peut pas le laisser là non plus. Heureusement, j’ai fait des cours de premiers soins. C’est pratique, surtout quand tu décides de devenir surveillant dans une école pour mutants. Des accidents, ça arrive rapidement. Je lance un regard autour, mais les attaquants sont partis aussi vite qu’ils ne sont venus, et me précipite vers la victime. Je suis étonné, mais il est encore vivant. Je remarque qu’il porte des vêtements militaires. Étrange de tomber sur un soldat encore vivant, dans un endroit désert, qui a été abandonné par ses pairs…

- Qu’est-ce qu’on fais? On peut pas le laisser là. Est-ce qu’on arrive bientôt? Avez-vous des trucs pour soigner les blessés? Sérieusement, décidez vite, ou il va crever là. Et l’odeur est écœurante.
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Siobhán A. O'Cahir
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MessageSujet: Re: War is the answer   Ven 30 Sep - 2:25

Kegan sourit vaguement en récupérant l'arme. Il semblait observer ce présent avec attention, sans doute pour s'y habituer, et Sio se posait toujours la même question, sans oser pour une fois la poser à voix haute. Savait-il s'en servir ? Elle l'imaginait tellement mal utiliser ce genre d'objets. Elle s'en voulait un peu de l'embarquer dans toute cette histoire, même si au fond elle n'avait forcé personne. Kegan n'était pas taillé pour la guerre, bon tireur ou non Siobhán en était persuadée. En y pensant sérieusement personne n'était taillé pour l'horreur que c'était.

- J’espère, parce que je vois pas trop ce que je ficherais avec un fusil vide hein? Et j’espère que mes petites modifications ne posent pas de problème. De toute façon, tu sais que je peux les arranger…

Elle hocha la tête pour dire non, évidemment. Le plus important était que Kegan s'approprie le pistolet, et s'en serve correctement, elle n'allait certainement pas lui faire une scène pour une petite trace de doigts faite sans doute pour mieux tenir l'objet, et surtout en sachant comme il le lui rappelait que ça n'avait pas un caractère définitif.
Mais il y avait un bruit. Un véhicule.
Les rebelles avaient la possibilité d'avoir des véhicules, mais pas d'essence. Les seuls groupes capables donc d'arriver de cette manière étaient les mutants renégats et l'armée régulière. Personne que la rouquin avait envie de voir. Kegan semblait en tout cas avoir perçu la menace lui aussi.

- Bon bien je pense que c’est l’heure de ficher le camps, qu’est-ce que vous en pensez?

Ils reprirent leur chemin. Siobhán et Joe connaissaient la route, même au milieu des décombres, mais c'était tout de même long. Déjà parce que ce n'était pas la porte d'à côté, mais surtout parce qu'il y avait un certain nombre de détours obligatoires afin d'éviter des zones dangereuses, et aussi parce qu'il fallait régulièrement se cacher pour échapper au regard de conducteurs de véhicules ou de patrouilles qui visiblement n'étaient pas de leur côté.
Une fois arrivée dans une zone censée être plus tranquille, et surtout plus proche de leur QG ils décidèrent de ralentir un peu. Ils commençaient tous à fatiguer, après tout ils avaient fait l'aller-retour sans grande pause. La vigilance de tous les instants était épuisante, bien plus que la simple marche d'ailleurs.
Coup de feu.
Par réflexe Sio et Joe se mirent instantanément à courir dans la direction du cri qui avait suivi. Leur groupe avait pour but de défendre les civils, et cette zone n'étant pas une zone de combat, ni sous domination des mutants adversaires, ils se voyaient mal passer outre comme si ce coup de feu n'avait aucun sens et n'était que la guerre, en arrière plan.
Ils arrivèrent devant un jeune homme blessé, étendu à terre, dans une flaque de sang tout à fait immonde. L'Irlandaise jeta un regard à Kegan qui ne masquait pas son dégoût. La première fois que l'on voyait ce genre de choses c'était toujours déroutant. C'était difficile. Sio parvenait à s'habituer à cette odeur, mais la vue lui était toujours insupportable. C'était horrible d'en arriver là. Les attaquants avaient fui sans laisser de traces, comme des lâches, et maintenant ils se retrouvaient seuls face à la pauvre victime. La pauvre victime qui n'avait finalement pas l'air d'un civil. Il portait des vêtements de style militaire et même si certains simples habitants aussi pour le côté pratique ou parce qu'ils n'avaient que ça, ceux-ci étaient bien authentiques. Ses gallons étaient arrachés, de sorte qu'on ne pouvait pas vraiment savoir la place qu'ils occupaient. Ni quelle cause il défendait. Le moindre équipement qui aurait pu les aider à déterminer d'où il venait avait disparu.
Kegan avait décidé d'agir en tout cas, il s'était précipité vers le blessé et semblait déterminé à s'occuper de lui. Bonne initiative.

 -Qu’est-ce qu’on fais? On peut pas le laisser là. Est-ce qu’on arrive bientôt? Avez-vous des trucs pour soigner les blessés? Sérieusement, décidez vite, ou il va crever là. Et l’odeur est écœurante.

-J'ai des trucs dans mon sac mais...

Sio ne termina pas sa phrase, elle s'agenouilla pour fouiller dans son sac tandis que Joe se mettait naturellement en position pour les défendre d'un éventuel retour des assaillants. Après quelques instants à fouiller dans son barda, la jeune femme finit par en sortir une petite boîte plastique avec quelques petites choses de soins. C'était devenu des denrées plutôt rares, et ils n'en donnaient qu'un tout petit nombre par personne. Mais Siobhán n'était pas du genre à économiser au détriment des autres. Elle s'approcha de Kegan avec la boîte, et l'ouvrit pour lui faire l'inventaire de ce qu'il y avait dedans.

-Pansements, compresse, alcool... Un truc pour... Euh...

Elle sortit un objet dont le but était de faire un garrot mais qu'elle était incapable de nommer en Anglais. Le reste de la boîte était vide. A vrai dire il n'y avait pas grand chose pour soigner ce genre de blessures.

-Joe, tu crois que... Emily...

Il tourna la tête pour regarder son acolyte. Il pourrait effectivement aller chercher Emily mais il ne semblait pas en avoir envie. Sio s'imaginait que c'était pour lui éviter la vue de cet homme en sang mais il n'y avait pas que ça.

-Je sais pas Sio. On sait même pas de quel côté est ce type, et visiblement c'est pas un civil. Si on l'emmène avec nous il y a une chance sur deux pour qu'il nous trahisse ensuite. C'est un grand risque à prendre.


C'était vrai. L'habillement des mutants et des soldats de l'armée régulière était le même, sauf à quelques exceptions, mais ces quelques exceptions avaient disparues. C'était souvent comme ça, quand il y avait peu de morts mais qu'on ne pouvait pas les emmener : il fallait pouvoir faire croire que c'étaient des ennemis. Qu'on avait pas subi de perte.

Et puis... Ils ont bien pu lui faire ça ici dans l'espoir qu'on le trouve et qu'on l'emmène.

Sio comprenait parfaitement où Joe voulait en venir mais elle n'était pas d'accord. Elle ne supporterait pas de laisser cet homme sans soin. Elle refusait de devenir un monstre insensible à la douleur des autres.

-Vas chercher Emily quand même. On s'en fou, on l'emmène pas avec nous après, mais c'est hors de question qu'on le laisse comme ça ! Tu m'entends ?! Hors de question.

Elle sentit l'hésitation de son camarade. Mais finalement, il acquiesça et reprit la route en courant en direction du QG, qu'on ne pouvait pas apercevoir de là où ils étaient. Sio banda son arc, prenant le relais niveau sécurité. Elle espérait que Kegan allait pouvoir garder ce type en vie assez longtemps pour que la fille de Joe arrive. Avec sa mutation elle pourrait lui sauver la vie en à peine quelques minutes. Mais elle comprenait aussi qu'il rechigne à la mettre en danger pour un inconnu dont la loyauté était douteuse.
La rouquine pensait bien qu'elle aurait pu aller la chercher plus vite que Joe, mais elle préférait laisser le père de la petite s'occuper de ça. Elle manquait cruellement de tact pour présenter les choses, et n'osait pas prendre la responsabilité d'informer une gamine d'un meurtre. D'une tentative de meurtre.

-Il nous entend tu crois ?
Demanda-t-elle à Kegan en parlant du blessé. En fait elle avait voulu demander s'il allait s'en sortir, mais elle n'avait pas osé. Si le pauvre entendait que non, il ne prendrait pas la peine de se battre. Et vu comme elle s'était donné du mal pour convaincre Joe, il était hors de question que ce type décède avant son retour.
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Kegan Liu
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MessageSujet: Re: War is the answer   Mar 11 Oct - 14:47

Je regarde furtivement dans son sac alors qu’elle fouille dedans. Évidemment, ça ne va pas faire l’affaire. Ça peut être pratique mais son matériel est bon pour soigner des blessures mineures, pas une blessure par balles. En plus, aucune idée si le projectile est resté coincé dans la peau de ce type, ou s’il l’a complètement traversé. Je retiens ma respiration et je commence à détacher ses vêtements. Mes mains tremblent un peu. La guerre, ce n’est définitivement pas pour moi. Je retiens un haut le cœur quand la plaie se montre enfin. Évidemment, pour faire exprès, elle se trouve dans sa poitrine, du côté gauche. Mais je pense que si son cœur était touché, il serait déjà mort depuis un moment. Ils doivent l’avoir raté, mais de très peu.

J’écoute attentivement l’échange entre Joe et Sio. Ils réfléchissent beaucoup plus que moi, ça c’est sûr. Pour moi, je trouve quelqu’un de blessé, j’essaie de le sauver, et puis ça se termine là. Mais c’est vrai que dans des situations pareilles, on pourrait tomber sur pratiquement n’importe quoi. Mais dans tous les cas, nous n’avons pas beaucoup de temps, et se lancer la balle d’un côté et de l’autre comme ça ne va pas nous aider, particulièrement lorsque nous sommes clairement à découvert comme ça. Et puis je ne sais pas qui c’est, cette Emily, mais si elle peut aider, le choix est assez simple, non? Je me racle la gorge pour essayer de les presser.

Je suis heureux de voir que Sio partage mon avis, et nous regardons Joe intensément pour lui faire comprendre qu’il n’a pas trop le choix. Il part finalement au bout de quelques secondes en nous laissant seuls en plein milieu de la rue déserte. Le blessé respire encore, mais de là à savoir s’il est conscient ou pas… S’il l’était, il nous aurait déjà répondu. Je fouille dans le sac pour trouver des bandages, et je commence à appuyer une pression sur la plaie.

- Honnêtement j’ai aucune idée de ce que je suis en train de foutre et le sang commence à s’accumuler sur mes mains et ça me fait sentir assez mal mais je me souviens qu’il faut faire ça en cas d’hémorragie. Je pense qu’il nous entend mais il doit être en choc.

J’ai tout dis dans un souffle en essayant de ne pas regarder mes mains. Qu’est-ce que ça sent mauvais en plus! Je réfléchis puis je regarde Sio, qui surveille les environs.

- Tu sais, moi je trouve ça bizarre. Je comprends votre peur des complots et tout ça, mais là c’est tout simplement bizarre. Ce type aurait déjà dû être mort. Ils l’ont manqué, mais de très peu. Le sauver va être difficile, à moins que la personne que vous allez chercher soigne les gens mais dans tous les cas, ils l’ont laissé pour moi. Alors soit ils ont essayé de le tuer eux-mêmes, ou ils le pensaient mort. Mais l’armée ne laisse jamais ses morts comme ça à découvert quand ils peuvent ramener les corps. En même temps, je crois pas que ce sois pour que quelqu’un le trouve… Parce que s’il aurait dû être mort, ça sert à rien.

Je continue à essayer (c’est même un gros mot) de stopper l’hémorragie, puis je vois finalement Joe arriver de loin avec quelque chose dans les bras. Ou plutôt, quelqu’un. Je plisse les yeux, et je vois finalement une petite tête. Je me tourne vers Sio, surpris, mais poser la question que j’ai en tête serais stupide. C’est évident que cette gamine, qui ne doit même pas avoir dix ans, est Emily. Je peux comprendre pourquoi Joe rechignait un peu à la traîner jusqu’ici. Si moi j’ai du mal à gérer émotionnellement, alors je n’imagine pas à quel point ça peut être difficile pour une enfant.
Je lui fais un gros sourire qui se veut rassurant mais avec ma tête, je risque plus de lui faire peur qu’autre chose.
- Salut Emily, moi c’est Kegan. N’aie pas peur, ça va bien se passer. Je sais que c’est un peu difficile mais, euh… Tu vois, quand tu écrases des baies, tes mains deviennent rouges hein? Bien dis-toi que c’est la même chose! J’écrase tout plein de baies en dessous et ça tache beaucoup!

La petite me regarde comme si j’étais un imbécile. C’est évident que j’essaie d’aider un inconnu à ne pas se vider de son sang. Mais au moins, j’aurai essayé. Elle regarde Joe – qui est son père, j’assume, vu les airs de ressemblance, et il la dépose finalement par terre. Elle trottine vers moi et je vois bien qu’elle essaie de se retenir de pleurer et qu’elle n’a pas envie d’être là. Elle touche le soldat d’une main et se concentre, et je reste là, à me demander ce qui se passe. Elle semble utiliser la même technique que moi pour activer son pouvoir, et je suppose qu’au final, elle arrive vraiment à guérir les gens. Elle doit pouvoir modifier leur corps assez pour soigner les plaies, tout comme j’arrive à manipuler la matière en la touchant. Son front commence à dégoutter. Moi aussi, ça me demandait beaucoup d’efforts lorsque je ne le maitrisais pas encore. Mais ça semble faire effet, parce que le sang coule moi. Je retire mes mains et regarde en dessous des bandages qui sont complètement trempés, et on dirait que la blessure prend du mieux.

Ce n’est pas le cas de la petite. Elle est tout pâle maintenant, et elle n’a pas l’air d’aller très bien. La décision n’est pas difficile à prendre, et j’enlève sa main. Elle en a fait assez, beaucoup plus qu’elle ne devrait. On ne va pas sacrifier une petite fille pour une personne qu’on ne connaît même pas, et encore moins ses intentions. Le type respire mieux, mais la blessure est toujours là. J’ai l’impression toutefois qu’Emily a réussis à réparer les dommages internes, mais que nous allons devoir nous occuper de la partie externe. Ça risque de lui prendre du temps avant de se remettre sur pieds, mais au moins il est en vie. Je me tourne soudainement, alors que Joe s’occupe de la gamine et exprime que nous devons tous retourner à leur base rapidement.

- On peut pas le laisser là. Si ça se trouve, il est encore conscient et entend tout. Il pourrait avoir des informations. Mieux vaut le traîner avec nous. De toute façon dans cet état, il va mourir avant de se rendre là où il doit aller. On peut toujours essayer de lui extirper des informations. Après tout il vient de se faire tirer dessus et je suis presque sûr que sa propre équipe lui a fait ça. Il doit avoir une dent contre eux.
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Siobhán A. O'Cahir
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MessageSujet: Re: War is the answer   Mar 11 Oct - 15:44


- Honnêtement j’ai aucune idée de ce que je suis en train de foutre et le sang commence à s’accumuler sur mes mains et ça me fait sentir assez mal mais je me souviens qu’il faut faire ça en cas d’hémorragie. Je pense qu’il nous entend mais il doit être en choc.

Effectivement, Siobhán n'avait jamais vu Kegan dans un tel état. Il avait toujours eu l'air de gérer la situation parfaitement, parce qu'il avait toujours une espèce de sourire sur le visage habituellement. La rouquine comprenait à quel point tout ceci faisait beaucoup d'un coup, mais elle ne se voyait pas lui proposer d'échanger leurs places. Elle tenait son arc, prête à tirer une flèche dans n'importe quelle direction, à l’affût du danger.

- Tu sais, moi je trouve ça bizarre. Je comprends votre peur des complots et tout ça, mais là c’est tout simplement bizarre. Ce type aurait déjà dû être mort. Ils l’ont manqué, mais de très peu. Le sauver va être difficile, à moins que la personne que vous allez chercher soigne les gens mais dans tous les cas, ils l’ont laissé pour moi. Alors soit ils ont essayé de le tuer eux-mêmes, ou ils le pensaient mort. Mais l’armée ne laisse jamais ses morts comme ça à découvert quand ils peuvent ramener les corps. En même temps, je crois pas que ce sois pour que quelqu’un le trouve… Parce que s’il aurait dû être mort, ça sert à rien.

Évidemment il avait raison, ce n'était un mystère pour personne que l'armée ne laissait pas les corps à découvert. Il devait y avoir une logique à tout ça, pour l'instant elle leur échappait mais ça viendrait, ils comprendraient. Enfin, si ce type survivait.
Elle aperçut un mouvement, suivi d'un bruit correspondant à la chute d'une pierre ou d'un autre débris du genre. Sa vitesse lui permit de se retourner et de bander son arc en une seconde à peine, mais elle ne décocha finalement aucune flèche. Ça ne devait être qu'un rat qui avait causé un éboulement.
Mais déjà, son regard fut attiré par un autre mouvement : Joe revenait en portant sa fille. Et l'Irlandaise hésita. Elle pourrait prendre la veste dénuée de gallons du type blessé, et éponger un peu le sang pour éviter un spectacle trop horrible à Emily. Mais ça les rendrait vulnérables en cas d'attaque. Elle se devait de tenir son poste, de garantir la sécurité de Kegan et des autres. Même si le spectacle n'était pas beau à voir pour leur sauveuse.

Salut Emily, moi c’est Kegan. N’aie pas peur, ça va bien se passer. Je sais que c’est un peu difficile mais, euh… Tu vois, quand tu écrases des baies, tes mains deviennent rouges hein? Bien dis-toi que c’est la même chose! J’écrase tout plein de baies en dessous et ça tache beaucoup! 

Siobhán sourit. C'était le genre de phrase qu'elle aurait pu dire elle aussi, mais elle connaissait ssez Emily pour savoir que la petite était déjà bien trop au courant des choses de la vie pour croire ne serait-ce qu'une seconde à ce discours. Elle remercierait peut-être Kegan plus tard, mais là elle sembla se contenter de le snober plus ou moins pour s'atteler au vif du sujet : la vie ou la mort du blessé par balle qui gisait au sol.
Sio ne regarda pas vraiment la suite de la scène. Elle avait déjà vu la petite dévoiler son talent, et ça n'était jamais très plaisant. La concentration demandée était bien supérieure à celle qu'une enfant de son âge était censée fournir. La pauvre en ressortait souvent aussi épuisée que traumatisée, et la rouquine savait qu'il lui faudrait très certainement de la thérapie un jour dans sa vie pour passer à autre chose. Les nécessités de la guerre étaient très différentes de celles de l'enfance, et encore, Joe veillait à espacer le plus possibles les moments de « travail » de sa fille. Certains semblaient bien moins soucieux de sa santé psychologique.
La rouquine continuait de s'occuper de la sécurité. C'était plus facile pour elle. Elle avait toujours eu tendance à être très touchée par ce qui arrivait aux autres, ce qui expliquait en partie son rapprochement avec Sawyer. L'idée même de ce que pouvait ressentir Emily lui donnait envie de pleurer et le moment était mal choisi. Il valait mieux continuer l'observation : droite, gauche, haut, bas. Méthodiquement. Ne rien oublier. Et laisser les autres faire le reste.
Siobhán ne tourna même pas la tête en entendant Joe préciser qu'ils devraient rentrer. C'était normal. Emily avait besoin de repos ça ne faisait aucun doute, et le Quartier Général était tout proche. Curieuse l'archère finit par tourner la tête un instant pour apercevoir l'état de leur blessé. Il avait l'air mieux, mais toujours blessé bien évidemment : la mutation d'Emily faisait des merveilles, mais on ne pouvait pas non plus trop en attendre. Sio détourna vite le regard, pour reprendre la surveillance mais aussi échapper à la vue de tant de sang. Ce n'était jamais agréable.

- On peut pas le laisser là. Si ça se trouve, il est encore conscient et entend tout. Il pourrait avoir des informations. Mieux vaut le traîner avec nous. De toute façon dans cet état, il va mourir avant de se rendre là où il doit aller. On peut toujours essayer de lui extirper des informations. Après tout il vient de se faire tirer dessus et je suis presque sûr que sa propre équipe lui a fait ça. Il doit avoir une dent contre eux.

Emily hocha la tête, bien d'accord pour qu'on ne laisse pas quelqu'un ici avec le mal qu'elle s'était donné. Le regard de Joe croisa celui de la rouquine. Il ne dit rien mais semblait lui aussi d'accord. Il leur fallait un plan néanmoins.

-Surveille, Joe, j'ai une idée.

L'homme paraissait cependant peu décidé à laisser Emily toute seule. Il la tenait contre lui. C'était normal, c'était son père. Mais justement c'était l'occasion de changer un peu les idée de la demoiselle.

-Tu viens avec moi Emily ?

La petite préféra refuser et rester assise, les yeux dans le vague. Tant pis. Mais son père accéda finalement à la requête de Siobhán quant à son remplacement. L'Irlandaise se dirigea donc vers l'immeuble derrière eux, sans douter une seule seconde de ce qu'elle allait y trouver.Il lui fallait deux lattes de sommier d'un lit. Les portes étaient cassées, tout était ouvert, les gens étaient déjà venus à la recherche de provisions. Ils n'avaient cependant pas emporté le lit, et Sio y trouva ce dont elle avait besoin. Lorsqu'elle retourna dehors, avec ses deux lattes sur l'épaule, le regard de Joe s'illumina. Il avait compris son plan.
L'Irlandaise enleva son manteau, laissant apparaître son gilet pare-balle. Elle glissa une latte dans chaque manche, ce qui constitua ainsi un brancard de fortune. Restait maintenant à déterminer qui le porterait, et quel serait l'ordre de progression du groupe.

Bon, Kegan tu pourrais m'aider à porter ça ?

Siobhán était fatiguée rien que d'y penser, elle portait déjà son arc, ses flèches, son sac de matériel. Mais il était hors de question de laisser ce type là.
Une fois les derniers détails mis au clair, ils prirent la route. Emily devait cette fois marcher pour que son père puisse surveiller leur progression et assurer plus ou moins leur sécurité. Heureusement que le QG n'était pas loin. Ils mirent un moment à y arriver, à cause de la fatigue autant que de leur nouveau fardeau.
Ils entrèrent dans un bâtiment qui semblait vide, grimpèrent jusqu'au deuxième étage qui communiquait avec un autre bâtiment, redescendirent au rez-de-chaussé, puis à travers une trappe. Brouiller les pistes. Leur QG était avant tout sous-terrain, situé dans un vieux parking désert. Il n'y restait même pas de voitures. Rien d'intéressant. Et c'était plus sûr pour les bombardement. Pour le moment il n'y avait pas grand monde, les autres aussi avaient dû partir en mission. Les rebelles n'étaient qu'une vingtaine, même si leur action rayonnait aussi sur les civils qui ne les avaient pas rejoins.

-Bienvenue Kegan ,
murmura Siobhán alors qu'il s'agissait de décider plus sérieusement quoi faire de leur blessé.
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Kegan Liu
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MessageSujet: Re: War is the answer   Jeu 20 Oct - 16:05

On attend tous les trois alors que Sio prend la poudre d’escampette et disparaît derrière un bâtiment en ruine. Je ne pose pas de question parce que je sais très bien qu’elle est comme moi, très spontanée. Alors plutôt que d’essayer de comprendre ce qui lui passe par la tête, mieux vaut attendre qu’elle revienne et nous explique son plan elle-même. En la voyant revenir avec son petit bricolage, par contre, c’est assez évident qu’elle souhaite transporter notre blessé inconnu jusqu’à leur base. Évidemment, elle me demande de l’aider à le porter et honnêtement je me demande si on va réussir. Il est pas mal plus musclé que nous, et Sio, qui est déjà très mince, a l’air encore plus malade. De mon côté, je n’ai jamais été monsieur muscle. Je gonfle les joues pour faire sortir l’air tranquillement, un peu découragé, mais je me force quand même à sourire.

- Bien sûr, à votre demande mademoiselle.

La progression fut un peu longue, parce qu’il fallait faire attention de ne pas trop balancer notre civière de fortune. Un faux mouvement et le type se retrouvait par terre avec du gravier enfoncé dans… Bref. Apparemment, ils avaient déjà pensé à tout en s’installant là, et le chemin devait servir à brouiller les pistes. Je ne suis même pas certain que je serais en mesure de retrouver mon chemin tout seul si on me demandait de le refaire de moi-même. Toujours avec notre blessé de guerre, nous avons dû grimper des escaliers, en redescendre, passer par des couloirs, pour finalement descendre dans une trappe que j’aurais personnellement évitée à première vue après avoir écouté un tas de films d’horreur me conseillant de ne pas m’y laisser glisser.

Le blessé s’était mis à gémir un peu lors de sa descente dans le trou, suggérer qu’il commençait à se réveiller. Parfait, on allait pouvoir lui poser des questions bientôt, et s’assurer qu’il n’était pas une menace. Quoique dans son état, il n’aurait pas pu faire grand-chose d’autre que ramper comme une limace en douleur, et Sio peut rattraper n’importe qui à la vitesse de l’éclair de toute façon. En arrivant, je constate qu’il n’y a pas beaucoup de personnes, et que l’endroit est assez… Bordélique, je dois dire. Sombre, poussiéreux, et avec des montagnes de trucs. Plus un petit coin pour les blessés, et c’est dans vers là que nous nous dirigeons.

Je jette un coup d’œil autour de moi. Ils ont vraiment de n’importe quoi dans cet endroit, mais rien qui leur sois utile en tant de guerre. C’était probablement déjà là à leur arrivée. Par contre, c’est exactement le genre de matériel que je peux utiliser pour fabriquer des trucs, et l’idée me fait sourire. Au moins, je vais pouvoir me rendre un peu utile. Nous laissons le blessé dans un coin, et quelqu’un vient immédiatement s’occuper de lui. Il va probablement être hors de danger, suffit maintenant d’attendre qu’il puisse formuler des mots.

Je fais quelques pas en laissant mes yeux s’habituer au peu de lumière et je plonge une main dans mon sac pour sortir un tshirt, qui se transforme rapidement en masque de tissu pour protéger mes pauvres poumons de la poussière.

- Je vais être franc, parce que tu sais que moi la franchise j’aime bien ça… Je m’attendais à un peu plus que ça. Je veux dire, j’ai quitté mon loft en parfait état pour… ça? Comment vous faites pour vous nourrir, ou pour dormir, ou pour prévoir quoi que ce soit? Votre table a l’air d’être sur le point de rendre l’âme… Et puis, toutes ces étagères… Ça prend la majorité de l’espace. Sauf que ça tu vois, c’est pour ça que je suis là. Viens avec moi en attendant que l’autre se réveille.

Je prends la rouquine par la main et l’accroche à mon bras avant de commencer à marcher tranquillement à travers les rangées d’étagères pleines à craquer.

- Tu vois, un truc qui serait important à faire, bah ce serais de trier toute la merde qui s’est accumulée sur ces étagères au fil des années, pour pouvoir libérer l’espace. Par contre, je vois beaucoup de ferraille et des trucs en bois modifié. Tu sais ce que ça veut dire? Bah, ça veut dire que je peux en faire n’importe quoi. Malheureusement, j’aimerais bien te dire que je peux faire des armes à feu, mais j’ai aucune idée comment ça fonctionne, donc je ne peux pas. Par contre je peux faire n’importe quoi d’autre qui est moins complexe. En plus, une fois que tout ça va être vidé, bah on risque d’avoir une bonne cargaison de munitions, et tu vois toutes les étagères? On peut se servir des bases de métal pour au moins faire des lits superposés. Pour ça, va falloir envoyer quelques personnes chercher des vieux meubles rembourrés parce… C’est assez difficile faire des matelas sans trucs mous, hein. Et en plus, on aurait assez pour virer ton affreuse table rongée par l’humidité et se faire une surface de travail solide qui serait vraiment digne d’un QG parce que là, ça a l’air d’un trou à rats. Va falloir trouver un moyen d’avoir plus de lumière aussi. Et pour le reste… C’est pas mal, vous êtes bien protégés, mais faudrait plus que ça. Du genre… Ajouter une couche qui va vous éliminer des radars, et qui va faire en sorte que si tout au-dessus s’effondre, vous allez à peine être affectés.

Je me tourne vers elle, attendant une réaction à la suite de mon plan extraordinaire. Je pense que je vais avoir beaucoup de travail dans les prochains jours, mais ça va un peu changer de mes journées sans télé, sans jeux, et sans rien. Je suis une personne sociable, alors j’avoue que je commençais un peu à m’ennuyer à force de toujours être tout seul. Au moins ici je pourrai être utile, et rendre l’endroit plus confortable. Soudainement, j’ai une révélation, et je ne peux pas m’empêcher de parler assez fort pour que tout le monde se retourne.

- Sio, vous… Avez pas de chiottes?! Où est-ce qu’on est sensés pouvoir se soulager tranquillement et tout ça? Vous avez vraiment pensé à rien hein.
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Siobhán A. O'Cahir
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MessageSujet: Re: War is the answer   Dim 23 Oct - 10:40

À peine arrivés, le médecin du groupe remarqua immédiatement la présence d'un blessé. Difficile à vrai dire de passer à côté vu son état et son moyen de transport. Cependant il remarqua bien rapidement aussi que la personne en question lui était totalement inconnue et portait des vêtements militaires non identifiables et non identifiés. Il allait ouvrir la bouche quand Joe lui fit un signe de main le poussant à se dépêcher de le soigner plutôt qu'à traîner et à poser des questions auxquelles même lui aurait du mal à répondre. Le débat avait déjà été soulevé avec Siobhán.
La rouquine quand à elle s'étirait tranquillement en plein milieu du repère. Ce type était musclé et lourd, surtout qu'il portait encore sur lui ses rangers. La rouquine était musclée également, à cause de tout le sport qu'elle pratiquait avant la guerre et encore maintenant, mais le manque de nourriture l'avait fait maigrir et diminuait beaucoup des forces, comme pour tout le monde. Elle avait bien cru qu'elle allait lâcher leur brancard de fortune une fois ou deux et se demandait encore un peu, au fond, ce qui lui avait permis d'arriver jusque là sans incident.

-Je vais être franc, parce que tu sais que moi la franchise j’aime bien ça… Je m’attendais à un peu plus que ça. Je veux dire, j’ai quitté mon loft en parfait état pour… ça? Comment vous faites pour vous nourrir, ou pour dormir, ou pour prévoir quoi que ce soit? Votre table a l’air d’être sur le point de rendre l’âme… Et puis, toutes ces étagères… Ça prend la majorité de l’espace. Sauf que ça tu vois, c’est pour ça que je suis là. Viens avec moi en attendant que l’autre se réveille. 

La surprise face à Kegan dont le visage était recouvert d'une espèce de masque bizarre donnait envie de rire à la rouquine. Pourtant dés qu'elle entendit la suite des paroles de son ami elle se retrouva plus gênée qu'autre chose. Elle, elle n'avait rien promis de particulier au designer. Elle avait demandé s'il voulait les rejoindre, en précisant bien que rien ne l'y obligeait, et il avait accepté. À quoi s'attendait-il au juste ?
Il n'avait certainement pas conscience qu'ici ils étaient bien mieux lotis que beaucoup d'autres, parce que sa mutation l'avait gardé dans une tour d'ivoire déconnectée de la réalité. Ils avaient laissé leurs matelas pour le coin consacré aux blessés, qui en avaient visiblement plus besoin. La table était bancale et usée mais elle tenait encore le choc, et elle l'aurait même tenu encore mieux s'ils n'avaient pas décidé d'en couper quelques bouts pour alimenter le poêle qui leur servait de chauffage. Mais il y avait parfois des décisions à prendre, même si elles pouvaient s'avérer dangereuses pour le mobilier.
Mais Sio n'avait aucune envie de froisser son ami, et elle se força pour une fois à garder le silence. Elle avait fait quelques progrès significatifs à ce niveau, mais la surprise d'être attrapée ainsi par le bras pour aller faire un tour l'aidait beaucoup aussi.

 -Tu vois, un truc qui serait important à faire, bah ce serais de trier toute la merde qui s’est accumulée sur ces étagères au fil des années, pour pouvoir libérer l’espace. Par contre, je vois beaucoup de ferraille et des trucs en bois modifié. Tu sais ce que ça veut dire? Bah, ça veut dire que je peux en faire n’importe quoi. Malheureusement, j’aimerais bien te dire que je peux faire des armes à feu, mais j’ai aucune idée comment ça fonctionne, donc je ne peux pas. Par contre je peux faire n’importe quoi d’autre qui est moins complexe. En plus, une fois que tout ça va être vidé, bah on risque d’avoir une bonne cargaison de munitions, et tu vois toutes les étagères? On peut se servir des bases de métal pour au moins faire des lits superposés. Pour ça, va falloir envoyer quelques personnes chercher des vieux meubles rembourrés parce… C’est assez difficile faire des matelas sans trucs mous, hein. Et en plus, on aurait assez pour virer ton affreuse table rongée par l’humidité et se faire une surface de travail solide qui serait vraiment digne d’un QG parce que là, ça a l’air d’un trou à rats. Va falloir trouver un moyen d’avoir plus de lumière aussi. Et pour le reste… C’est pas mal, vous êtes bien protégés, mais faudrait plus que ça. Du genre… Ajouter une couche qui va vous éliminer des radars, et qui va faire en sorte que si tout au-dessus s’effondre, vous allez à peine être affectés. 

L'Irlandaise avait beau avoir eu plusieurs démonstrations du pouvoir de Kegan elle avait toujours du mal à en estimer la puissance et les potentialités. Ce qu'il proposait était purement... Génial. Ça suffisait à redonner toute sa joie de vivre à Sio qui commença tout s suite à se laisser déconcentrer pour tenter d'imaginer leur QG du futur.

- Mais c'est trop génial si t'arrive à faire ça! C'est vrai que c'est le bazar ici, mais bon c'était un mélange entre des caves et des garages, alors les gens laissaient traîner tous les trucs un peu nuls, d'ailleurs on a pas réussi à tout ouvrir alors si ça se trouve il y a encore des meubles qu'on pourrait récupérer, et ça pourrait en plus agrandir l'espace disponible ! Il faudrait faire un tri, et que tu nous dise de quoi t'as besoin pour qu'on se débrouille pour t'apporter tout ça!

Siobhán était à deux doigts de lui sauter dans les bras quand il reprit la parole plus fort, comme sous le poids d'une véritable révélation. Plusieurs personnes se retournèrent, dont Joe qui était pourtant absorbé jusque là dans une grande discussion avec sa fille. Kegan avait un vrai son pour attirer l'attention de tout le monde.

- Sio, vous… Avez pas de chiottes?! Où est-ce qu’on est sensés pouvoir se soulager tranquillement et tout ça? Vous avez vraiment pensé à rien hein.

Effectivement la situation était un peu compliquée à ce niveau. Ils s'étaient debrouillés jusque là mais les différentes solutions n'avaient été que temporaires et comportaient toutes des inconvénients plus ou moins grands. Ce ne fut pas Sio qui répondit d'ailleurs, mais une autre femme. Elle devait avoir facilement la quarantaine et s'appelait Isabelle, pour le moment elle était responsable de la gestion des stocks de nourriture et de munitions.

- Pour l'instant nous avons expérimenté plusieurs solutions, mais comme il n'y a pas d'électricité ou d'eau courante nous n'avons pas de..."chiottes" conventionnelles, effectivement. Si vous souhaitez vous soulager, on tente en ce moment un genre de toilettes sèches, c'est au troisième étage.

La femme désigna la trappe par laquelle ils venaient de descendre. Pour des raisons évidentes d'hygiène et d'odeurs ils n'avaient pas désiré garder ce genre de dispositif trop près de leur zone d'habitation. Et comme si elle se rendait soudainement compte de son impolitesse elle fit quelques pas en direction de Kegan et lui tendit la main.

- Isabelle Jenkins, responsable des stocks. Enchantée. Je pense pouvoir parler au nom de tout le monde en disant que nous sommes ravis de vous accueillir ici monsieur Liu.

La mission de Sio et Joe était connue de tous, tout comme le dossier de Levram où ils avaient trouvé la trace de Kegan. Tout le monde savait de quoi il était capable et il était vrai que sa venue était plutôt une excellente nouvelle pour tout le monde.
Mais tout cette scène de bienvenue fut coupée par la voix d'Emily.

- Siobháááán !

La rouquine tourna la tête pour remarquer qu'Emily l'appelait, à côté de son père et du médecin. Sans laisser le temps à Kegan de lancer une véritable discussion avec Isabelle, elle saisit son poignet et lui fit signe de la suivre en tirant légèrement dessus.
Une fois proche du trio dont venait l'appel, le médecin prit la parole tandis qu'Emily préférait aller faire un tour ailleurs.

- L'homme que vous avez ramené devrait pouvoir discuter avec vous d'ici quelques heures, il est réveillé mais trop faible pour le moment. J'ai discuté avec Emily, et je me suis occupé de sa blessure, pour moi il est clair que quelqu'un a voulu le laisser pour mort. Ils ne devaient pas imaginer qu'il puisse survivre à de telles blessures. Seulement on va bientôt manquer de matériel médical, il faudrait vraiment faire quelque chose...

Sio savait ce que ça voulait dire: comme elle était la plus rapide ici elle pouvait couvrir plus de terrain que les autres dans un même laps de temps. Ils comptaient principalement sur elle pour des missions qui comportaient un risque de combat, mais aussi pour du ravitaillement rapide. Elle lança un regard à Kegan, pour savoir s'il serait tenté par une autre sortie. De toute façon leur mystérieuse victime n'allait pas leur livrer ses secrets tout de suite...
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Kegan Liu
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MessageSujet: Re: War is the answer   Jeu 15 Déc - 16:40

Je croise les bras. Je suis prêt à faire des sacrifices et à ne pas me laver un certain temps mais tout de même, pas de toilette ? Ça c’est inconcevable. Je hoche la tête en faisant les cent pas. Une toilette sèche au troisième étage, on se demande bien à quoi ça va servir. Je me demande surtout où exactement ils ont trouvé l’espace pour creuser un trou. Et puis en plus, au troisième, c’est dangereux ! Des plans pour se faire exploser la tête par surprise en train de faire son numéro deux. C’est mieux que rien je suppose, mais c’est loin d’être idéal. Pour l’instant, ça va devoir faire, mais je jure que je vais réfléchir sur le sujet et trouver quelque chose de plus décent.

Je tends la main pour serrer celle de cette Isabelle responsable des stocks, en souriant quand même. Au moins, les gens ont tout de même l’air d’être sympathiques. Il vaut mieux, quand on est un peu forcés de vivre en colocation.

- Kegan ça me va hein, ‘’Monsieur’’ ça fait trop hiérarchique et important !

Je me sens tiré du côté opposé, et je fais un signe d’au revoir à ladite Isabelle. Apparemment, mon attention est demandée ailleurs, et je ne me fais pas prier pour suivre. J’écoute le médecin avec attention pour bien analyser les informations. Cette fois, je suis sérieux. Il y a des moments où il vaut mieux laisser les plaisanteries de côté. J’approuve ses dires, parce que c’est exactement ce que je pensais. J’avoue que je manque un peu de sensibilité face à quelqu’un qui était en train de mourir quelques minutes auparavant, mais ça nous fait marquer des points pour de l’information.

- Ouais c’est ce que je disais. Le seul truc, c’est que l’armée laisse pas ses morts comme ça, particulièrement si la personne est en vie. Il était clairement vivant, mais en train de crever. Moi j’ai l’impression que sa propre équipe s’est tournée contre lui, et je me demande pourquoi. Alors on va attendre qu’il puisse répondre aux questions, et on lui demandera plus tard. En espérant qu’il va vouloir nous déballer le morceau.

Je vois Siobhan qui me regarde, et je comprends son message subtil. Je ne sais pas si je vais vraiment être utile sur le terrain. Je sais au moins tirer de façon décente, et je peux offrir une certaine protection je suppose. Ou transporter des choses. Par contre, je ne sais pas du tout où nous allons trouver les trucs qu’on cherche. Peut-être qu’il y a des pharmacies dans le coin qui sont toujours en état. Je prends déjà mon sac, que je vide dans un coin, avant de le mettre sur mes épaules. Je vais avoir besoin d’espace pour mettre des trucs dedans. Une fois prêt, je fais signe à la rouquine : c’est quand elle veut.

______________________________________________________________

- Quoi ? Soldat Davis ?

Tu tournes la tête, sans toutefois vraiment entendre. Tu cherchais un signe depuis des mois, n’importe quoi qui puisse t’indiquer que tes amis étaient toujours en vie. Et maintenant que tu en as un, tu ne sais plus trop comment réagir. Tu es presque certain d’avoir sentis l’énergie de Siobhan, qui est maintenant si familière, et même celle de Kegan. Celui-ci n’est pas difficile à manquer. Son pouvoir est très puissant, et bien contrôlé. Tu as aussi eu l’impression qu’ils se trouvaient en présence de quelqu’un beaucoup moins expérimenté, pouvant soigner les autres.

Depuis ton entrée dans l’armée, tes supérieurs ont fait bon usage de ton pouvoir. Tu te rends parfois sur le terrain, mais généralement pour guider les autres soldats à travers les décombres. Cela a fait en sorte de t’offrir une place de choix auprès des autres plus haut gradés, mais a aussi provoqué de la jalousie chez tes comparses, insatisfaits des traitements de faveur que tu reçois. Ton travail est bien simple : Tu dois localiser les mutants qui sont toujours présents, afin de les secourir et de les rallier à votre cause. Du moins, c’est ce qu’on t’a laissé croire durant toutes ses semaines. Tu as bien vite réalisé que malgré tous tes efforts pour sauver le plus de personnes possibles, seulement quelques-unes arrivaient à faire le voyage jusqu’au campement. Les autres disparaissaient sans laisser de trace.

Fatigué par tous les entraînements et les sorties sur le terrain, tu ne te posais d’abord pas de question. Mais plus le temps passait, plus tu trouvais les choses bizarres. Comme par exemple, le fait que Siobhan ait été refusée, mais qu’on te traite presque comme un roi ou comme une pièce importante du jeu. Elle était nettement plus qualifiée que toi et ce, dans beaucoup de domaine. Tu avais fini par comprendre que plutôt que te désirer dans leurs rangs, l’armée souhaitait avoir accès à ton pouvoir. Et quelque chose te dérangeait depuis cette réalisation. Tu te repris toutefois, constatant que plusieurs personnes te perçaient maintenant du regard en tentant de te lire.

- Excusez-moi, Sergent. J’ai détecté quelque chose de très puissant, et j’ai parfois du mal à contrôler les effets secondaires. Je crois que nous devrions porter une attention particulière à cette section de la carte. Il semble y avoir des conflits. Par contre, les sujets se déplacent très rapidement.

Tu entends des murmures autours de toi, alors que tes supérieurs décident du plan d’action. Tu sais qu’ils vont envoyer des troupes vérifier tes dires mais cette fois, tu te dois d’être présent. Tu prépares ce plan depuis un moment déjà. Tu as des chances d’échouer, mais tu sais que ça vaut la peine. Si tu réussis, tu pourras enfin rejoindre tes amis et quitter l’armée qui, selon toi, n’est pas entièrement nette et honnête avec ses soldats.

- Très bien, Davis. Puisqu’il y a beaucoup d’habitants, je vais vous permettre de joindre l’expédition. Il y a toutefois des mutants qui sont contre la paix, et les armes sont donc nécessaires.

Tu pinces les lèvres en contrôlant tes expressions faciales. Tu as dû apprendre à rester de marbre et ne pas exprimer ton opinion. L’armée te fait encore plus sentir comme si tu étais en prison. Avec un peu de chance et beaucoup de débrouillardise, tu en seras bientôt sortit. Tu repenses à ce que l’on vient de te dire, songeant qu’il ne s’agit en fait que d’un prétexte pour excuser une attaque contre les mutants. Tu doutes depuis un moment que l’armée ne souhaite en fait pas vous protéger, les autres mutants et toi.

On te renvoie rapidement au campement, cet endroit que tu détestes, et là où tu dors avec plusieurs autres personnes dans des lits superposés. À ton entrée, tu reçois des regards haineux. Tu sais que tous sont jaloux, mais aussi très ignorants. Personne ne se doute qu’il se trame quelque chose dans leur dos, et tu te dis à toi-même que ceux ayant l’air gentils ne le sont pas toujours. Tu dois préparer tes choses pour ton départ. Tu sais déjà comment tu vas procéder. Tu vas les mener du côté opposé, pour ne pas risquer la vie de tes amis. Cela fait un moment que tu ressens qu’il y a beaucoup d’action dans ce secteur, et tu espères sincèrement que pour une fois, vous allez tomber sur des mutants qui veulent réellement du mal à la terre entière. Puis, dans la cohue du moment, tu vas tout simplement prendre tes jambes à ton cou, et espérer te rendre.
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Siobhán A. O'Cahir
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MessageSujet: Re: War is the answer   Lun 9 Jan - 10:24


 -Ouais c’est ce que je disais. Le seul truc, c’est que l’armée laisse pas ses morts comme ça, particulièrement si la personne est en vie. Il était clairement vivant, mais en train de crever. Moi j’ai l’impression que sa propre équipe s’est tournée contre lui, et je me demande pourquoi. Alors on va attendre qu’il puisse répondre aux questions, et on lui demandera plus tard. En espérant qu’il va vouloir nous déballer le morceau.

- Avec ce qu'on fait pour lui, j'espère bien !
Déclara Siobhán sans trop réfléchir.

Il ne manquerait plus que ça, sauver quelqu'un dont le camp est totalement inconnu, prendre le risque qu'il se retourne contre eux et ne leur dise rien ... Même s'il n'était pas de leur bord, même s'il était peut-être contre les mutants, ou contre les humains, il devrait avoir de la reconnaissance pour eux après ça. Peut-être même que ce serait l'occasion pour lui de revoir sa position: il venait certainement de se faire poignarder dans le dos par ses alliés. La rouquine savait très bien ce qu'elle aurait pensé dans ces cas là et ça n'était pas tendre pour les traîtres. D'une manière générale Siobhán n'était pas tendre envers les gens qui ne respectaient pas leurs engagements ou ne donnaient pas le meilleur d'eux mêmes.
Kegan semblait tout à fait disposé à former avec elle un petit binôme d'opération. Il avait vidé le contenu de son sac quelque part, prêt à le remplir avec autre chose et si possible du matériel médical. L'Irlandaise s'étira avant de passer ses mains sur son visage. Elle qui ne manquait jamais d'énergie commençait à se sentir fatiguée par la situation, il fallait dire qu'elle ménageait ses efforts moins que quiconque.

- Garde l'arme que je t'ai donnée tout à l'heure, j'en prends une autre.

Elle savait bien que Kegan n'avait pas perdu de temps pour se l'approprier, et la modifier sans doute un peu pour qu'elle lui convienne mieux. Il était inutile de lui infliger ça une deuxième fois. Siobhán n'eut pas besoin de plus d'arguments pour se voir confier un pistolet, qu'elle attacha à sa ceinture. Ses flèches étaient surtout utiles lorsqu'ils tombaient sur certains mutants capables d'altérer l'usage d'armes à feu, ou qui ne portaient pas de casques. Même si elle avait fait carrière dans le tir à l'arc, son père l'avait suffisamment entraînée aussi avec ce type d'outils pour qu'elle fasse l'unanimité du point de vue militaire parmi les Rebelles.
Après avoir récupéré sa nouvelle pièce d'équipement, la jeune femme fouilla dans son sac comme Kegan afin de l'alléger autant que c'était possible. Elle gardait néanmoins sur elle des munitions, des flèches et des balles, une carte de la zone, un talkie-walkie un peu abîmé et qui ne marchait pas toujours mais qui pourrait peut-être servir, une bouteille d'eau, et le reste de sa petite trousse de secours déballée plus tôt pour le soldat inconnu. Voilà qui devrait faire l'affaire, et de toute façon les Rebelles n'avaient pas énormément de possessions et même s'il manquait quelque chose à la rouquine ils auraient eu du mal à le lui fournir.

- Je suis prête!
Annonça Sio à son ami, en lui tendant des munitions pour son arme. Il risquait d'en avoir besoin. Économise les si tu peux, on en a pas beaucoup.

Elle attendit un instant, mais son impatience naturelle avait repris le dessus. Elle avait l'impression d'avoir laissé un silence si long qu'il en était indécent, mais lorsqu'elle parla à nouveau Kegan n'avait certainement pas eu le temps de ranger ce qu'elle venait de lui donner .

- Prêt?


Elle attendit sa réponse un court instant, puis se dirigea vers la sortie avec assurance, son sac sur le dos, son arc à la main. Un peu comme si elle allait chasser du gibier, ce qu'elle aurait honnêtement préféré. Les enseignements de son père lui avaient parfois semblé inutiles, ou amusants, mais plus maintenant. Ni pour l'un ni pour l'autre.
Elle choisit exactement le même chemin que celui qu'ils avaient emprunté à l'aller pour que le designer puisse s'habituer. Il y avait plusieurs manières de rentrer au QG sans indiquer clairement la direction mais il valait mieux les apprendre une par une pour ne pas tout mélanger. À vrai dire elle réfléchissait encore à l'endroit qu'ils allaient bien pouvoir visiter ensemble. Les Rebelles avaient déjà fait plus ou moins le tour du quartier, et il fallait forcément commencer à s'éloigner de plus en plus pour trouver d'autres ressources. La pauvre Emily ne remplacerait jamais un médecin bien fourni, son efficacité était indéniable mais le nombre de patients à traiter était bien trop important pour elle et son jeune âge. Sio s'approcha doucement d'une fenêtre et dit signe à Kegan de la rejoindre. Suite à un bombardement la vitre s'était cassée mais le mur tenait encore, et on votait encore nettement la place de la fenêtre. Ils étaient à présent dans un immeuble différent de celui qui abritait le QG, si bien placé stratégiquement que les Rebelles y avaient placé longtemps un poste de garde, avant que l'état de la toiture ne devienne trop préoccupant pour y rester de manière permanente. Maintenant ce n'était plus qu'un point de passage, que Sio souhaitait montrer à Kegan pour diverses raisons.

- Ici avant c'était un poste de garde, mais le toit va bientôt tomber alors généralement on fait que passer, on a arrêté d'envoyer des gens ici.


Elle pointa rapidement du doigt les zones les plus dangereuses de la toiture, les endroits sous lesquels il valait mieux ne pas trop s'aventurer sauf cas exceptionnel.
Siobhán se retourna alors vers la fenêtre. Elle n'avait pas amené Kegan ici pour rien, il s'agissait de lui donner une idée du périmètre de "contrôle" des Rebelles, et du périmètre dont ils avaient déjà utilisé les ressources.

- De là,
dit-elle en désignant un immeuble au loin, jusque là, termina-t-elle en balayant le paysage avec sa main, c'est plutôt une zone rebelle. Pas trop de danger quoi. Sauf là, près de l'ancienne station essence, y a souvent des gens qui traînent pour chercher des trucs mais c'est vide depuis longtemps.

Fidèle à son bavardage habituel et à sa difficulté à se taire et à se concentrer sur l'essentiel, Sio reprit.

- Y a deux pharmacie dans la zone rebelle, une qu'on a déjà vidée entièrement, et l'autre à laquelle on a pas réussi à accéder parce que les boutiques autour se sont un peu effondrées pendant un bombardement, et y a trop de décombres.


Elle tourna la tête vers son ami. Parfois elle avait tendance à oublier les possibilités dont il était pourvu grâce à sa mutation. Et parfois elle s'en rappelait, mais sans jamais connaître précisément leurs limites. Pourrait -il faire quelque chose ? Pas forcément aujourd'hui, car même pour lui le travail serait sûrement long, mais c'était quelque chose à envisager. Si c'était possible.

- Tu crois que tu pourrais faire quelque chose ? Pas forcément maintenant hein, mais à un moment ?


Elle réfléchit un moment. Un court moment, évidemment.

- Sinon, je connais plusieurs autres pharmacies susceptibles de pas avoir été vidées complètement, mais faut se rapprocher du front.

C'était risqué mais ça pouvait rapporter gros. Elle laissait néanmoins le choix à Kegan, elle savait qu'il n'avait pas véritablement l'âme d'un combattant et ne souhaitait pas l'exposer au danger pour rien, surtout dés son premier jour parmi eux.
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Kegan Liu
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MessageSujet: Re: War is the answer   Lun 9 Jan - 15:18

La dernière touche, c’est de bien ranger mon arme et les munitions, que je fais le plus rapidement possible en voyant à quel point Siobhán est pressée de ficher le camp. Honnêtement, ça ne me dérange pas non plus. Je me sens assez coincé, dans cet espèce de bunker où je ne peux pas m’asseoir avec un groupe de personnes qui auraient bien besoin d’utiliser une vraie salle de bain. Je sais que j’ai des chances de me faire tirer dessus et la perspective m’intéresse beaucoup moins, mais si nous arrivons à ramener ou repérer des trucs qui pourraient aider, je suis sûr que ça rendrait la vie plus facile pour tout le monde.

Je la suis sans dire un mot, parce que je suis concentré à essayer de m’imprimer le chemin dans le cerveau, au cas où. J’aurais l’air stupide de devoir revenir par moi-même, mais continuer à faire le tour du bâtiment sans me souvenir par où passer. Je n’ai pas vraiment un bon sens de l’orientation, mais je porte très attention aux détails et c’est certainement ce qui m’aide. Les choses ne bougent pas trop vu comment la ville est morte, et je pense donc pouvoir me rappeler de certains éléments qui sont spécifiques à des endroits particuliers. Ça va ensuite me servir à retrouver mon chemin. Ou en tout cas, c’est ce que j’espère.

Alors que nous nous arrêtons à l’ancien poste de garde, je jette un coup d’œil au plafond. Effectivement, le bâtiment en général est en assez mauvais état, mais les murs sont évidemment plus solides. Par contre, il est fabriqué de matériaux modifiés, ce qui veut dire que je peux certainement en faire quelque chose. Rien d’exceptionnel bien sûr, mais je pourrais au moins faire en sorte que les gens n’aient plus à craindre de se faire écraser comme des crêpes. Et en plus, Sio a raison : être ici donne une bonne vue d’ensemble des zones extérieures. Perdre un point stratégique comme celui-là, ce serait vraiment dommage. J’écoute avec attention en réfléchissant à la meilleure chose à faire.

- Bon… Pour la pharmacie sous les décombres, c’est bon pour nous. La majorité des gens n’ont pas le matériel pour aller creuser et tout ça, alors que moi je peux nous faire un tunnel à la main pour entrer. Le seul truc, c’est que ça risque de prendre du temps mais là, on a besoin de quelque chose rapidement. Alors je garderais cette pharmacie pour plus tard, quand la situation va être moins urgente. Ça nous rapproche du front mais en même temps, toi t’es rapide, tu peux facilement entrer sans que personne ne te voit, pendant que je monte la garde ou quelque chose du genre.

La décision est rapidement prise, et nous partons finalement.

______________________________________________________________

Tu es anxieux et très tendu. Tu ne sais pas si ton plan va fonctionner, et tu crains qu’on ne te surprenne en train d’essayer de déserter. Tu te doutes que ton pouvoir leur est très utile et qu’ils ne te feraient pas disparaître, mais tu n’oses pas imaginer jusqu’où ils iraient pour te faire parler. Tu attends ton tour pour monter dans l’un des véhicules tout terrain que l’armée utilise pour se déplacer plus rapidement à travers les décombres. À l’intérieur, tu peux y trouver beaucoup de matériel utile comme des armes, des munitions, des choses à manger (bien que ce ne soit pas très appétissant) et du matériel de premier soin. Tu as bien l’intention de faire de ton mieux pour remplir ton sac le plus possible avant de déguerpir. Avec un peu de chance, tu auras une diversion.

Le trajet est beaucoup plus long que tu pensais. Afin d’éviter des confrontations supplémentaires qui pourraient causer des pertes, ton équipe prend bien soin de faire certains détours avant d’arriver sur le territoire que tu as personnellement visé. Tu n’as pas besoin qu’on te fasse un dessin pour comprendre que ton escouade va tenter d’avoir un élément de surprise en sa faveur, ce que tu trouves assez étrange considérant que leur mission est supposément d’aider les mutants qui pourraient être visés. C’est la première fois que tu participes à une opération du genre, même si tu es déjà allé sur le terrain, et tes soupçons ne font qu’être confirmés.

Tu mets finalement pied à terre, ton arme dans les mains. Il commence à faire sombre, ce que tu aimes plus ou moins. Ça peut être un avantage, mais aussi te tirer dans le pied. Tu risques d’avoir plus de facilité à prendre la poudre d’escampette, mais ne pas trop voir où tu vas est dangereux. Tu réalises que l’escouade au complet fixe maintenant son attention sur toi, probablement parce que tu es le seul à réellement savoir où aller. Tu gardes un air sérieux, pour éviter que quelqu’un ne découvre que tu es en train de tous les mener en bateau. Tu pointes un groupe d’immeubles qui semblent encore être en bon état. Tu as effectivement senti de l’activité dans le coin, mais c’est plutôt calme. Les occupants doivent savoir que vous êtes là.

- Il y a une plus forte concentration dans ces immeubles. Je conseille d’y aller tranquillement, étage par étage, pour éviter de trop surprendre et de causer des affrontements inutiles…

- Ton boulot est terminé, Davis.

Tu te tournes, surpris, vers l’un des soldats plus haut gradés que toi qui vient de te couper la parole. À en juger par les expressions des autres, tu comprends que personne ne risque d’être de ton côté.

- Tu nous a accompagnés seulement pour jouer la boussole. Maintenant qu’on sait où on va, ton travail est terminé. Je te conseillerais de te souvenir que même si tu as les faveurs des commandants, t’en ai pas un et encore moins ici alors c’est pas à toi de décider du plan. Comme tu passes ton temps dans les quartiers et non sur le terrain, tu vas rester ici et nous communiquer les informations.

Tu ne répliques pas. Tu as appris à garder le silence et rester à la place qu’on t’a assignée. Tu réprimes même un sourire. Les choses se déroulent mieux que prévu. Alors que tout le monde va partir, sauf peut-être deux ou trois soldates pour garder vos deux véhicules, tu vas pouvoir rester derrière. Prendre la fuite risque d’être moins difficile de cette façon. Tu n’auras qu’à gagner du temps jusqu’à ce qu’il se mette à faire un peu plus sombre dehors.

Tu attends en écoutant distraitement les indications de vos chefs, qui ne te concernent pas vraiment. Ton travail c’est d’identifier les mutants lorsqu’il y en a, et donner quelques indications sur leurs capacités, et tu n’as donc pas grand-chose à voir avec les opérations sur le terrain. Durant un instant, tu songes que la plupart doivent te prendre pour un gamin qui croit savoir tirer avec une arme, mais qui ne sais en fait pas grand-chose. Tu n’as jamais parlé de ton parcours personnel, et tu te doutes qu’ils ne doivent pas savoir que tu as été entraîné à Levram et que tu as développé des connaissances dans beaucoup d’autres sphères autres que d’apprendre à tirer et se défendre au corps à corps. Tu remarques aussi que dans toute l’équipe, tu sembles être le seul mutant.

Au bout d’un moment, tu te retrouves seul à l’arrière du véhicule, armé d’un système de communication pour pouvoir rejoindre tout le monde. Tu es sensé leur donner des indications, mais tu inventes des choses depuis le début. Tu es plutôt intéressé par quelque chose d’autre, une énergie que tu reconnais. Deux, même. Tu avais du mal à bien capter, mais ils sembleraient que les sujets de ton intérêt soient maintenant plus près de toi qu’ils ne l’étaient. Tu dois rapidement quitter, pour éviter qu’ils n’approchent trop. Tu ne voudrais pas qu’il arrive quelque chose à Kegan et Siobhán, puisque ce serais en partie ta faute. Au bout d’un moment, tu entends une forte détonation, et des cris. Tu te lèves sur ton siège pour aller voir ce qui se passe, et tu aperçois des flammes. Il y avait effectivement des mutants, mais de ce que tu comprends, l’armée sensée les protéger fait plutôt le contraire, et tes soupçons se confirment.

Rapidement, tu remplis ton sac alors que les deux soldats qui gardent les véhicules s’éloignent de toi pour monter la garde à l’extérieur. Tu continues de donner des indications en les faisant plutôt s’éloigner cette fois, car tu as l’impression qu’ils ne veulent probablement pas trop de bien aux gens qui croisent leur route. Tu es rapidement chargé d’un tas de choses très utiles qui vont certainement servir à tes amis une fois que tu les retrouveras. Alors que tu t’apprêtes à sortir, la porte s’ouvre violemment, et tu tombes nez à nez sur des personnes qui ne te disent absolument rien, et qui ne semblent déjà pas t’apprécier. Avant de te faire tirer dessus, tu lèves les mains.

- Attendez, je suis comme vous! C’est une ruse, ils font croire à tout le monde qu’ils veulent nous aider mais finalement, ils ne gardent que ceux qui leurs sont utiles et les autres…

Tu réalises que tes paroles sont probablement vraies. Sinon, ils ne t’auraient jamais permis de rester. Tu te rends compte qu’ils ont probablement laissé Siobhán partir pour que tu ne te doutes de rien et que tu n’aies pas de soupçons. Les inconnus te regardent, sans être trop certains. Tu ne sais pas non plus s’ils sont seulement des rebelles, où s’ils militent pour la suprématie des mutants. Tu finis par te lever et te diriger vers l’extérieur, alors que tu entends des coups de feu. Ils viennent d’être repérés, et c’est ta dernière chance de t’enfuir.

- Allez-y, si vous avez besoin d’arme, de minutions, ou n’importe quoi. C’est votre seule chance de faire le plein.

Ils hésitent, mais te laissent finalement passer. Leur besoin de matériel était plus important que toi, et tu n’es pas surpris. Tu prends les jambes à ton cou, l’oreillette toujours accrochée à ta tête, et tu entends tes supérieurs te crier de leur donner des informations et te demander pourquoi tu restes si silencieux. Toujours en courant, tu leur envoies un dernier message, prenant soin qu’ils entendent les coups de feu derrière, pour dire que vous venez de vous faire attaquer. Tu retires ensuite l’oreillette, seulement pour la lancer plus loin et ne plus te retourner.
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Siobhán A. O'Cahir
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MessageSujet: Re: War is the answer   Lun 23 Jan - 6:08

 Bon… Pour la pharmacie sous les décombres, c’est bon pour nous. La majorité des gens n’ont pas le matériel pour aller creuser et tout ça, alors que moi je peux nous faire un tunnel à la main pour entrer. Le seul truc, c’est que ça risque de prendre du temps mais là, on a besoin de quelque chose rapidement. Alors je garderais cette pharmacie pour plus tard, quand la situation va être moins urgente. Ça nous rapproche du front mais en même temps, toi t’es rapide, tu peux facilement entrer sans que personne ne te voit, pendant que je monte la garde ou quelque chose du genre.


Siobhán sourit un peu. Elle n'était pas sûre d'être capable d'aller si vite qu'on ne la verrait pas, mais l'idée que Kegan pense ça était plutôt flatteuse. De toute façon la rouquine était soulagée. Kegan avait pris la décision qu'elle-même aurait choisi, elle n'était donc pas responsable de sa venue vers le front. Sio savait très bien que se rendre là-bas impliquait des dangers, et elle préférait voir Kegan prêt à les courir sans l'influencer.

- Alors en route !

Voilà une décision rapide. Ils partirent sans attendre, Siobhán servant de guide. La distance à parcourir n'était pas si grande que ça, mais il était évidemment impossible d'avancer en ligne droite, ou de choisir le chemin le plus court et le plus direct. Ils s'arrêtaient parfois pour observer la carte, mais jamais longtemps, et restaient sur leurs gardes.
Ils n'étaient plus très loin lorsqu'ils purent entendre des bruits de véhicule. C'était étrange. Il n'y avait rien d'autre ici que quelques boutiques sûrement désertes et des immeubles. La zone était proche du front, et il fallait s'attendre à croiser des soldats, mais... Un véhicule? Ils devaient donc être nombreux. Et pourquoi se déplaceraient-ils en grand nombre ? Ici ?
Sio fit signe à Kegan de la suivre tandis qu'elle entrait dans le hall d'un immeuble, pour y être hors de vue. Elle sortit de son sac le talkie-walkie, bien décidée à prévenir les Rebelles de ce mouvement de troupe étrange. Il grésilla un moment, signe qu'il était dans une de ses périodes d'état de marche, mais quand la jeune femme voulut transmettre un message il s'éteignit. Plus de batterie. Il allait falloir transmettre cette information à leur retour uniquement, et il fallait pour le moment qu'ils se renseignent plus précisément sur ce qui était en train dE se passer par ici.
Sans même vraiment se soucier de savoir si son ami la suivrait, Siobhán sortit. Sur ses gardes, elle passa d'entrée d'immeuble à entrée d'immeuble, pour se rapprocher le plus possible des véhicules de l'armée. Ça ne pouvait être que l'armée, plus personne d'autre n'avait de carburant maintenant. Mais quelle armée? Celle des mutants, celle qui voulait la suprématie des mutants, aurait très certainement trouvé un autre moyen, plus disrect, de se rendre ici. Il devait donc s'agir de l'armée "humaine", qui prônait bien évidemment le respect des différences. L'armée que Sio avait échoué à intégrer. Des alliés théoriques.
Que faisaient-ils ici ? La curiosité de l'Irlandaise était mal placée, comme toujours. Elle aurait très certainement dû faire demi-tour et rentrer au Q.G. Mais ne rien ramener ? Hors de question. Et la pharmacie était en vue, au rez de chaussée d'un immeuble. Peut-être que l'armée était venue pour ça? Il suffirait peut-être de discuter gentiment pour obtenir qu'ils les laissent embarquer un petit quelque chose...
Ils sortirent tous du véhicule, en formation de combat. Elle savait reconnaître ce genre de choses depuis longtemps. Elle murmura.

- Kegan ? Pourquoi ils font ça? C'est une formation offensive, et y a personne normalement ici...

Elle attendit. Ils ne venaient pas vers eux, il n'y avait pas de risque pour le moment. En tout cas pas pour eux, mais les détonations, les cris, les flammes qu'ils apercevaient là bas... Un groupe de personnes, qui ne portaient pas d'uniformes quelconques, se dirigea alors vers le véhicule arrêté. Les gardes censés le surveiller étaient partis. Seulement il restait quelqu'un. De loin Sio ne le reconnut pas. Il semblait discuter avec les personnes qui voulaient s'emparer du véhicule, les mains levées, et quand l'affaire fut réglée le militaire s'enfuit en courant, avec un sac à dos, dans une direction différente de celle de ses alliés. Un traître, un déserteur. Certes. Mais qu'avaient fait les autres ? Pourquoi ces cris et ces flammes ? Sûrement un groupes d'ennemis, cachés là. Les personnes qui avaient discuté avec le militaire s'étaient totalement emparé du véhicule et fuyaient maintenant sur quatre roues. Les bruits de combats, d'armes, de feu, de cris, cachaient sûrement leur fuite.
Que faire ? Attendre encore pour en voir plus, et peut-être courir un risque encore plus grand ? Fuir, et rentrer sans rien ? Alors qu'ils étaient si près du but ?
Elle se tourna vers Kegan. Il voudrait sûrement partir, lui, mais pas elle. Pas sans rien.

- Couvre moi. Et s'il y a des coups de feu, tire toi.


Elle vérifia l'attache de son arc dans son dos, pour qu'il ne tombe pas. Elle attrapa son pistolet, et regarda droit vers sa destination. Et... Elle disparut. Il était difficile de la suivre du regard, elle allait si vite que lorsqu'on la voyait il était probable qu'elle ne soit déjà plus là. Elle était cependant encore loin d'être invisible.
La porte de la pharmacie était fermée. Siobhán ne perdit pas de temps à réfléchir, elle donna un énorme coup dans la vitrine et se glissa à l'intérieur malgré les débris de verre. Pistolet en main elle fit le tour des étagères encore remplies. Que faire ? Que prendre ? Elle attrapa des compresses, du désinfectant, et ensuite prit au hasard des boîtes de pilules sur les étagères, ne sachant pas vraiment ce qui serait le plus utiles. Elle s'était attendue à ne pas avoir trop de choix et à ne pouvoir prendre que ce qui resterait. L'abondance la rendait indécise.
Alors, elle entendit des bruits de pas. De précipitant vers le comptoir à l'aide de sa mutation, elle serra avec force son pistolet, prête à s'en servir. Ami ou ennemi ? Kegan avait-il traversé pour la rejoindre ? Ou était-ce quelqu'un d'autre? Les militaires avaient-ils remarqué la vitrine brisée ? Peut-être qu'ils voulaient eux aussi s'emparer de médicaments. Peut-être voulaient-ils sécuriser la zone.
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Sawyer T. Davis

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MessageSujet: Re: War is the answer   Lun 23 Jan - 16:16

Tu regardes devant, toujours en courant. Jeter un coup d’œil derrière te ralentirait, tu ne peux pas te le permettre. Tu te souviens où avoir sentis la présence de Siobhán, Kegan et d’autres mutants mais dans tout ce bordel, c’est difficile de t’orienter. Tu n’auras pas le choix de prendre une pause, pour essayer de savoir exactement où tu te trouves, à quel endroit tu pourras les trouver et surtout, comment te rendre. Et pourtant, quelque chose te dit qu’ils sont peut-être plus près que tu le penses.

Tu t’arrêtes un instant, caché derrière les décombres, et tu tentes de reprendre ton souffle. Tu te concentre et tourne un peu sur toi-même, mais il n’y a pas de doute. Tu reconnais très bien l’énergie étourdissante de la rouquine, qui est beaucoup plus puissante soudainement que tout ce que tu as pu ressentir dans les derniers mois. Tu es convaincu qu’elle n’est pas bien loin. Tu te mords un peu la lèvre, insatisfait par la situation. Le but de toute cette manœuvre, c’était que tu puisses te rendre à eux le plus rapidement possible, et non l’inverse. Maintenant que tu es certain que cette soi-disant armée n’œuvre pas pour vous protéger, toi et les autres mutants, tu regrettes d’avoir traîné tes amis dans une situation comme celle-là. Le mieux pour vous, c’est de vite vous retrouver, et ficher le camp le plus rapidement possible.

Tu te concentre sur la direction vers laquelle tu ressens le plus d’énergie, et tu commences à t’y diriger rapidement. Il semblerait qu’elle soit maintenant dans un bâtiment et même si tu as du mal à sentir quoi que ce soit, tu ne l’as pas vue en sortir. Tout le monde étant occupé ailleurs, ou dans les gros gratte-ciels, tu vois enfin une ouverture pour t’élancer dans la rue et la traverser le plus vite possible, sans que personne ne te voit. C’est exactement le genre de diversion que tu voulais.

Tout comme ton amie, tu passes par la porte qui ne manque pas de t’écorcher au passage. Malgré la pénombre, tu finis par comprendre que tu te trouves dans une pharmacie, et tu n’es pas trop étonné. Vous avez peut-être accès à tout ce dont vous avez besoin dans l’armée, mais tu sais que ce n’est pas le cas de tout le reste du monde coincé à l’extérieur. Même si tu ne la vois pas encore, tu sens qu’elle est là, et tu as l’impression que les battements de ton cœur résonnent à travers toute la boutique. Tu ne l’as pas vue depuis des mois, et vous avez probablement tous changés. Tu te souviens du moment où tu as finalement senti sa présence ou plutôt, celle de son pouvoir. Tu ne t’étais pas sentis aussi soulagé depuis très longtemps, et cela t’avais laissé un certain sentiment de réconfort.

Tu marches tranquillement en tentant de passer par-dessus les débris, mais tu sais que tu fais du bruit. Tu tournes la tête subitement vers le comptoir de la pharmacie, au fond. Tu es convaincu qu’elle est là, et qu’elle doit se cacher. Après tout, tu n’as pas annoncé ta présence, il ne fait pas particulièrement clair, et elle ne doit avoir aucune idée que tu la cherchais tout ce temps. Tu fais quelques pas dans sa direction, puis tu t’arrêtes. Il vaut mieux pour toi de gâcher la surprise maintenant que de risquer qu’elle ne te tire dessus par accident. Tu ne souhaites pas vraiment avoir des retrouvailles digne d’un film de romance dramatique.

- Sio? Sio, tu m’entends?

Il y a un gros silence, interrompu par les bruits des affrontements à l’extérieur. Cette fois, tu ne prends pas de précaution, et tu te mets presque à courir entre les allées alors que ton sac à dos frappe des objets au passage et que tu dois esquiver des étagères. Tu sais qu’elle t’a entendu, mais qu’elle a probablement du mal à croire que ça puisse être toi. Tu ne pourrais même pas dire depuis combien de temps tu n’as pas vu son visage, et entendu le son de sa voix. Si tu refusais de te l’avouer avant les événements, tu assumes maintenant pleinement que tu éprouves des sentiments forts pour elle depuis longtemps déjà.

Arrivé au comptoir, tu sautes par-dessus pour te laisser glisser de l’autre côté, tes bottes venant s’écraser lourdement sur le sol jonché d’un peu n’importe quoi. Et c’est là que tu la vois, là, accroupie derrière le comptoir. Tu as l’impression que ton cœur va lâcher. Même si l’endroit n’est pas très éclairé, tu arrives tout de même à bien la voir, et tu as l’impression qu’elle est encore plus mince qu’elle ne l’était avant. Tu te sens coupable d’avoir gagné des muscles de ton côté, puisque tu mangeais trois repas par jour qui, bien que très peu appétissants, te remplissaient bien l’estomac. Tu ne sais pas trop si tu as envie de sauter de joie, ou pleurer de soulagement, et ton visage doit avoir l’être de se tordre un peu sous l’indécision. Néanmoins, tu sais une chose, et c’est que tu dois la serrer dans tes bras. Ce que tu fais immédiatement après t’être mis à genou par terre et avoir tendu les bras pour la tirer contre toi. Tu pourrais très bien la serrer au point de l’écraser pour confirmer qu’elle est bien réelle, mais elle semble maintenant tellement frêle que tu as presque peur de la casser et qu’elle disparaisse.

- Je t’ai trouvée. Finalement. Ça fait des mois que je vous cherche. Des mois que j’essaie d’organiser un plan pour sortir de là. Je suis désolé, je n’aurais jamais dû accepter d’y entrer en te laissant derrière. Tout ça, c’était une arnaque. Ils m’ont gardé pour m’utiliser. Tous les autres qui ne servent à rien…

Tu ne trouves plus les mots. Le pire dans tout ça, c’est que c’est en partie de ta faute. Tu leur as dit où trouver les autres mutants, en ignorant totalement ce qui se tramait derrière. Et encore une fois, tu les as menés à des gens qui n’ont rien demandé, tout simplement pour avoir une excuse pour t’enfuir. Tu ne t’attendais pas à ce qu’ils trouvent tant de gens. Après tout, ton seul moyen de les détecter, c’est lorsqu’ils utilisent leurs pouvoirs, ce qui n’était pas le cas lorsque tu as choisi cet endroit. Pourtant, tu te jures que tu feras tout pour te rattraper. Après tout, tu as passé des mois à être témoin de leurs stratégies, et à les diriger. Tu sais comment ils fonctionnent, ou presque. Tu repousses un peu Siobhán, mais sans la lâcher. Tu ressens un intense besoin de pousser les retrouvailles physiques un peu plus loin mais maintenant que tu regardes son visage de plus près et que tu plonges ton regard dans le siens, tu te sens particulièrement coupable, et n’y arrive pas. Après avoir abandonné les autres, tu ne peux pas soudainement te pointer et faire tout ce qui te plairait sous prétexte qu’ils t’aient manqué.

- Où est Kegan? Je pensais qu’il était avec toi… Du moins, je l’ai sentis.
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Siobhán A. O'Cahir
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MessageSujet: Re: War is the answer   Lun 23 Jan - 17:09

Des bruits de pas, écrasant le verre brisé de la vitrine contre le carrelage. Lents. Siobhán souffle lentement. Elle tenait son arme d'une main assurée, prête à s'en servir. Ce ne serait pas la première fois qu'elle tirerait sur quelqu'un avec de vraies balles. Les pas se rapprochaient, il semblerait qu'il n'y ait qu'une seule personne. Elle serra un peu plus les doigts sur son arme, d'ici quelques secondes elle surgirait du comptoir et tirerait. Une, deux...

- Sio? Sio, tu m’entends? 

Sa main se mit à trembler lorsqu'elle entendit et reconnut cette voix. Elle rangea brusquement son pistolet à sa ceinture, craignant tout à coup de blesser qui que ce soit. Elle ne sortit pas de sa cachette, elle.ne bougea plus, elle ne dit rien. C'était impossible. Elle avait rêvé.
Elle n'avait pas le choix d'y croire pourtant, personne ici ne connaissait son prénom à part Kegan, et manifestement ce n'était pas lui. Ce devait être une hallucination. La faim la rendait peut-être trop fragile, et la vie du véhicule de l'armée avait peut-être poussé son esprit à penser à Sawyer.
Pourtant il y avait bien les bruits. La personne s'était mise à courir, les étagères faisaient un bruit monstre... Siobhán ne bougea pas, accroupie derrière son comptoir. Et si c'était un ennemi ? Elle était complètement perdue, incapable de croire réellement à l'arrivée de celui qu'elle avait reconnu, incapable de faire face au potentiel danger que ça impliquait. Immobile.
Et il fut là. Sautant au dessus du comptoir pour atterir à ses côtés après une légère glissade, c'était bien lui. Mais Sio ne bougea pas. Il la tira contre lui, et elle se laissa faire.
C'était comme si son coeur allait faire exploser à poitrine à force de battre si fort. C'était bien la seule partie de son corps à réagir. Elle voudrait pleurer, à cause du soulagement, mais aucune larme ne vint. Elle voudrait sourire, à cause de sa joie, mais son visage resta définitivement neutre. Elle ouvrit juste la bouche, pour parler, mais aucun son ne sortit non plus. Au contraire, c'était comme si elle ne pouvait plus respirer.

- Je t’ai trouvée. Finalement. Ça fait des mois que je vous cherche. Des mois que j’essaie d’organiser un plan pour sortir de là. Je suis désolé, je n’aurais jamais dû accepter d’y entrer en te laissant derrière. Tout ça, c’était une arnaque. Ils m’ont gardé pour m’utiliser. Tous les autres qui ne servent à rien…

Elle ne comprit rien. Elle voyait bien le visage de Sawyer bouger, ses lèvres s'agiter, elle entendait bien qu'il disait quelque chose mais son cerveau refusait de comprendre le message. Sio remua finalement la tête, comme pour dire "non" à Sawyer. Elle était trop embrouillée pour avoir véritablement reçu une seule des informations qu'il avait voulu lui transmettre.
Elle avait dit à Kegan qu'elle n'avait plus de nouvelle de lui, qu'il devait être trop occupé ou ne pas avoir le droit de leur parler. Mais au fond elle se rendait compte d'une chose: il aurait pu être mort. Et il était là.

- Où est Kegan? Je pensais qu’il était avec toi… Du moins, je l’ai sentis.

Kegan. Oui, Kegan. Celui-là même qui devait être en train de l'attendre de l'autre côté, dehors, en plein danger, et qui devait sûrement avoir vraiment peur de ce qui pourrait lui arriver. Se raccrocher à une pensée certaine, bouger, parler, se remettre en action.

- Il est là bas.

Siobhán se rendit compte après quelques longues secondes que sa phrase supposait un geste. Elle désigna la vitrine brisée d'un mouvement vague de la main, sans quitter Sawyer des yeux. Il n'avait pas autant maigri qu'elle. Il avait pali en revanche, il n'avait pas dû sortir autant qu'elle l'aurait imaginé.

- Tu...

Les yeux de la rouquine le détaillèrent encore, de haut en bas.

- ... As de jolis cheveux.

Génial. Il faudrait vraiment qu'elle apprenne à réfléchir à ce qu'elle disait, surtout dans ce genre de moment. Mais voilà, elle avait regardé ses cheveux et son cerveau s'était senti libre d'improviser à partir de ça. Au moins elle avait parlé anglais, elle avait fait de nombreux progrès à ce sujet.
Sio rougit, consciente d'être un peu ridicule. Son pieds glissa un peu contre les débris du sol, ce qui fit du bruit et la ramena complètement à la réalité cette fois.
Elle serra à son tour son ami dans ses bras, sans oser le faire autant qu'elle le voudrait à cause de tout le matériel qu'elle transportait, dont son arc qui risquerait de lui crever un oeil par inadvertance.
Et puis elle se redressa, et se leva. Et... Se demanda enfin ce qu'il faisait là, alors qu'il faisait partie de l'armée, pourquoi il était tout seul, et qu'est ce que c'était que toute cette histoire.

- Qu'est ce que tu fais là? Tout seul ? Alors qu'il y a une fusillade dehors ?

Mais le temps n'était pas tout à fait aux questions.

- Prends ça,
dit-elle lui donnant tout un tas de produits médicaux.

Il était inimaginable qu'il l'ait retrouvée pour ne pas la suivre. Sio n'eut même pas le coeur à l'imaginer retourner avec l'armée.

- On va... On va... Retrouver Kegan. Et rentrer. Oui. Bonne idée.


Une chose à la fois. Elle aurait le temps de se pencher sur ses sentiments pour Sawyer quand ils seraient en lieu sûr. Elle pourrait se demander pourquoi elle avait tant eu envie de glisser son visage contre son cou, pourquoi elle avait voulu le serrer si fort, pourquoi elle avait été si bouleversée par son retour alors que celui de Kegan ne l'avait pas autant émue du tout. Elle avait déjà un début de réponse, mais ce n'était pas le moment d'y penser et encore moins celui d'essayer de mettre des mots sur tout ça.
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Sawyer T. Davis

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MessageSujet: Re: War is the answer   Lun 23 Jan - 19:08

Le manque de réaction de la personne que tu chéris le plus te laisse un peu perplexe. Tous les jours, alors que tu tentais tant bien que mal à te faire à la vie militaire, à la nourriture répétitive et sans saveur, aux regards haineux des autres et au manque de liberté encore pire qu’à Levram, tu te réconfortais en imaginant vos retrouvailles. Tu t’attendais à quelque chose de plus joyeux, à des larmes, n’importe quoi d’autre qui ait pu démontrer un certain soulagement suite à ton retour. Pourtant, il n’y avait rien de tout ça. Tu vois la rouquine leva un bras pour indiquer où se trouve cet ami que tu souhaitais voir disparaître quelques-mois auparavant et pourtant, tu ne tournes pas les yeux pour regarder. Vous restez-là, à vous fixer, alors que Siobhán n’a absolument aucune expression faciale. L’embrasser maintenant aurait définitivement été le pire moment possible, et tu n’oses même pas imaginer à quel point tu te serais sentis mal à l’aise.

Tu la vois clairement te regarder de haut en bas et malgré tout ton équipement, tu te sens soudainement très peu vêtu, comme si elle arrivait à voir à travers tes vêtements. Tu sais que tu as l’air différent du moment où vous vous êtes quittés, et elle aussi d’ailleurs, et tu t’attendais à ce qu’elle le remarque, mais certainement pas aussi intensément. De toute façon, tu sais qu’elle n’a jamais été très subtile, loin de là. Tu murmures un court ‘’merci’’, même si tu ne vois pas particulièrement ça comme un compliment. On t’a forcé à raser les cheveux que tu aimais tant. Ils ont un peu repoussés depuis, mais ta tête dégarnie te donne un air encore plus sérieux.

Elle te ramène vers elle, ce qui te fait sentir un peu mieux mais pour une courte durée. L’étreinte est rapidement terminée, alors que tu aurais souhaité qu’elle dure encore un moment. Tu sens ta mâchoire se resserrer alors qu’elle te pose des questions. Normalement, la Siobhán que tu connais aurait sauté de joie en te voyant. Pourtant, sa réaction est complètement à l’opposé. Au fond, tu es même blessé par celle-ci. Tu restes à genou sur le plancher un instant, les bras encore un peu tendus, alors que la rouquine en profite pour y fourrer un tas de médicaments. Tu ne comprends pas trop ce qui se passe, et tu te demandes encore où sont les retrouvailles émotionnelles que tu attendais tant. Tu te lèves sans dire un mot, te contentant de remplir ton sac qui possède encore un peu d’espace. Tu essaies de te dire qu’il doit y avoir une situation urgente pour expliquer son comportement, mais tu es tout de même peiné. Peut-être qu’en fait, elle ne s’en faisait pas autant pour toi que toi pour elle, ce qui pourrait être normal.

Tu te relèves finalement, ajustant tout ton matériel ainsi que ton arme à feu, dont tu sais très bien te servir malgré ce que tout le monde semblait croire. Tu contournes cette fois le comptoir et jette un coup d’œil derrière toi pour t’assurer que ton amie soit en train de te suivre, mais tu sais déjà que oui. Tu arrives à sentir Kegan, qui n’est pas très loin, mais tout de même éloigné du lieu où les combats font rage. C’est parfait, il sera plus facile pour vous de quitter.

Vous devez contourner beaucoup de décombres, et la poussière rend le chemin moins visible. Tu n’as cependant pas vraiment besoin de savoir où tu t’en vas, puisque tu n’as qu’à suivre l’énergie de votre comparse, perdu à travers les nuages. Au bout de quelques minutes, tu repères un mur qui détonne du reste pour la simple raison qu’il n’est pas complètement en ruine et semble même être complètement neuf, en te doutant que Kegan doit être caché quelque part derrière. Heureusement, à ce point, vous êtes complètement seuls.

- Kegan!

Tu vois une tête dépasser du mur et un grand sourire se dessiner sur son visage, avant de le voir sortir de sa cachette et de courir vers vous en te faisant signe. Décidément, vous pouvez toujours compter sur lui pour prendre les situations à la légère. Le choc de son corps contre le tient te fait un peu reculer vers l’arrière, alors qu’il te prend dans ses bras et attire Siobhán vers lui en même temps. Vous avez l’air d’un étrange trio, c’est le cas de le dire.

- Eh bah Sawyer! Je savais que t’étais vivant! On est tous vivants, c’est merveilleux! Désolé de ne pas avoir suivis Sio, mais bon je pense que j’aurais plus été une plaie qu’autre chose. Est-ce que vous avez trouvé des trucs? On peut repartir? Passe devant Sio, aucune idée où on doit aller.

Tu fais un sourire à Kegan qui, bien que légitime, est toutefois empreint d’une certaine tristesse qui n’échappe pas à ton ami. Tu ne pensais pas un jour être aussi soulagé de le voir en un morceau. Il faut croire qu’au final, tu t’es attaché à lui et à sa personnalité complètement opposée à la tienne. Il met une main sur ton épaule tout en marchant, heureux de vous avoir tous les deux sous les yeux. Et pourtant…

- Tu fais une tête d’enterrement, je pensais que tu aurais tout un tas de choses à nous dire Saw! Du genre, comment ça se fait que tu sois ici? Qu’est-ce qui se passe exactement? Comment tu nous as trouvés? Oh attends, ça je sais déjà, ton pouvoir. Sio est venue me chercher chez moi aujourd’hui, j’étais confortable mais en même temps, pas savoir où tout le monde était… Elle se faisait un sang d’encre pour toi c’est sûr.

Inconsciemment, tu songes que même si c’était vraiment le cas, elle était loin de l’avoir démontré. Tu sembles avoir plus manqué au designer qu'à ton amie. Tu sens le regard de Kegan qui pèse lourd sur toi et qui t’examine lui aussi de haut en bas, avant de faire de même avec Siobhán et de rouler des yeux en exprimant un ‘’vous êtes pas croyables’’ au même moment.

- Je pose trop de questions, on va se mettre en sécurité avant et après, tu réponds à toutes mes demandes, okay?

Le reste du chemin se fait sans problème et tu sais déjà à quel endroit vous vous rendez pour l’avoir localisé depuis des semaines déjà, mais tu suis sans dire un mot de plus.
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Siobhán A. O'Cahir
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MessageSujet: Re: War is the answer   Dim 5 Fév - 10:52

Siobhán n'en croyait toujours pas des yeux : Sawyer était là. Elle avait attendu, espéré, elle avait toujours refusé de croire au pire contrairement à ce que les gens autour d'elle avaient voulu lui faire imaginer. Pourtant, il y avait toujours eu une incertitude au fond, qu'elle n'avait pas réussi à gommer malgré ses efforts et la confiance indéfectible qu'elle portait à son ami. Et maintenant qu'il était là, elle avait été si remuée qu'elle n'avait pas bougé, et quasiment rien dit. C'était un peu comme si elle était tombée sur son fantôme plutôt que sur lui, et pour vérifier si cette apparition soudaine de son ami tiendrait la distance elle préférait se concentrer sur sa mission. Sawyer l'avait connue prompte à se déconcentrer mais les choses de la guerre la rendaient bien différente et beaucoup plus sérieuse. Se réjouir, hurler de joie, foncer dans ses bras, c'était plaisant mais dangereux quand l'ennemi pouvait vous tomber dessus à tout instant.
Rejoindre Kegan se fit sans encombres mais moins vite qu'à l'aller, puisqu'en raison du retour de son ami Siobhán n'usa pas de sa vitesse particulière pour traverser comme elle l'avait fait plus tôt. Ils firent quelques détours pour rendre leur chemin plus discret mais personne ne les regardait, et même si ça avait été le cas, il y avait déjà tellement d'agitation dans l'immeuble pris d'assaut qu'ils ne se seraient certainement pas souciés d'eux.

- Kegan!

Ils n'avaient pas tout à fait atteint l'endroit où il les attendait, sans avoir bougé, mais Sawyer l'avait évidemment reconnu. Il était vraiment incroyable, malgré ce qu'il avait longtemps refusé de croire. Sio sourit un peu en voyant Kegan passer sa tête hors du mur, beaucoup moins lorsqu'il approcha en courant et en faisant de grands signes. La situation était encore loin d'être arrangée par ici, attirer l'attention de la sorte pouvait être terriblement lourd de conséquences ! La rouquine, prête à toute éventualité, voulait lever son arme pour être prête à tirer si quelqu'un venait troubler ce moment, cependant elle ne le fit pas. Kegan la tirait vers lui et vers Sawyer pour un câlin collectif.
Siobhán trouvait ça assez amusant, mais restait surtout concentrée afin d'éviter de crever l'oeil de quelqu'un avec le bout de l'arc qu'elle portait dans son dos. Elle aurait cependant bien serré ces deux là très fort contre elle, si elle n'avait pas été gênée de la sorte ! Surtout Sawyer, à vrai dire. Au fur et à mesure des minutes qu'il passait maintenant avec elle, elle commençait doucement à réaliser qu'il était bel et bien de retour.

- Eh bah Sawyer! Je savais que t’étais vivant! On est tous vivants, c’est merveilleux! Désolé de ne pas avoir suivis Sio, mais bon je pense que j’aurais plus été une plaie qu’autre chose. Est-ce que vous avez trouvé des trucs? On peut repartir? Passe devant Sio, aucune idée où on doit aller.

- Oui on a trouvé plein de choses, on peut y aller...


Suivant la consigne de son camarade elle passa devant, assez déçue de ne pas pouvoir avoir Sawyer dans son champ de vision. Il avait tellement changé qu'elle aurait bien aimé pouvoir l'observer encore, pour graver dans son esprit une image plus récente de lui.

- Tu fais une tête d’enterrement, je pensais que tu aurais tout un tas de choses à nous dire Saw! Du genre, comment ça se fait que tu sois ici? Qu’est-ce qui se passe exactement? Comment tu nous as trouvés? Oh attends, ça je sais déjà, ton pouvoir. Sio est venue me chercher chez moi aujourd’hui, j’étais confortable mais en même temps, pas savoir où tout le monde était… Elle se faisait un sang d’encre pour toi c’est sûr.


En entendant ça, Sio baissa la tête. Elle rougissait, mais vu sa pôle position personne ne devait s'en apercevoir. Oui, elle s'était terriblement inquiétée, et avait été jusqu'à laisser des indices pour lui dans la maison de son oncle s'il souhaitait la revoir. Elle avait parlé de lui à tout le monde, surtout aux Rebelles, et avait déjà accepté de se rendre très près du front pour des missions dangereuses que personnes ne voulait accomplir, rien que pour tenter de l'apercevoir. Mais ça Sawyer ne le savait pas, et la rouquine n'était pas persuadée d'avoir envie de le mettre au courant. Il allait la trouver bizarre... Excessive... Il allait bien voir qu'elle tenait plus à lui qu'une simple amie, et vu qu'il avait toujours clamé bien haut et bien fort qu'ils n'étaient pas ensemble quand la situation le suggérait, elle n'osait pour le moment pas laisser transparaître grand chose.

-Je pose trop de questions, on va se mettre en sécurité avant et après, tu réponds à toutes mes demandes, okay?


Sawyer ne répondit pas, ou alors par un signe que l'Irlandaise ne pouvait pas voir puisqu'il était derrière elle. Elle se contenta de son rôle de guide, pour les mener jusqu'aux Rebelles comme un peu plus tôt mais en espérant que cette fois ils ne tomberaient sur personne d'à moitié mort et abandonné là à son triste sort.
Effectivement le retour fut plus calme cette fois-ci. Siobhán emprunta encore une fois un détour, pour ne pas indiquer la position exacte de leur planque à l'ennemi, mais elle savait que c'était inutile. Personne ne les avait suivis, et encore moins un mutant que Sawyer aurait remarqué.

- On est de retour !
Clama la demoiselle en entrant véritablement dans le QG.

Elle attendit un instant, que ses amis soient entrés et aient refermé derrière eux l'accès emprunté.

- Je vous présente Sawyer, l'ami dont je...

- Dont tu nous a tant parlé,
la coupa Joe avec un petit rire. Je suis heureux que tu l'ai retrouvé.

Il se tourna alors vers Sawyer pour lui parler directement, tandis qu'Emily s'approchait de Kegan pour guetter ce qu'ils avaient bien pu rapporter.

- Tu fais partie de l'armée c'est ça? Tu viens de leur part ? Un message peut-être?

Les autres semblaient soudainement attentifs à la discussion. Les Rebelles n'étaient pas ennemis de l'armée, ils se concentraient juste beaucoup plus sur l'aspect humain, moins sur les combats, et tentaient d'éviter l'installation de gangs en tout genre en parallèle des mutants assoiffés de pouvoir à l'origine de leurs problèmes. Seulement l'armée leur avait parfois envoyé des messages par radio, sous entendant qu'ils feraient mieux de dissoudre leur petit groupe et de s'occuper chacun de ses affaire, parce qu'il s'agissait de quelque chose de trop dangereux pour des civils. Les Rebelles n'avaient rien dissolu du tout, et l'armée n'avait plus jamais rien tenté de leur communiquer jusqu'à présent. Sawyer représentait potentiellement une menace, peut-être que l'armée était venue les dissoudre elle-même par son intermédiaire. Mais Siobhán leur avait tant parlé de lui, qu'ils avaient pour la plupart un peu l'impression de le connaître, et le laissaient s'expliquer tranquillement.
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Sawyer T. Davis

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MessageSujet: Re: War is the answer   Lun 6 Fév - 0:12

Même si tu connaissais déjà le chemin pour te rendre à la base de leurs opérations, tu ne pouvais pas trop dire de quoi l’endroit avait l’air. Tu t’es donc contenté de rester derrière avec Kegan qui, visiblement, n’était pas plus à l’aise que toi dans les décombres, en prenant bien soin toutefois d’imprimer une carte mentale dans ta tête. Après tout, tu devras peut-être revenir par toi-même un de ces jours, et tu n’as pas vraiment envie d’être coincé à l’extérieur comme un imbécile parce que tu as du mal à trouver l’entrée. À votre arrivée, tu es accueilli par un groupe de personnes que tu n’as jamais vues de ta vie. Certains d’entre eux sont des mutants et d’autres des humains normaux, composant un groupe s’unissant pour la paix entre tous plutôt que pour le pouvoir d’un groupe en particulier. Tu déposes ton sac et ton matériel alors que Kegan ferme la porte derrière vous et se rend un peu plus loin avec vos trouvailles.
Tout de suite, l’attention des gens présents est tournée vers toi. Apparemment, même si tu ne les connais pas, eux ont entendu parler de toi. Étrange que Siobhán soit restée aussi muette lors de vos retrouvailles. Tu chasses cette pensée de ta tête pour te concentrer sur la conversation. Tu t’attendais à ce qu’on te considère comme une taupe ou quelque chose du genre et malgré la fatigue, tu sais que tu ne peux pas te permettre de refuser de répondre à leurs questions le temps de te reposer un peu. Tu passes une main sur ton visage puis sur ta tête, seulement pour sentir les cheveux courts que tu pouvais presque brosser avec tes doigts auparavant. Tu prends une grande inspiration en voyant les regards posés sur toi. Tu n’as jamais aimé avoir autant d’attention. Tu vois beaucoup de choses dans leurs yeux, comme une certaine réticence. Après tout, même si la rouquine a raconté tu ne sais trop quoi à ton sujet, ils ne te connaissent pas.

- Hum… Oui, ça fait plusieurs mois. Et non. Je me suis sauvé.

La nouvelle semble surprendre, et tu entends des murmures. Tu as toujours trouvé ça un peu irrespectueux de la part des gens. Tu comprends que ça puisse être un peu choquant, considérant que l’armée doit aider les gens et non pas les faire s’enfuir, mais ils pourraient te laisser finir de parler avant de se mettre à chercher les raisons sans te demander. Tu attends que le silence règne, sachant que tout le monde attend des explications.

- L’armée n’est pas ce qu’elle semble être. Ils ne sont pas là pour aider tout le monde. Lors des tests, j’ai été accepté et pas Siobhán, qui a nettement plus d’expérience que moi. Je ne me suis pas trop posé de questions. Ils font en sorte que les soldats n’aient pas vraiment le temps de réfléchir. J’ai remarqué que malgré mes entraînements, on ne me laissait pas aller sur le terrain. On me demandait de trouver les mutants, pour qu’ils puissent les localiser et les aider.

Tu prends toi-même une pause car même si tu n’as pas vraiment de preuves tangibles, tu sais ce que la suite de tes paroles risque d’impliquer. Le pire dans tout ça, c’est que tu reconnais ta propre implication, et que tu as mis trop de temps pour te rendre compte de la supercherie.

- Au bout d’un certain temps j’ai réalisé qu’aucune des personnes que j’arrivais à localiser ne se trouvait dans nos campements. J’ai remarqué le mépris que les autres éprouvaient pour moi. Alors j’ai assemblé le casse-tête et pour moi, c’était évident… Ils éliminent les mutants, et m’ont utilisé parce que je suis le seul capable de trouver où ils sont. Alors j’ai monté un plan durant des semaines… J’ai localisé Siobhán et Kegan, puis j’ai organisé une fausse opération pour avoir une ouverture. Mais finalement je les ai envoyés…

Tu soupires sans terminer ta phrase. Tes deux amis pourront prendre le relais et expliquer la suite, ainsi que ce qu’ils ont vu. Tu reprends ton sac et tu traverses la salle en évitant les regards, avec l’intention de vider le contenu. Après tout, ils avaient l’air d’en avoir drôlement besoin. Une fois arrivé à destination, tu entreprends de sortir les produits de pharmacie et les objets que tu as toi-même apportés. Pourtant, même si tu tentes de te concentrer sur ta tâche, quelque chose attire ton attention. Tu lèves les yeux et ceux-ci se posent rapidement sur un homme, visiblement blessé, qui repose un peu plus loin. Ta première pensée est que les médicaments doivent être pour lui. La deuxième, c’est qu’il porte le même uniforme que toi. La troisième, c’est que même si tu ne le connais pas particulièrement, tu reconnais son visage. Si c’est le cas, c’est tout simplement parce que tu as remarqué qu’il baissait les yeux en ta présence, mais que tu n’as jamais sentis venant de lui qu’il te méprisait comme les autres. Tu sens une main se poser sur ton épaule, et Kegan apparaît rapidement dans ton champ de vision.

- On l’a trouvé un peu plus tôt. Pas en bon état, ils l’ont laissé pour mort. Sauf que l’armée ils font pas ça généralement, non?

- Effectivement… Vous pouvez lui poser des questions mais si tu veux mon avis, il va probablement vous dire quelque chose de similaire à ce que je viens de dire.

Pour toi, la conversation s’arrête là et ton ami semble respecter ton besoin d’avoir un peu de silence, pour une fois. Après tout, tu as eu une dure journée et tu pourrais même te reposer sur le sol froid pour dormir comme un bébé.
De son côté, Kegan te quitte pour retourner voir la bande qui discute des informations que tu viens de leur donner. Il ne se gêne pas pour prendre l’archère par le bras, sans lui faire mal évidemment, et la tirer dans un coin en vous excusant. Les bras croisés, c’est les yeux plissés qu’il la regarde, comme s’il tentait de lire dans sa tête.

- Je suis loin d’être la personne la plus perspicace au monde, mais la tension entre vous deux… C’est comme une grosse brique de beurre qui est restée trop longtemps au frais. Tu vois le genre? Tellement longtemps qu’elle est difficile à couper! Qu’est-ce qui s’est passé? T’as pas, je sais pas, sauté dans ses bras en lui disant à qu’elle point tu l’apprécies, et tu sais ce que je veux dire par ‘’apprécier’’, et comment il t’a manqué? Parce qu’à voir sa gueule en ce moment on dirais presque que tu lui as dit le contraire!
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Siobhán A. O'Cahir
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MessageSujet: Re: War is the answer   Lun 6 Fév - 6:47


- Hum… Oui, ça fait plusieurs mois. Et non. Je me suis sauvé.

Des murmures commencèrent aussitôt, cherchant sans doute à démêler le vrai du faux et à savoir si Sawyer représentait réellement une menace pour eux. Siobhán avait pourtant déjà fait son choix, s'il fallait quitter les Rebelles pour rester avec son ami elle n'hésiterait pas une seule seconde. Elle resta à côté de lui pendant qu'il parlait, ne cachant à personne l'indéfectible confiance qu'elle avait en lui. Elle n'hésita pas non plus à lancer des regards hargneux envers ceux qui ne se gênaient pas pour continuet leurs murmures, incapables sans doute de faire part de leur pensée à tout le monde. Voilà bien une chose qu'elle avait toujours détestée.

-L’armée n’est pas ce qu’elle semble être. Ils ne sont pas là pour aider tout le monde. Lors des tests, j’ai été accepté et pas Siobhán, qui a nettement plus d’expérience que moi. Je ne me suis pas trop posé de questions. Ils font en sorte que les soldats n’aient pas vraiment le temps de réfléchir. J’ai remarqué que malgré mes entraînements, on ne me laissait pas aller sur le terrain. On me demandait de trouver les mutants, pour qu’ils puissent les localiser et les aider.

Siobhán n'avait pas été aussi surprise que Sawyer lorsqu'elle avait été refusée. Elle avait conscience que ses lacunes écolières ne jouaient pas en sa faveur, et que tout l'entrainement qu'elle avait pu recevoir sans les diplômes pour le prouver ne valait pas grand chose. Apparemment son ami ne devait pas être du même avis. Mais pour le moment rien n'expliquait encore sa désertion, et tout le monde buvait les paroles de l'ancien soldat.

- Au bout d’un certain temps j’ai réalisé qu’aucune des personnes que j’arrivais à localiser ne se trouvait dans nos campements. J’ai remarqué le mépris que les autres éprouvaient pour moi. Alors j’ai assemblé le casse-tête et pour moi, c’était évident… Ils éliminent les mutants, et m’ont utilisé parce que je suis le seul capable de trouver où ils sont. Alors j’ai monté un plan durant des semaines… J’ai localisé Siobhán et Kegan, puis j’ai organisé une fausse opération pour avoir une ouverture. Mais finalement je les ai envoyés…

Sawyer s'arrêta là, et même si sa phrase n'était pas terminée il n'y avait pas vraiment besoin d'en dire plus pour que les autres comprennent à peu près ce qui avait pu se passer. Après un soupir, il s'éloigna un peu pour vider le contenu de son sac, accompagné de ses deux camarades. Sio attendait qu'il ait fini pour lui expliquer un petit peu le fonctionnement des Rebelles, et tenter de le mettre à l'aise. Enfin, ça c'était la théorie. Dans la pratique elle n'attendait qu'une occasion de le prendre dans ses bras, ce qu'elle aurait aimé faire sans la présence de Kegan et de Rebelles curieux qui ne les lâchaient pas vraiment du regard. La rouquine resta un peu en retrait tandis que Kegan posait sa main sur l'épaule de Sawyer.

- On l’a trouvé un peu plus tôt. Pas en bon état, ils l’ont laissé pour mort. Sauf que l’armée ils font pas ça généralement, non?

-Effectivement… Vous pouvez lui poser des questions mais si tu veux mon avis, il va probablement vous dire quelque chose de similaire à ce que je viens de dire. 

Voilà une bonne nouvelle : si cet homme confirmait les dires de Sawyer tout le monde serait rassuré. Enfin... Rassuré sur le potentiel danger que représentait Sawyer, parce qu'il n'y avait rien de très rassurant à savoir que l'armée, sous couvert d'une action honorable, cherchait plutôt à exterminer tous les mutants pour contourner le problème. Siobhán se dirigea vers le petit groupe qui s'était formé, histoire d'être au courant de l'avis général de la base, mais elle n'eut pas le temps d'entendre quoi que ce soit parce que Kegan tirait déjà sur son bras pour qu'elle le suive. Il l'amena un peu à l'écart, avant de croiser les bras d'un air très sérieux. Que pouvait-il bien se passer de si grave ?

- Je suis loin d’être la personne la plus perspicace au monde, mais la tension entre vous deux… C’est comme une grosse brique de beurre qui est restée trop longtemps au frais. Tu vois le genre? Tellement longtemps qu’elle est difficile à couper! Qu’est-ce qui s’est passé? T’as pas, je sais pas, sauté dans ses bras en lui disant à qu’elle point tu l’apprécies, et tu sais ce que je veux dire par ‘’apprécier’’, et comment il t’a manqué? Parce qu’à voir sa gueule en ce moment on dirais presque que tu lui as dit le contraire!

Elle ne savait pas quoi répondre. À vrai dire elle ne s'était pas vraiment rendue compte de la tournure qu'avait prise la situation, et son premier réflexe fut de tourner la tête en direction de Sawyer. Il ne les regardait pas, mais Sio se sentait tout de même gênée à l'idée qu'il puisse entendre ce qu'elle allait dire. Parce qu'elle-même ne savait pas vraiment ce qu'elle voulait dire, en fait.

- J'ai rien dit !
Commença-t-elle sur un ton mi-indigné mi-désolée.

Effectivement elle n'avait rien dit de mal qui pourrait justifier que Sawyer lui en veuille, mais ça allait plus loin : elle n'avait rien dit tout court ou presque.

- Quand il est arrivé je pensais que c'était quelqu'un qui venait me tuer, et quand je l'ai vu bah... J'étais...


Elle chercha le mot un moment, fronça les sourcils, et décida de s'en passer.

- J'arrivais plus à bouger à cause de la surprise. Alors quand il est venu bah j'ai pas bougé. C'était comme si c'était pas lui, tu vois ?


Elle regarda à nouveau Sawyer, qui semblait occupé à autre chose, sûrement encore à tirer le contenu de son sac. Sio ne savait même plus si elle devait espérer qu'il laissait traîner une oreille pour écouter, ou qu'au contraire il ne les entendait pas.

- Et puis, c'était hyper dangereux, t'imagines si quelqu'un était venu et nous avait trouvé tranquillement en pleines retrouvailles ? Il aurait eu qu'à tirer !

Elle se tut un moment. Elle avait à peu près récapitulé la situation mais puisqu'elle avait l'occasion de se confier à un ami, ce qu'elle n'avait pas pu faire depuis longtemps, elle ne comptait pas s'arrêter là.

- Je pensais que... Que je pourrais lui dire là, tu vois ? Mais du coup... Tu crois qu'il m'en veut ? Je vais faire quoi moi, s'il m'en veut ? Ça fait des semaines et des semaines que je l'attends et qu'il me manque, ça pouvait attendre qu'on soit en sécurité, non ?

On lui avait souvent reproché sa spontanéité et pour une fois que la sécurité passait avant le reste, on venait lui dire qu'elle avait mal fait. Ça avait de quoi être assez pertubant. Elle avait les yeux brillants, parce qu'elle était au bord des larmes mais se contenait dignement.
La guerre était suffisamment inquiétante pour qu'elle puisse espérer que les relations humaines ne soient pas si compliquées... Du moins elle l'avait cru.

- Qu'est ce que je peux faire tu crois ? Kegan ?

Elle avait presque envie de le secouer pour qu'il réponde plus vite. Elle ne s'était pas aperçue de cette tension dont il parlait, mais ça suffisait presque à la faire paniquer à présent.
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Sawyer T. Davis

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MessageSujet: Re: War is the answer   Lun 6 Fév - 14:54

Tu ne portes pas vraiment attention à la conversation se déroulant entre Kegan et Siobhán. De toute façon, tout le monde semble parler en même temps et il est difficile pour toi d’isoler un seul échange de mots parmi toutes ces voix. Tu sais cependant que le designer est probablement en train de lui parler. De ton côté, tu termines de tout mettre à plat sur la table tout en discutant avec les personnes passant près de toi qui te demandent ce que tu as ramené.

Kegan, de son côté, écoute avec attention les explications de votre amie. Il ne semble pas être impressionné par celles-ci, mais arrive toutefois à comprendre. Il pousse un profond et très long soupire en posant ses deux mains sur ses épaules.

- Sérieusement, vous me découragez mes enfants. Je pense qu’au fond, vous aviez besoin d’une fée marraine. Ça c’est moi, en passant. Alors bon, je peux comprendre avec le contexte ouais mais le fait que t’aies rien dis du tout… Je veux dire, Saw et moi on se connais pas autant que vous vous connaissez, c’est certain, sauf que t’es un vrai moulin à paroles Sio. Je suppose que ça a dû un peu le perturber, si t’as rien dis du tout. Après tout, il a fait un truc assez dangereux et il était tout seul durant tout ce temps alors il devait s’attendre à un peu plus, je sais pas trop… Le type là au fond, ça aurais pu être lui tu sais.

Tu tournes un peu la tête et remarque que les deux te regardent du fond de la pièce. Tu t’empresses de te concentrer sur autre chose, maintenant que tu as conscience qu’ils sont probablement en train de parler de toi. Tu te demandes s’ils sont en train de discuter de ce qui s’est passé un peu plus tôt, et tu ne vois pas Kegan faire une accolade à la rouquine avant de la tirer dans ta direction sans rien dire. Tu l’entends cependant appeler ton nom, et tu te retournes avec l’intention de lui répondre, sans toutefois le voir pousser Siobhán soudainement dans ta direction. Lorsque tu fais finalement volte-face, ton amie s’écrase contre toi et tu bascules contre la table derrière toi en tombant presque. Tu prends quand même soin de la prendre dans tes bras, au cas où. Durant quelques instants, tout devient immobile alors que tu attends de voir si tu tombes ou pas, mais il semblerait que tu sois toujours bien niché sur tes deux jambes.

Penché vers l’arrière contre la surface de la table, tu regardes autours de toi, un peu incrédule. Puis tu vois le sourire sur les lèvres de Kegan, qui te fais un petit signe de tête avant d’inviter les autres à retourner à leurs occupations. Tu apprécies le geste, puisque tu n’aimes pas particulièrement avoir un public, peu importe les circonstances. Tu prends la rouquine par les épaules pour l’éloigner un peu de toi.

- Euh… Ça va? Qu’est-ce qui vient de se passer, exactement? Tu n’as pas mal?

Même si une partie de toi espère qu’elle se soit jetée d’elle-même dans tes bras, tu sais que ce n’est probablement pas le cas. Pas devant tout le monde, en tout cas. Tu soupçonnes votre comparse d’être l’auteur des événements mais pour une fois, tu dois t’avouer que tu ne lui en veux pas trop.
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Siobhán A. O'Cahir
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MessageSujet: Re: War is the answer   Lun 6 Fév - 15:48

Kegan posa ses mains sur les épaules de Siobhán, si bien qu'elle eut l'impression qu'il allait lui annoncer une mauvaise nouvelle. Quoi ? Pourquoi cet air si sérieux si ce n'était pas pour ça?
 
-Sérieusement, vous me découragez mes enfants. Je pense qu’au fond, vous aviez besoin d’une fée marraine. Ça c’est moi, en passant. Alors bon, je peux comprendre avec le contexte ouais mais le fait que t’aies rien dis du tout… Je veux dire, Saw et moi on se connais pas autant que vous vous connaissez, c’est certain, sauf que t’es un vrai moulin à paroles Sio. Je suppose que ça a dû un peu le perturber, si t’as rien dis du tout. Après tout, il a fait un truc assez dangereux et il était tout seul durant tout ce temps alors il devait s’attendre à un peu plus, je sais pas trop… Le type là au fond, ça aurais pu être lui tu sais.

Elle aurait préféré qu'il se passe de la dernière phrase ! Imaginer Sawyer allongé, blessé et laissé pour mort n'avait rien de plaisant et ce n'était certainement pas le moment. Un peu comme pour se faire pardonner, Kegan lui fit finalement une accolade en l'attirant un peu contre lui. Décidemment c'était son truc, il était au moins aussi tactile que la rouquine et n'hésitait jamais à lui tirer le bras ou ce genre de choses pour avoir son attention. Seulement, Sio ne s'attendait pas vraiment à ce qu'il appelle Sawyer. Elle n'avait aucune idée de ce qu'elle pourrait bien lui dire, et Kegan, même s'il avait pointé le problème, ne l'aidait pas vraiment à le résoudre. Elle sentit son coeur faire un bon dans sa poitrine, avant de sentir Kegan la pousser sur Sawyer. Elle aurait pu se rattraper facilement, évidemment, mais... Non. Ça lui faisait une occasion facile, et hasardeuse, de se retrouver contre Sawyer et ça ne se reproduirait peut-être pas de sitôt.
C'est peut-être pour ça que Sawyer la repoussa doucement par les épaules: elle était certainement restée un peu trop longtemps immobile, alors qu'il tombait presque sur la table. Mais bon, elle avait appuyé sa main droite sur la table pour éviter d'écraser totalement son ami, tout de même. Et elle sentait qu'il l'avait prise dans ses bras, ce qui lui faisait plaisir il fallait l'avouer.

 -Euh… Ça va? Qu’est-ce qui vient de se passer, exactement? Tu n’as pas mal?

Siobhán rougit instantanément quand elle comprit qu'il allait falloir expliquer la situation. Si elle mettait la faute uniquement sur le dos de Kegan ça ne réglerait rien, mais il avait bien dû voir que ce n'était pas elle qui s'était jetée spontanément dans ses bras. Elle avait encore les yeux brillants, puisqu'elle avait failli pleurer devant Kegan, et se contenta de se redresser tout à fait pour éviter de laisser son ami dans une position inconfortable.

- Euh oui ça va ! C'est pas moi, c'est Kegan, enfin si c'est un peu moi aussi mais euuuh... Enfin... C'est compliqué... Je voulais juste te dire un truc en fait, et euh...

Siobhán était une fille tactile et ce n'était pas pour rien. Elle avait toujours eu du mal avec l'expression orale de ses sentiments, encore plus dans une langue qui n'était pas sa langue maternelle. Elle serra Sawyer dans ses bras, glissant son nez froid contre la peau tiède de son cou. Elle en avait rêvé pendant longtemps. Elle remonta un peu son visage, vers l'oreille de son ami. Si elle s'écoutait elle savait très bien ce qu'elle ferait. Mais non. Elle se contenta de lui murmurer quelques mots.


- Tu m'as manqué.

Elle se recula un peu brusquement, pas pour rejeter Sawyer mais plutôt parce qu'elle n'était pas vraiment d'un naturel très doux.

- J'avais du mal à... Croire à ton retour. J'arrive pas à expliquer ça bien. Kegan m'a dit que... Tu avais peut-être été blessé? Et je veux pas ça hein, je... Je...

Comment finir cette phrase ? Tout ceci demandait beaucoup d'effort à la demoiselle, qui n'avait pas l'habitude de devoir décrire aussi précisément quelque chose en lien avec des relations humaines.

- Je sais pas quoi te dire. Désolée? Enfin... Kegan a dit que... Ça aurait pu être toi, le type là-bas et sérieux... Je me pardonnerais pas un truc comme ça parce que... Bah... Je veille sur toi quoi, c'est mon truc... Et en ce moment j'ai un peu raté...


Elle se décida à le lâcher totalement, souhaitant un peu passer à autre chose et si possible en évitant d'avoir l'air d'une idiote si jamais Sawyer ne souhaitait pas accepter des excuses. Elle se souvenait de Levram, quand elle devait se battre pour qu'il la tolère. C'était peut-être plus agréable que cet entre deux étrange où elle ne savait pas trop où se mettre.

- Euuuh... T'as des affaires à toi ? Tu veux qu'on te trouve un coin pour t'installer?
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